CIRILLO Antoine

Par Jean Belin

Né le 10 novembre 1915 à Boscotrecase, près de Naples en Italie, mort le 16 novembre 2016 à Savigny-le-Sec (Côte-d’Or) ; employé de la Sécurité sociale ; syndicaliste CGT et militant communiste de la Côte-d’Or ; résistant ; conseiller municipal.

Son père fut artisan cordonnier et dut fuir l’Italie fasciste de Mussolini. Antoine Cirillo eut douze ans, lorsque sa famille arriva en France et s’installa à Dijon. Après avoir obtenu son diplôme de comptable, il travailla à l’atelier de cordonnerie de son père à Dijon. Il effectua son service militaire à Strasbourg d’octobre 1936 à octobre 1938. Rappelé le 22 mars 1939, il fut démobilisé en juillet 1940.
Le 10 novembre 1942, il fut désigné pour partir en Allemagne (STO). Réfractaire, il quitta alors son emploi et passa dans l’illégalité. Le 12 janvier 1943, il fut arrêté chez ses parents par la Gestapo et emmené à la prison de Dijon. Le lendemain, il fut traduit devant le tribunal militaire allemand et envoyé en Allemagne. Le 18 octobre 1943, il réussit à s’évader et rentra en France. Il prit contact immédiatement avec la Résistance. Après un travail intense, il passa chef de groupe, puis chef de secteur au sein du F.N. (Front National). Le 1er janvier 1944, il rentra au service des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la Côte-d’Or sous le nom de « Serge », prénom qu’il donna après la Libération à l’un de ses deux fils.
En février 1944, il fut nommé capitaine, puis commandant des 4 secteurs de Dijon. Le 6 juin 1944, il passa aux Francs Tireurs et Partisans Français. Il organisa avec Aimé Blanc, le maquis Koenig à Savranges, près de Lantenay (Côte-d’Or), ainsi que de nombreux sabotages et attaques. Il participa à la Libération de Dijon le 11 septembre 1944.
Dès la Libération, le 22 septembre, Antoine Cirillo fut nommé conseiller municipal de Dijon par le préfet de Côte-d’Or dans l’attente de l’organisation des élections. Il sera reconduit dans ses mandats lors des élections municipales de 1947 et jusqu’en 1959, aux côtés de Marcel Harbelot*, Marcel Caignol*, Roger Chevalier et Aimé Paronelli, ses compagnons de combat et militants communistes comme lui.
Après la Libération, il trouva du travail comme comptable à l’entreprise de travaux publics Piquetti. Adhérent à la CGT depuis 1938, il fut élu à la Commission Financière de Contrôle de l’Union Départementale CGT au congrès de janvier 1946. En novembre 1946, il débuta une carrière à la Caisse Régionale d’Invalidité de Dijon, devenue Caisse Régionale de Sécurité Sociale, puis CRAM en qualité de technicien, puis agent de maîtrise en fin de carrière.
Il épousa alors Mauricette Parizot, originaire de Chatillon-sur-Seine et eurent deux enfants. Dès son entrée à la caisse de Sécurité sociale, il milita à la CGT et lorsque survint la scission de décembre 1947, il resta l’un des rares adhérents à ne pas rejoindre FO. Il constitua aussitôt sur Dijon un syndicat CGT des Organismes Sociaux dont il devint le secrétaire général.
Retraité le 31 décembre 1975, il milita au syndicat des retraités des Organismes Sociaux de Dijon. De 1977 à 1989, il fut élu conseiller municipal de Savigny-le-Sec, commune ou il fut domicilié depuis 1973. Il fut aussi un sportif, pratiquant la gymnastique, la boxe, l’escrime et fut même sacré champion de Bourgogne de lutte gréco-romaine. Au regard de ses engagements dans la Résistance et sur le plan professionnel, pour ses états de services rendus à la Nation, il fut honoré à plusieurs reprises, soit pas moins de 12 décorations.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218170, notice CIRILLO Antoine par Jean Belin, version mise en ligne le 28 juillet 2019, dernière modification le 15 avril 2022.

Par Jean Belin

SOURCES : Arch. IHS CGT 21, témoignage de Gabriel Manière. — Les communistes dans la Résistance en Côte-d’Or, édition de 1987. – Résistance en Côte-d’Or, Gilles Hennequin, édition de 1987

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