DOYEN Victor

Par Benoit Willot

Né le 3 mai 1897 à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) et mort le 6 avril 1939 dans la même ville, employé puis ouvrier, conducteur de machines, militant communiste à Joinville (1929-1935).

Victor Doyen était le fils de Marie Cousson et de son compagnon, Victor Doyen, maçon, qui le reconnut.
En décembre 1919 à Joinville, Victor Doyen épousa Françoise Belbéoch, sœur de Joseph Belbéoch*, qui fut militant communiste et combattant dans les rangs de la Résistance, tué lors de la bataille du pont de Joinville le 25 août 1944. Il vivait dans la commune voisine de Saint-Maurice.
Alors employé de commerce, après avoir été épicier en 1915, Victor Doyen fut mobilisé pendant la première guerre mondiale. Il a été incorporé en janvier 1916 dans le 10e bataillon de chasseurs à pied. En mai 1916, il fut fait prisonnier au fort de Condé, à Chivres-Val (Aisne). Il a été interné en Allemagne à Giessen (Hesse) d’où il fut libéré le 12 décembre 1918. Il avait réintégré le 26e bataillon de chasseurs à pied avant d’être démobilisé en septembre 1919.
Après son retour à la vie civile, Victor Doyen était employé à la Compagnie des chemins de fer de l’Est ; il en était congédié en juin 1920 pour « absence illégale et prolongée. », de toute évidence en rapport avec les grèves de février et mai.
La famille Doyen vécut après-guerre à Joinville, rue du Canal. Devenu chauffeur mécanicien, Doyen travailla dès 1921 à la Compagnie des Eaux de la Ville de Paris, située à Joinville dans le même quartier.
Lors des élections municipales de mai 1929 à Joinville, Doyen était candidat, en 17e position sur 27, sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, soutenue par le parti communiste et conduite par Roger Bénenson, futur député.
Au premier tour de scrutin, Doyen recueillit 338 voix sur 1715 suffrages exprimés (19,7%) pour 2491 inscrits. La liste communiste se maintint au second tour face à celles du cartel des gauches et de la municipalité sortante, libérale et conservatrice. Elle n’obtint aucun siège et son score recula à une moyenne de 278 voix (12,5%), l’alliance entre les radicaux-socialistes et les socialistes SFIO obtenant 22 conseillers municipaux avec 1025 voix (46%) tandis que la liste de droite eut 5 élus avec 929 votes (41,6%).
Lors des élections suivantes en mai 1935, Victor Doyen était de nouveau candidat, en 15e position sur la liste communiste, conduite par Robert Deloche, futur maire de la commune après la deuxième guerre mondiale. Il fut crédité au 1er tour de 673 voix sur 2856 suffrages exprimés (23,5%). Il ne fut pas candidat au second tour, la liste communiste ayant fusionné avec la liste socialiste SFIO.
Face à la municipalité sortante radicale-socialiste et à une liste de droite, les communistes eurent deux sièges sur 27, la droite conservatrice emportant tous les autres. Léon Lesestre était élu maire.
Le 4 mars 1939, Victor Doyen se vit attribuer une pension. Étant donné son âge, 42 ans, il ne s’agit pas d’une retraite, mais probablement d’un accident de travail, fréquent dans son métier - il était alors chauffeur désinfecteur, toujours pour la ville de Paris - ou des suites d’une maladie professionnelle. Il décéda le mois suivant.
Victor Doyen avait eu deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218771, notice DOYEN Victor par Benoit Willot, version mise en ligne le 30 août 2019, dernière modification le 30 août 2019.

Par Benoit Willot

SOURCES : Arch. dép. Val-de-Marne (état-civil, recensements, élections). — Arch. dép. Paris (registre matricule). — Recueil actes préfecture Seine, mensuel, 1939/04. — Le Progrès du Finistère, quotidien, 1929 avril 01. — Voix des communes, hebdomadaire, 1935. — Gazette de l’Est, hebdomadaire, 1920-1939. — Union régionale, hebdomadaire, 1935 mai 09. — Gazette des Ardennes, 6 août 1918

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