HAINSSELIN Louis, Gentil dit Eugène

Par Benoit Willot

Né le 21 avril 1866 à Paris (VIIe arr.), mort le 6 avril 1933 à Montreuil (Seine, Seine-Saint-Denis) ; ouvrier scieur à la mécanique, publiciste, architecte puis juge de paix en Inde et en métropole ; syndicaliste ; conseiller prud’homme ; libre-penseur ; militant socialiste et socialiste indépendant à Versailles et Joinville-le-Pont, conseiller municipal de Joinville (1912).

Louis Gentil Hainsselin était le fils de Louise Adelphine Durant, papetière et d’Eugène Médéric Hainsselin était cordonnier. Il fit usage du prénom d’Eugène.
Commençant à travailler à 16 ans, devenu menuisier, Eugène Hainsselin se spécialisa dans la scierie mécanique et travailla d’abord dans l’atelier de son père, devenu entrepreneur. Il épousa en novembre 1889 à Paris (XVe arr.), où il résidait avec ses parents avenue Bosquet, Anna Archambaudière, couturière.
La famille s’installa rue des Entrepreneurs dans le même arrondissement. Elle déménagea à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines), où elle vivait en 1892 rue de la Patte-d’Oie puis en 1893 rue de Vergennes.

Dans la ville-préfecture de Seine-et-Oise, Hainsselin débuta son activité publique en rejoignant le comité socialiste des travailleurs Versaillais, fondé en octobre 1890. La structure avait organisé en novembre 1891 une réunion publique consacrée notamment au thème « Socialisme chrétien et socialisme révolutionnaire et athée » avec Henri Galiment, professeur de sociologie, qui attira un nombre important de défenseurs de l’ordre social-chrétien et se déroula courtoisement. Le groupe attaqua l’alliance entre les opportunistes et les radicaux dans le département. Hainsselin en fut un des animateurs avec Émile Hébert, le fondateur, Dehais et Émile Favrais, ouvrier boulanger. Il organisa à l’automne 1893 un banquet fraternel d’anniversaire du groupe et contribua à la naissance, en novembre de la même année, d’une structure sœur dans le canton de Palaiseau.
Devenu Union socialiste des trois cantons de Versailles, le groupe réagit de manière très vive, en juin 1895, à une polémique lancée par Hainsselin au sujet du désistement de Favrais en faveur du républicain très modéré Paul Rameau, qui fut élu député au second tour du scrutin législatif en 1893. Lors d’une réunion extraordinaire le 8 juin 1895, à laquelle Hainsselin a transmis ses arguments par lettre, les socialistes mirent en opposition « la parfaite loyauté et la parfaite intégrité des citoyens Hébert et Favrais » et au contraire « les insultes et calomnies » d’Hainsselin, qu’ils considérèrent comme « indigne du parti socialiste. »

En septembre 1895, Hainsselin se présenta comme secrétaire du groupe socialiste indépendant de Versailles et des environs pour plaider en faveur des mineurs grévistes de Carmaux (Tarn), notamment lors d’une réunion organisée à Paris (XVe arr.) par les socialistes de la Creuse ou à l’occasion d’une souscription du journal La Petite République.
Revenu à Paris en 1897, Hainsselin fut secrétaire d’un comité de défense de la Verrerie ouvrière d’Albi (Tarn).
Il s’installa avec sa famille rue du Château (XIVe = arr.). Son engagement public prit alors deux formes principales : la libre-pensée et le syndicalisme.
Membre de l’Union des libres-penseurs du XIVe, Hainsselin fut élu au conseil central de la Fédération française de la libre-pensée en mars 1897. En juin, il fut désigné comme gérant du bulletin fédéral. À partir de ce moment, il se présenta régulièrement comme publiciste. La fonction amena Hainsselin à gérer de nombreux conflits : en août avec le journaliste Lucien Brunswick qui lui envoya par huissier une sommation d’insertion ; en octobre où il a une altercation avec Chatelard lors de la commission de rédaction. Hainsselin participa à des délégations, donna en décembre une conférence sur le rôle des religions à Paris (XVIIe arr.) et présenta le rapport financier au congrès annuel ce même mois.
Condamné à une amende dans le procès que lui faisait Brunswick en janvier 1898, Hainsselin fut relaxé en appel en décembre. Il donna une conférence sur le Théâtre social à Paris (IIe arr.) en avril et fut réélu parmi les 25 membres du conseil central dont il devint secrétaire général ; il céda sa fonction de gérant du Bulletin de la libre-pensée à Lachaume. Il adressa sa démission dès le mois de juin, se plaignant de ne pas avoir accès au registre des inscriptions des groupes et adhérents fédérés qui resterait dans les mains de la trésorière Julie Pasquier laquelle, se croyant prise à partie, quitta à son tour sa fonction également ; le conseil refusa les deux démissions. Cependant, Hainsselin, suite à un nouveau conflit avec son successeur à la gestion du bulletin, Lachaume, renouvela son retrait et fut remplacé en août par Paul Dobelle. En septembre, Hainsselin, absent, fut à nouveau mis en cause au conseil central pour n’avoir pas remis des sommes qui lui auraient été confiées. Il ne fut pas réélu en 1899.

