GIANSILJ Paul, André [GIANSILY]

Par Benoit Willot

Né le 12 mars 1880 à Lozzi (Corse, Haute-Corse), tué au combat le 22 août 1914 à Ethe (province de Luxembourg, Belgique) ; capitaine ; responsable franc-maçon à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) ; militant socialiste à Paris.

Paul, André Giansilj naquit dans le plus haut village de l’île de Corse, dans la région du Niolo, qui comptait alors 1 200 habitants (il en a un dixième cent ans plus tard). Si l’orthographe Giansilj est confirmée, la plupart des documents portent la mention Giansily.
Son père, Antoine Giansilj, militaire, était apparemment absent à sa naissance et la déclaration fut faite par le grand-père paternel. Bien que ses parents n’aient pas été mariés, sa mère Marie Jéronyme portait également le nom de Giansilj, comme d’ailleurs le maire qui l’inscrit sur l’état civil de la commune. L’union légale de ses parents en janvier 1882 lui donna une légitimation.
Plusieurs journaux témoignent du poids de deux familles dans le bourg : celle des Giansilj et des Simeoni (Max Simeoni, fondateur de l’Union du peuple corse, nationaliste, et député européen de 1989 à 1994, était né à Lozzi en 1929) : « Toute la Corse vous racontera, sans en être scandalisée, que le conseil municipal de Lozzi, dans le Niolo, est imposé à la commune depuis sept ans par les bandits Simeoni et Giansily » écrit le quotidien Le Temps, le 21 mai 1887.
Alors adjudant, Antoine Giansilj obtint pour Paul André une bourse qui allait lui permettre d’intégrer, en 1883, le lycée Buffon à Paris. Il obtint deux prix au concours général, premier en composition française en 1897 et second en mathématiques l’année suivante.
_En 1899, Paul André Giansilj fut reçu 12e au concours d’admission de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, dans la promotion In Salah. Il en ressortit à un rang plus modeste (305e) et fut nommé sous-lieutenant au 91e régiment d’infanterie en septembre 1901. Promu lieutenant deux ans plus tard, il fut affecté en 1906 au 24e régiment d’infanterie puis devint en 1908 instructeur à l’école normale de gymnastique et d’escrime de Joinville où il était promu capitaine. L’école, située dans le Bois de Vincennes, se trouve sur le territoire de Paris (XIIe arr.) mais garde le nom de la commune de Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne), à laquelle elle était rattachée jusqu’en 1860.
En mars 1913, Giansilj participa au congrès international de l’éducation physique de Paris où il présenta un mémoire sur « La Gymnastique d’application militaire et les sports de combat ». Giansilj recommandait une pratique quotidienne, mais modérée de la marche ; il souhaitait une surveillance médicale et plaidait pour le développement des sports de combat (tir, escrime, lutte, canne, bâton, jiu-jitsu).
Pendant son séjour à l’école de Joinville, Giansilj résidait dans le 14e arrondissement de Paris (rue de Châtillon) et militait à la 14e section du parti socialiste unifié SFIO, qui couvrait les quartiers Plaisance et Montparnasse.
Il était également vénérable de la loge maçonnique Germinal, orient de Joinville-le-Pont, qui disposait d’un temple dans la commune au 3, rue Transversale. Elle accueillait de nombreux officiers.
Ayant rejoint en 1913 le 104e régiment d’infanterie, en garnison à Argentan (Orne), Giansilj était au fort de Châtillon à la déclaration de guerre. Devenu capitaine, âgé de 34 ans, il combattit à Ethe, dans la province de Luxembourg (Belgique). Trois semaines après le début du conflit mondial, il fut d’abord blessé à l’épaule lors de l’attaque de tranchées ennemies puis, ayant accompagné sa ligne de tirailleurs, tué par un éclat d’obus.
La mention "Mort pour la France" est apposée sur son état civil et le nom de Giansilj figure sur les monuments aux morts de Lozzi et de Paris (VIIe arr.) ainsi que sur une plaque commémorative à l’intérieur du lycée Buffon. Il a été décoré de la croix de guerre et fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218793, notice GIANSILJ Paul, André [GIANSILY] par Benoit Willot, version mise en ligne le 31 août 2019, dernière modification le 29 avril 2022.

Par Benoit Willot

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Corse (état civil). — Arch. Dép. Paris (état civil). — Journal officiel, quotidien, 1893-1919. — l’Humanité, quotidien, 19 juillet 1915. — Gil-Blas, quotidien, 31 juillet 1897. — La Justice, quotidien, 1er août 1897. — Le Gaulois, quotidien, 29 juillet 1898 juillet. — Le Matin, quotidien, 19 mars 1913 . — Le Temps, quotidien, 4 février 1913. — Voix des communes, hebdomadaire, 17 juillet 1915. — Revue antimaçonnique, 1913/12. — Annuaire de la Saint-Cyrienne, 1901-1908. — Annuaire de l’armée Française, 1901-1905. — Revue militaire française, 1923/10. — Congrès international de l’éducation physique, J-B. Baillière et fils, Paris, 1913.

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