TOURNIER Jean-Baptiste

Par Dominique Tantin, Isabel Val Viga

Né le 29 mai 1893 à Limoges (Haute-Vienne), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; employé de mairie et professeur de musique ; victime civile.

Jean-Baptiste Tournier
Jean-Baptiste Tournier
crédit : André Desourteaux et Robert Hébras, Oradour-sur-Glane, Notre Village assassiné, éditons CMD

Jean-Baptiste Tournier était le fils de Léonard (né le 13 octobre 1861, à Belvès, Dordogne et décédé en 1938, à Limoges), et de son épouse Marie née Valette ( née le 20 novembre 1868, à Nexon), journaliers, domiciliés au 15 rue de Bessines, à Limoges. Ses parents s’étaient mariés le 18 août 1891 à Limoges.
Dans un premier temps, il travailla comme garçon de magasin.
Engagé volontaire en 1913 dans le 78e RI où il faisait partie de la musique régimentaire, il resta mobilisé jusqu’en 1919 et participa aux opérations sur le front français puis en Italie. Brancardier, il obtint une citation à l’ordre du régiment le 19 novembre 1918 au motif suivant : « Au front depuis le début, très bon soldat brancardier, courageux ; a donné fréquemment des preuves de dévouement dans son service spécial » ; Croix de guerre étoile de bronze, Médaille commémorative de la Grande Guerre, Médaille de la Victoire et Croix du Combattant.
Le 25 octobre 1916 à Limoges, au cours d’une permission, il épousa Marguerite Alphonsine Russeil (née le 10 décembre 1894, à Limoges). De cette union naquit un garçon, Gabriel (né le 31 mai 1919, à Limoges) époux d’Alice Raymonde Lavaux.
Il était chef de musique à l’Avenir Musical d’Oradour-sur-Glane et professeur de musique.
Il était domicilié avec son épouse rue Bouffon à Limoges, où il était employé de mairie.
Le 10 juin 1944, il était à Oradour-sur-Glane pour une leçon de musique avec Marcel Belivier.
« La longue bâtisse du café s’étirait paresseusement sous l’ombre fraîche des tilleuls. Quelques pierres tombales, ainsi que des croix, étaient entreposées dans la cour. Mme Dagoury* avait décidé de poursuivre les activités de cafetier et de cimentier de son marie après le décès de celui-ci. (…) Le local où j’allais prendre mes cours occupait le 1er étage au dessus de l’atelier. Mme Dagoury* le louait à l’Avenir Musical qui l’avait aménagé en salle de spectacle. C’est ainsi que les pièces de théâtres, les répétitions de la fanfare, les cours de musique et certains bals s’y déroulaient sous l’égide de l’association. (…) Notre professeur de musique, M. Tournier* (…), il venait à Oradour une fois par semaine pour donner des cours de solfège et pour faire répéter la vingtaine de musiciens de la fanfare. Ces répétitions avaient toujours lieu le soir, après le travail. Il restait dormir chez Mme Dagoury* et repartait pour Limoges le lendemain matin par le tram de sept heures, pour rejoindre son lie de travail. (…) Lors de cette première séance, il ne fut pas question de toucher à un instrument. A celui qui osa poser l’impertinente question de savoir si on le pourrait, Mr Tournier* répondit qu’avant d’en jouer il fallait connaître le solfège. C’est, précisa-t-il, comme si quelqu’un voulait écrire un livre sans savoir lire. »
Il fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich, mitraillé puis brûlé dans le Chai Denis dans laquelle des hommes furent massacrés.
Jean-Baptiste Tournier obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Sa mère décède le 25 mars 1949, son épouse le 3 janvier 1975 et son fils le 8 août 1976, à Limoges.
Voir Oradour-sur-Glane

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218294, notice TOURNIER Jean-Baptiste par Dominique Tantin, Isabel Val Viga, version mise en ligne le 2 août 2019, dernière modification le 1er février 2020.

Par Dominique Tantin, Isabel Val Viga

Jean-Baptiste Tournier
Jean-Baptiste Tournier
crédit : André Desourteaux et Robert Hébras, Oradour-sur-Glane, Notre Village assassiné, éditons CMD
l'Avenir Musical d'Oradour-sur-Glane
l’Avenir Musical d’Oradour-sur-Glane
crédit : André Desourteaux et Robert Hébras, Oradour-sur-Glane, Notre Village assassiné, éditons CMD
Salle de Musique Dagoury, Oradour-sur-Glane
Salle de Musique Dagoury, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Salle de Musique Dagoury, Oradour-sur-Glane
Salle de Musique Dagoury, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque Jean-Baptiste Tournier, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque Jean-Baptiste Tournier, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
lieu de supplice Chai Denis, Oradour-sur-Glane
lieu de supplice Chai Denis, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
lieu de supplice Chai Denis, Oradour-sur-Glane
lieu de supplice Chai Denis, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — MémorialGenWeb. — Archives État civil de la Dordogne et de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès, recensements, registre de matricule militaire. — André Desourteaux et Robert Hébras, Oradour-sur-Glane, Notre Village assassiné, éditons CMD, (p55-56).

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