FONTAN René

Par André Balent

Né le 24 mai 1923 à Toulouse (Haute-Garonne), mort le 10 juin 1944 à la ferme du Riou, commune de Saint-Michel (Haute-Garonne) exécuté sommairement par des SS de la division Das Reich ; résistant du maquis de Cazères (Haute-Garonne) de l’Armée secrète (AS)

Fils de Bertrand Fontan et de Honorina, Armanda Gérand (née à Valparaiso, Chili, le11 juillet 1896), René Fontan fut adopté pupille de la Nation (jugement du tribunal de de grande instance de Toulouse du 26 janvier 1943).

Réfractaire au STO, il intégra le maquis de Cazères (AS) implanté dans le Comminges et commandé par Raymond Garaut, Clément Montispan et Pierre Caubet alias « Frisco » (Voir Saint-Michel (Haute-Garonne), ferme du Ruisseau, 10 juin 1944.

La 11e compagnie du 3e bataillon du 3e régiment de grenadiers Deutschland de la 2e division blindée SS Das Reich, après d’être séparée de la colonne partie très tôt le matin du sud de Toulouse (basses vallées de l’Ariège et de la Lèze), traversa d’abord Cazères aux alentours de 6 heures 30 alors que le marché venait de s’installer et attirait déjà du monde. Mais les jeunes n’y étaient pas et se trouvaient au maquis. Elle atteignit rapidement Saint-Michel vers 7 heures du matin. Ils mirent une mitrailleuse en batterie à l’entrée du village qu’ils perquisitionnèrent en vain. Ils arrêtèrent deux passants matinaux. Guy Penaud précise que ce fut après avoir entendu des coups de feu que Raymond Garaut, le chef du maquis de Cazères qui se trouvait au Conté, décida de former cette patrouille afin de voir ce qui se passait. Clément Montispan, l’adjoint de Garaut, commandait cette patrouille (huit à dix hommes, parmi les quels René Fontan et Auguste Médous, fils de Philippe Médous) qui circulait sur la RD 7 en direction de Saint-Michel et Couladère, localité plus au nord. Deux véhicules de la 11e compagnie arrivaient en sans inverse. Une fusillade éclata et Clément Montispan fut grièvement blessé. Alors qu’un Allemand trouvait la mort. Montispan fut transporté à la ferme amie du Ruisseau (ou du Riou), propriété de la famille Menet qui collaborait avec le maquis de Cazères. Marie-Jeanne Darbas épouse Menet le ravitaillait. Ce fut elle qui prit soin de Montispan. René Fontan. partit chercher à vélo à Cazères le docteur Laurent Broca pour le soigner. À une centaine de mètres de la ferme il fut capturé par des Allemands qui l’y ramenèrent. Ils s’emparèrent aussi de trois paysans qui résidaient au hameau voisin du Pas du Fauga : parmi eux, Philippe Médous qui, comme Marie-Jeanne Menet, aidait le maquis de Cazères. La ferme des Menet fut encerclée, par le chemin du hameau du Pas du Fauga, par les champs de la ferme du Castéran, depuis les abords du bois de la Quère. Marie-Jeanne Menet fut abattue sous un érable, à l’est de sa ferme. René Fontan, conduit dans le bâtiment d’habitation, fut exécuté dans la chambre du premier étage où se gisait Clément Montispan à qui ils donnèrent le coup de grâce. Les trois paysans capturés, Éloi Camasses, Jean-Marie Dubois et Philippe Médous, furent abattus dans la grange de la ferme. gisait déjà Clément Montispan.. Les SS pillèrent la ferme qu’ils dynamitèrent et incendièrent.

Homologué combattant des FFI, René Fontan a reçu la mention « mort pour la France ». Son nom est inscrit due le monument aux morts de Cazères. Il l’est également sur la stèle qui rappelle la tuerie de Saint-Michel érigée à proximité sur le bord de la RD 7, en direction de ce village, juste avant la limite avec l’Ariège. Elle porte l’inscription suivante : « Ici sont tombés victimes de la barbarie hitlérienne [suit la liste des noms] Français souviens-toi ». Le site mémoire des Hommes le classe comme « mort au combat », alors que, de toute évidence, il a été exécuté sommairement.

Voir : Saint-Michel (Haute-Garonne), ferme du Ruisseau, 10 juin 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218672, notice FONTAN René par André Balent, version mise en ligne le 20 août 2019, dernière modification le 17 janvier 2020.

Par André Balent

SOURCES :Michel Goubet, « Le maquis de Cazères » ; « L’organisation du maquis de Cazères » ; « La répression allemande et milicienne dans la vallée du Salat et aux alentours. 10 et 11 juin 1944 » ; « Garaut Raymond alias ‘‘Marius’’ in La résistance en Haute-Garonne, CDROM, Paris, AERI (Association pour des études sur la résistance intérieure). — Guy Penaud, La « Das Reich » 2e SS Panzer Division, préface d’Yves Guéna, introduction de Roger Ranoux, Périgueux, La Lauze, 2e édition, 2005, 558 p. [pp. 376-377, p. 539]. — Roger Prost, « En Comminges sous l’occupation. Événements après le 6 juin », Revue du Comminges, Revue d’histoire, d’archéologie, de géographie et de sciences naturelles du Comminges et des Pyrénées centrales, bulletin de la Société des études du Comminges à Saint-Gaudens et de l’Académie Julien Sacaze à Bagnères-de-Luchon, 109, 1994, pp. 404-443 [pp. 407- 408]. — Henri Soum, La mort en vert de gris. Le maquis de Cazères, Toulouse, Imprimerie Signes du Monde, 1994, 280 p. — Site MemorialGenWeb consulté le 14 août 2019. — Site Mémoire des Hommes consulté le 20 août 2019. — État civil.

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