PATTE Émile, Albert, Elphège [pseud. Mimile]

Par Frédéric Stévenot

Né le 30 décembre 1899 à (Aisne), mort en déportation le 10 avril 1944 à Bergen-Belsen (All.) ; mouleur ; résistant FFI.

Fils d’Elphège Georges Patte, mouleur domicilié au Familistère de Guise, n° 4, âgé de quarante-cinq ans, et de son épouse Ernestine Clara Poulain, sans profession, âgée de trente-neuf ans, Émile Patte se maria dans la même commune avec Louise Céréna Godion, le 28 mars 1931. Le couple s’établit au Familistère, au n° 359.

Mouleur en 1919 et en 1937, il fut recensé avec la classe 1919, et classé « bon pour le service » par la commission de réforme de Saint-Quentin (Aisne) le 22 août 1919. Il arriva au 91e régiment d’infanterie le 16 septembre suivant, et incorporé le 30. Il passa au 51e régiment d’infanterie le 27 septembre 1920.
Émile Patte fut condamné par le conseil de guerre quelques jours auparavant, le 22 septembre, à deux mois de prison avec sursis, pour abandon de poste ; des circonstances atténuantes lui furent reconnues. Cette condamnation tomba sous le coup d’une amnistie (loi du 3 janvier 1925). Il put cependant être renvoyé dans ses foyers le 25 mars 1921, muni d’un certificat de bonne conduite.
Sans affectation le 1er mars 1939, il fut réformé définitivement par la commission de réforme de Laon, le 10 novembre 1939, pour tachy-arythmie.

Émile Patte fut arrêté le 17 décembre 1943. Transféré au camp de Royallieu, il fut déporté par le convoi (liste I.173.) parti de Compiègne le 27 janvier 1944 vers le KL de Buchenwald (matr. 44804). Il fut ensuite affecté à Dora puis transféré à Bergen-Belsen où il mourut le 10 avril 1944.

Le convoi du 27 janvier fut le troisième convoi de l’année 1944 à prendre la direction de Buchenwald. Il transporta 1 583 hommes dont 1 415 Français. Le trajet fut marqué par trois évasions réussies à Vitry-le-François et par la distribution d’une soupe à Trêves.
La majorité des prisonniers fut arrêtée quatre mois avant leur déportation. Il s’agissait pour la plupart de maquisards et de résistants dont les réseaux sont démantelés un peu partout en France.
Les déportés de ce convoi furent, pour une partie d’entre eux, envoyés dans d’autres camps de concentration et kommandos. Certains partirent à Dora, comme Émile Patte, pour achever les travaux du tunnel. D’autres sont transférés à Bergen-Belsen ou affectés à de nouveaux chantiers comme Porta Westfalica, Schönebeck ou Langstein. Les membres du réseau Alliance subirent un tout autre sort. Envoyés à Gaggeneau, ils furent tous fusillés.

Émile Patte fut reconnu « mort pour la France » (AC 21 P 128518 ; certificat de validation n° 08050, décision ministérielle n° 024/DIR du 26 juin 1952) à titre militaire (FFI). Il fut également homologué DIR et FFI (GR 16 P 460726). Par arrêté du ministre délégué aux anciens combattants et victimes de guerre en date du 4 janvier 1996, il a été décidé d’apposer la mention « Mort en déportation » sur les actes de décès d’Émile Patte (JO du 28 février 1996).
La médaille de la Résistance lui fut décernée par décret du 16 septembre 1953 (JO du 22 septembre 1953).
Son nom figure sur le monument qui se trouve à la sortie de Guise, sur la route de Laon, en hommage aux résistants fusillés et morts en déportation, et sur le monument aux morts de Lesquielles-Saint-Germain (Aisne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218522, notice PATTE Émile, Albert, Elphège [pseud. Mimile] par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 16 août 2019, dernière modification le 16 août 2019.

Par Frédéric Stévenot

SOURCES. SHD, dossiers adm. résistants. Arch. dép. Aisne, reg. matr, 1R2/585 (— Sites Internet : Mémoire des hommes ; Médaille de la Résistance ; Mémorial GenWeb ; FMD ; Morts dans les camps ; Mémorial de Compiègne. — État civil de Guise, 5Mi1641.

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