GRAILLAT Henri, Alexandre, Émile

Par Benoit Willot

Né le 21 juillet 1881 à Paris (XIIe arr.), mort le 26 août 1940 à Paris (XIIe arr.) ; comptable ; responsable socialiste et conseiller municipal de Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne), 1919-1924.

Henri Alexandre Émile Graillat était le fils de Marie Joséphine Tourot, deuxième épouse de Laurent Vincent Graillat, tonnelier, communard, militant socialiste-révolutionnaire et conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne).
Résidant à Bois-Colombes (Seine, Hauts-de-Seine), Émile Graillat épousa en juillet 1905 à Montreuil (Seine, Seine-Saint-Denis) Louise Desouche. Il vécut à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne), avenue du Bac. Graillat va exercer sa profession de comptable dans la grande distribution. Il était chef comptable au grand magasin de la Samaritaine (Paris) en 1911.

À l’instar de son père, Henri Graillat s’engagea en politique. En avril 1902, il accompagna à Champigny, Renier, candidat du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire à l’élection législative, dans une réunion où il porta la contradiction au candidat conservateur de la Patrie française.
Il est possible qu’il ait été candidat aux élections municipales de 1912 à Joinville, mais il ne fut pas élu ; la liste socialiste SFIO fusionna au second tour avec une liste libérale et une liste radicale dissidente, et la liste unifiée remporta le scrutin face aux radicaux-socialistes officiels. Il y eut sept élus socialistes (Georges Laruelle, Émile Lebègue, André Flambard, Julien Périn, Henri Lacroix, Petit, Georges Scornet). Après ce succès, le bureau de la section locale fut renouvelé en juin et confié aux non-élus, avec Fernand Grandhomme comme secrétaire. Graillat était membre de la commission de contrôle. En janvier 1913, Henri Graillat devint secrétaire de la section de Joinville en remplacement de Grandhomme (qui devint trésorier), et fut également délégué à l’Union des sections de la 2e circonscription de Sceaux. Il quitta cette fonction en mai de la même année, Alphonse Mibord étant élu à sa place.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale, Graillat fut sous-officier et reçut en janvier 1919 une citation pour son comportement ; il était décoré de la croix de guerre. La presse radicale assura qu’il fut bon soldat, avait fait toute la campagne, et était revenu « à peu près indemne. »
Il rejoignit après-guerre Paris-France, société qui exploitait la chaîne des magasins de nouveautés Aux Dames de France où il travaillait en 1921. Il y était trésorier et secrétaire de l’Association mutuelle de retraites de la société.
Lors des élections municipales de novembre 1919, comme plusieurs anciens socialistes SFIO tels Périn, Graillat se présenta sur la liste conduite par Henri Vel-Durand (radical dissident) qui comprenait également les radicaux officiels. Il avait l’étiquette de socialiste indépendant, face à la liste de gauche officielle conduite par Laruelle (SFIO) et à une liste libérale (Beauvais). La liste d’union républicaine et sociale fut élue intégralement au second tour, face aux seuls socialistes. Graillat obtint au 1er tour 760 voix sur 1 694 suffrages exprimés (44,8%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. Il a été élu au second tour avec 964 voix sur 1 518 suffrages exprimés (63,5%) pour 1 537 votants.

En décembre 1922, trois tribunes anonymes mettaient en cause sa famille dans le journal radical Voix des communes. Sa fille Simonne était critiquée pour être « entrée à la mairie par surprise » et avoir pris la « place d’une veuve de guerre ». Son épouse Louise était attaquée : « Mme Graillat dirige la cantine des écoles de Polangis, elle emportait sa petite cantine garnie ; elle semble commander le conseil municipal, défiante, autoritaire, colporte partout que son mari sera bientôt maire de Joinville. »
En mars 1923, Graillat prit part à la formation d’une section de la Ligue de la République à Joinville ; elle était présidée par [René Caperon>103663], socialiste indépendant, et rassemblait également des radicaux-socialistes et des socialistes proches de la SFIO (mais la section n’était pas encore reconstituée, après le passage de la totalité des adhérents au PCF en 1920). Graillat était délégué au comité central de la Ligue.

Après les élections municipales de 1925, qui virent la défaite du cartel des gauches dans la commune, Henri Graillat rejoignit de nouveau la SFIO et souscrivit à plusieurs reprises en 1928 à des souscriptions pour le parti lancées par le quotidien Le Populaire.
Président de l’Amicale des anciens élèves de l’école de Saint-Maur, Henri Graillat était trésorier de la caisse des écoles de Joinville depuis au moins en 1922. Récompensé en 1921 et 1924 pour son activité de mutualiste, honoré pour son poste de chef de service à Paris-France en 1936, il fut décoré des palmes académiques pour son rôle à la caisse des écoles (officier d’académie en 1922, officier de l’instruction publique en 1940).
Henri Graillat mourut accidentellement pendant la deuxième guerre mondiale à Nogent-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne) où, circulant à bicyclette, il était renversé au carrefour de Beauté par une voiture. Le nom d’Henri Graillat figure sur le monument aux morts de Joinville au titre de la guerre 1939-1945. Il résidait avenue du Bac à Joinville.
Son fils, René Graillat, engagé dans l’action sociale professionnelle, a été membre de la délégation spéciale chargée d’administrer provisoirement la commune de Champigny-sur-Marne à la Libération en 1944 où il faisait fonction de conseiller municipal.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218794, notice GRAILLAT Henri, Alexandre, Émile par Benoit Willot, version mise en ligne le 31 août 2019, dernière modification le 27 septembre 2021.

Par Benoit Willot

SOURCES : Arch. Dép. Paris (état civil). — Arch. Dép. Seine-Saint-Denis (état civil). — Arch. Dép. Hauts-de-Seine (état civil). — Arch. Dép. Val-de-Marne (état civil, recensements, listes électorales). — Journal officiel, quotidien, 1921-1936. — Bulletin municipal officiel Paris, quotidien, 1919. — l’Humanité, quotidien, 1912. — Le Populaire, quotidien, 1928. — Voix des communes, hebdomadaire, 1919-1925. — Gazette de l’Est, hebdomadaire, 1919-1924. — Union régionale, hebdomadaire, 14 septembre 1940 .

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