CHAPOTET Jacques

Par Jean Belin

Né le 18 juillet 1932 à Strasbourg (Bas-Rhin), mort le 23 mai 1993 à Dijon (Côte-d’Or) ; ouvrier, puis agent de maîtrise de la métallurgie ; syndicaliste CGT et militant communiste de la Côte-d’Or ; administrateur Sécurité sociale ; conseiller prud’hommes ; militant associatif et sportif

À 12 ans, Jacques Chapotet essuiea son baptême du feu en 1944, couché sous la banquette arrière de l’automobile de son père, engagé dans la Résistance. Il lui arriva de participer en vélo au ravitaillement des maquis. Le 9 septembre 1946, il entra en apprentissage chez Peugeot Sochaux. Jacques Chapotet arriva à Dijon en 1949 et travailla quelques mois à la biscuiterie Pernot. Ses parents tinrent une épicerie, rue Montalembert à Dijon. À son retour du Service Militaire en 1953, il travailla comme tourneur à l’usine Pétolat, avenue de Stalingrad à Dijon et ce fut là qu’il connut sa première grève. La même année, il adhéra à la CGT. Il prit immédiatement des responsabilités dans sa section syndicale d’établissement et participa à la conduite de nombreux mouvements sociaux.
Il milita au syndicat de la métallurgie dijonnaise. En 1959, il fut élu au bureau de l’Union Départementale et anima la commission des jeunes travailleurs. En 1962, depuis le 21 janvier, pendant 80 nuits et à tour de rôle, il monta la garde à la Bourse du travail avec 300 autres militants pour la protéger des menaces fascistes et de l’OAS. En 1964, il succéda à Jean-Claude Mathieux* à la tête de l’Union locale de Dijon reconstituée quelques mois plus tôt et occupa ce poste jusqu’en 1976. Il quitta alors Pétolat pour devenir permanent syndical.
En mai-juin 1968, il fut un des principaux animateurs sur l’agglomération dijonnaise de la plus grande grève du siècle. En 1975, il entra au secrétariat de l’UD CGT. Il fut conseiller prud’hommes, assesseur au contentieux de la Sécurité sociale et très compétent sur les questions juridiques. Il excella dans l’éducation syndicale dont il assuma la responsabilité au niveau régional. Il anima pendant un temps la commission « femmes » de l’UD. Il siégea comme administrateur au conseil de l’IUT (Institut Universitaire Technologique), au conseil régional de l’A.N.P.E.
Administrateur de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie et de la Caisse Régionale Assurance Maladie, il siégea à ce titre au Conseil d’administration (CA) de plusieurs hôpitaux et maisons de retraites. Il fut aussi nommé expert auprès des tribunaux. Aux côtés de Gaston Boulay*, secrétaire général de l’UD, il apporta son expérience et son aide aux militants lors de conflits importants, comme les grèves de Vallourec à Montbard, Bel les Laumes, LCC à Saint Apollinaire.
En 1980, il décida de rompre avec la vie prenante de permanent syndical, mais resta à la CE de l’UD jusqu’au Congrès de 1992. Mais son engagement militant compliqua son reclassement professionnel. Bien des portes lui furent fermées malgré ses compétences acquises. Il reprit des études à la cinquantaine et obtint une capacité en droit. Et ce fut à la Mission Locale de l’agglomération dijonnaise qu’il termina sa carrière professionnelle.
Ses convictions furent à gauche, sa curiosité intellectuelle, sa culture, son souci de faire le bonheur des autres le conduisit à chercher sa voie politique avant de s’engager. Après avoir mûrement réfléchi, il adhéra au Parti Communiste Français le 4 mars 1967, adhésion qu’il remettra à Gabriel Lejard*, premier dirigeant de l’UD pendant de nombreuses années et son père spirituel en quelque sorte. Il assuma des responsabilités dans la direction fédérale du PCF de Côte-d’Or.
Jacky Chapotet, ce fut aussi une vie consacrée au sport. 25 ans comme footballeur, puis à la boule du drapeau, pêcheur, marcheur… Il fut une figure du cyclisme dijonnais. Il rentra à l’USOD (Union Sportive Ouvrière Dijonnaise) en 1964 comme dirigeant. Il fut président de la section cycliste, puis président de l’USOD, de la commission cycliste départementale FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail). Il siégea au comité dijonnais des sports. Retraité en 1992, il fut domicilié au 8 bis rue de Montalembert à Dijon lors de son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218162, notice CHAPOTET Jacques par Jean Belin, version mise en ligne le 28 juillet 2019, dernière modification le 7 décembre 2020.

Par Jean Belin

SOURCES : Témoignages d’André Gervais et de Jean Belin. — Arch. IHS CGT 21. — Arch. Départementales de la Côte-d’Or, fonds du PCF de Côte-d’Or, comités fédéraux.

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