THOMAS Marie, Germaine [épouse VERGNAUD]

Par Dominique Tantin, Isabel Val Viga

Née le 6 juin 1906 à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), massacrée le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; modiste ; victime civile.

plaque famille Vergnaud, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Vergnaud, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga

Marie Thomas était la fille de Léonard (né le 26 juin 1876, à Saint-Vallier, Saône-et-Loire), mineur, machiniste, et son épouse Marguerite née Desserprit (née le 25 octobre 1882, à Montchanin, Saône-et-Loire). Ses parents s’étaient mariés le 26 avril 1902 à Saint-Vallier (Saône-et-Loire).
Le 17 avril 1926 à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), elle épousa François Vergnaud* (né le 9 février 1901, à Oradour-sur-Glane), maître d’hôtel à Paris, fils de Jean et de son épouse Françoise née Lassechère*, frère de Marie* épouse de Jean Senon* (parents d’Armand Martial), Jean* époux d’Anne Senon*, Léonie Claire* épouse de Léon Léonard Boulesteix (parents de Christiane Suzanne* et Claude*).
Elle était domiciliée avec son époux*, sa belle-mère* devenue veuve, sa belle-sœur Léonie Claire épouse Boulesteix* et ses enfants*, au Bourg d’Oradour-sur-Glane.
Son neveu Armand Martial Senon, immobilisé avec une jambe plâtrée chez lui, échappa au massacre, ayant pu se cacher.
« Armand Senon immobilisé, une jambe plâtrée : ’’Ma mère est montée me voir dans ma chambre pour m’informer qu’on rassemblait les habitants du Bourg sur la place du champ de foire en vue de la vérification des cartes d’identité. A ce moment déjà, j’ai perçu les détonations des premiers coups de fusil tirés du coté du pont de la Glane. L’une de mes tantes, qui se trouvait chez nous en visite, a alors conseillé à mon père et à mes oncles qui venaient d’arriver de se sauver. Ils on aussitôt pris la fuite par la fenêtre donnant sur l’arrière, mais, à peu de distance, des Allemands qui avaient cerné le Bourg ont tiré des rafales de mitraillette en leur direction. Un oncle, ancien combattant de la guerre 1914-1918, a été blessé à cette occasion. J’entendais qu’il se lavait le sang (…). Les autres, mon père et mes deux oncles, se sont rendus au champ de foire pour le rassemblement. Un peu plus tard, des Allemands ont pénétré chez nous et ont fait partir ma tante et ma grand-mère qui s’affairaient à soigner mon oncle blessé. Ils ont bousculé les deux femmes en les lançant contre la rampe d’escalier. »
Elle fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich et brûlée dans l’église avec sa belle-mère, ses belles-sœurs, ses neveux, une partie de sa famille et l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane. Son époux, ses beaux-frères et une partie de sa famille furent mitraillés puis brûlés dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés.
Marie Thomas obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Son père décède le 18 février 1955 à Montceau-les-Mines et sa mère le 21 juin 1978 à Saint-Vallier (Saône-et-Loire).
Son neveu Armand Martial, sera un habitant du village provisoire. Il épousera le 27 juillet 1946 à Oradour-sur-Glane, Yvonne Marie Thérèse Gourceau (née le 26 juillet 1926, à Oradour-sur-Glane et décédée le 24 janvier 2000, à Saint-Junien) elle échappa au massacre, habitant Les Rentiers à Oradour-sur-Glane, sœur d’Andrée Gourceau*. Il sera témoin au procès de Bordeaux en 1953. Il décède le 14 février 1960 à Oradour-sur-Glane.
Voir Oradour-sur-Glane

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218200, notice THOMAS Marie, Germaine [épouse VERGNAUD] par Dominique Tantin, Isabel Val Viga, version mise en ligne le 29 juillet 2019, dernière modification le 15 janvier 2020.

Par Dominique Tantin, Isabel Val Viga

plaque famille Vergnaud, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Vergnaud, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — MémorialGenWeb. — Archives État civil de la Haute-Vienne et de Saône-et-Loire, actes de naissances, mariages, décès, recensements. — Jean-Jacques Fouché, Oradour, éditions Liona Levi, piccolo histoire (p138).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément