REYNAUD Colette

Par Julien Chuzeville

Née en 1872, morte en 1965 ; journaliste féministe, socialiste et pacifiste.

Colette Reynaud créa en octobre 1917 l’hebdomadaire La Voix des Femmes (reprenant le titre du journal fondé par Eugénie Niboyet en 1848). Dans le contexte de la Première Guerre mondiale, la revue s’inscrivait dans le courant du mouvement ouvrier opposé à l’Union sacrée. Le premier éditorial, signé Louise Bodin, fut en large partie censuré. En 1918, Colette Reynaud était indiquée comme directrice de La Voix des Femmes, Louise Bodin en étant rédactrice en chef.
À partir d’octobre 1919, la revue s’affirma en sous-titre « féministe, pacifiste, socialiste, internationaliste ». Parmi les collaboratrices figuraient notamment Marthe Bigot, Hélène Brion, Annette Charreau et Monette Thomas.

Certainement adhérente du Parti socialiste SFIO, Colette Reynaud adhéra au Comité de la IIIe Internationale. En octobre 1920, elle adhéra au Comité d’action pour la libération des militants emprisonnés (notamment Loriot, Souvarine et Monatte). Elle fut probablement membre du Parti communiste à ses débuts.

Le 23 février 1921, elle écrivait à Marguerite Durand que la diffusion de La Voix des Femmes était en progression : « Nous avons fait plus de cent abonnés nouveaux depuis un mois et demi. Chaque semaine nous en vendons un peu plus au numéro. » Le papier à en-tête de La Voix des Femmes indiquait « Journal Socialiste-Féministe ». L’adresse de l’hebdomadaire était le 10, rue Montmartre (1er arr. de Paris).

Au cours de la deuxième moitié des années 1920, elle poursuivit la parution de La Voix des Femmes, Noélie Drous en devenant rédactrice en chef.
En novembre 1921, Colette Reynaud était membre du comité de la Ligue des femmes contre la guerre. En 1926, elle cofonda la Ligue d’action féminine pour l’obtention immédiate du suffrage. En 1930, elle était secrétaire de l’Union populaire pour la paix universelle. Franc-maçonne, elle était membre du Droit humain.
La Voix des Femmes parut jusqu’en 1937.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218711, notice REYNAUD Colette par Julien Chuzeville, version mise en ligne le 24 août 2019, dernière modification le 8 septembre 2020.

Par Julien Chuzeville

SOURCES : Archives de la Bibliothèque Marguerite Durand (Paris) : trois lettres manuscrites de Colette Reynaud à Marguerite Durand (18 novembre 1920, 1er décembre 1920 et 23 février 1921, cote 091 Rey), et dossier documentaire sur Colette Reynaud (cote Dos Rey). — La Voix des femmes. — L’Humanité, 12 octobre 1920. — Le Peuple, 9 juin 1925, p. 3. — L’Ère nouvelle, 27 mars 1930. — Anne Cova, Féminismes et néo-malthusianismes sous la IIIe République, L’Harmattan, 2011, p. 115. — Julien Chuzeville, Un court moment révolutionnaire, la création du Parti communiste en France, Libertalia, 2017.

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