DELTOMBE Marc, Olivier, Gustave

Par Eric Panthou, Michel Thébault

Né le 16 juin 1915 à Pornichet (Loire-Inférieure aujourd’hui Loire-Atlantique), fusillé le 12 août 1944 à Champtoceaux ou Liré (Maine-et-Loire) ; délégué du chantier intellectuel 1424 ; victime civile.

Marc Deltombe était le fils de Paul, Edmond, Joseph Deltombe (né le 6 avril 1878 à Catillon-sur-Sambre (Nord) artiste peintre et décorateur et de Yvonne, Lucie, Julienne Berthault (née le 12 août 1883 à Escoublac, Loire-Atlantique). Ses parents s’étaient mariés le 25 avril 1912 à Pornichet, commune voisine d’Escoublac le 25 avril 1912 et avaient ensuite voyagé pendant près d’un an en Italie. A leur retour, le couple quitta Paris où vivait jusque là Paul Deltombe (25, rue Daguerre dans le XIVème arrondissement) pour s’installer à Pornichet où naquit leur premier enfant Jean. Non mobilisé en août 1914, Paul Deltombe fut cependant affecté spécial fin 1917 aux entrepôts de tapisserie de Nantes. Après 1921, Paul et Yvonne Deltombe acquirent le domaine de La Marionnière à Champtoceaux (Maine-et-Loire), commune des bords de Loire, limitrophe de la Loire-Atlantique et à proximité de Nantes, où Paul Deltombe fut directeur de l’École des Beaux-Arts de 1931 à 1943.
En 1943 Marc Deltombe était délégué d’Ille-et-Vilaine de l’institution créée par le Régime de Vichy, le chantier intellectuel 1424. Cette institution visait à la préservation des sites et monuments. Il en fut délégué entre avril 1943 et août 1944.

La IIIème Armée américaine du général Patton, progressant rapidement au nord de la Loire, parvint dans les environs immédiats d’Angers (Maine-et-Loire) dès le 7 août (la ville étant libérée le 10 août). Nantes fut libérée le 12 août. Cependant l’armée alliée, pour des raisons stratégiques (privilégiant une avance rapide vers le nord et l’est), ne franchit pas le fleuve, confiant la sécurité de son flanc droit aux forces des F.F.I. Les unités allemandes en repli tentèrent donc de longer la Loire à partir de Nantes, par le sud, traversant le sud du Maine-et-Loire, utilisant les axes secondaires, et circulant de jour comme de nuit pour échapper aux attaques de l’aviation alliée et au harcèlement des maquis locaux. Des unités allemandes en position défensive sur la rive sud du fleuve eurent l’ordre de s’y maintenir afin de protéger le repli général des forces du sud-ouest. Cette situation difficile s’accompagna au mois d’août 1944 de nombreux massacres de civils (l’historien Marc Bergère op. cit. estime ce nombre pour le Maine-et-Loire à environ 79 dans 29 communes pour le seul mois d’août). Les fortes tensions en bord de Loire et la crainte des unités allemandes d’infiltrations par le fleuve comme des contacts entre forces américaines et FFI furent sans doute décisives dans la disparition de Marc Deltombe à Champtoceaux (Maine-et-Loire) le 12 août 1944.
Les Allemands rendirent le lendemain ses papiers et sa montre à ses parents. Son corps n’a jamais été retrouvé. Selon le Service Intellectuel et Artistique, il fut fusillé par les Allemands alors qu’il accomplissait une mission sur les bords de Loire pour son travail.

Son nom figure sur le Monument aux Morts et la plaque commémorative 1939-1945 de Champtoceaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217959, notice DELTOMBE Marc, Olivier, Gustave par Eric Panthou, Michel Thébault, version mise en ligne le 14 juillet 2019, dernière modification le 10 janvier 2022.

Par Eric Panthou, Michel Thébault

SOURCES : SHD Caen AVCC Cote AC 21 P 442 406 — Arch. Dép. Nord et Loire-Atlantique (état civil) — Le chantier intellectuel 1424 , préfiguration de l’inspection des sites, Note réalisée par Catherine Candelier, mai 2018 (en ligne) . — Lettre signé G.H. Lestel à Monsieur le Ministre du Travail, Service intellectuel et Artistique, annonçant le décès de M. Deltombe, 12 octobre 1944. Copie transmise par Catherine Candelier .— Mémoire des hommes — Mémorial genweb — Wikipedia, notice Paul Deltombe.

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