Continuant son activité d’ouvrier scieur, Hainsselin a été victime d’un accident de travail qui a nécessité l’amputation de trois doigts et a provoqué une incapacité de travail de neuf semaines. Il fit appel en mars 1898 à la solidarité des libres-penseurs, arguant qu’il devait subvenir à l’existence de ses trois enfants en bas âge. Il reçut une aide prise sur la trésorerie de la Fédération et une souscription avait été lancée à son profit. Dans un article sur les accidents du travail après la loi française du 9 avril 1898, Paul Dramas (Le Mouvement socialiste, 15 juin 1899) remarqua que « les professions qui ont le plus de victimes ne sont pas celles où le développement mécanique était le plus grand. Il était certain qu’il y a moins de victimes chez les mécaniciens ou les tourneurs que chez les couvreurs ou les charretiers ». Cependant, il remarqua qu’il y avait une exception, celle des scieurs à la mécanique, dont il écrivait, citant Hainsselin, que « 90 % sont mutilés. »
Hainsselin, en tant que secrétaire général de la chambre syndicale des scieurs, découpeurs et mouluriers à la mécanique, intervint devant 1 500 ouvriers ébénistes, boulevard de Picpus, à Paris, en octobre 1898, pour soutenir leurs revendications et préconiser la grève générale de l’ameublement. En mai 1899, il était un des orateurs d’un meeting de protestation au Cirque-d’Hiver de Paris contre l’ajournement de la loi sur les accidents du travail, présidé par le député de la Guadeloupe, Hégésippe Légitimus. Parmi les intervenants, on notait Marcel Sembat et Aristide Briand. En juin, il interrompit une réunion professionnelle pour emmener les participants à une manifestation pro-dreyfusarde à Longchamp (ouest de Paris) « Contre les Césarions de tout poil » et « Pour le triomphe de la République. »

Il fut nommé en novembre 1899 membre de la commission mixte de patrons et d’ouvriers de sa profession, chargée de donner un avis sur le taux des salaires et durée normale de la journée de travail à Paris. Ce fut le début d’un long parcours dans les instances du paritarisme social français.
Quinze cents charpentiers travaillant sur les chantiers de l’Exposition universelle de Paris au Champ-de-Mars et à l’esplanade des Invalides se mirent en grève le 26 juin 1900. Hainsselin, qui venait d’être élu conseiller prudhomme, joua un rôle actif dans la négociation pour trouver une solution au conflit. Les ouvriers demandaient que le caractère périlleux de leur travail soit reconnu et que le prix de l’heure de travail passât de 90 centimes à 1 franc. Les charpentiers jugèrent que leur rôle « est exceptionnellement dangereux. En effet, nous travaillons sur des pavillons qui dépassent l’élévation ordinaire des édifices ; Le travail du bas n’était pas moins dangereux, car, l’exécution des pavillons étant en retard, on travaille à la fois au haut et au bas. À chaque instant, les ouvriers du rez-de-chaussée reçoivent des matériaux et des outils qui tombent de la partie supérieure ». Une sentence arbitrale rendue le 29 janvier donnant satisfaction aux revendications, la grève prit fin le même jour sur proposition de Chariot, secrétaire de la chambre syndicale des charpentiers, Baumann et Hainsselin. Les 1 200 charpentiers présents à l’assemblée générale votèrent la fin du conflit à l’unanimité.
Présenté en mars comme candidat au conseil supérieur du travail pour les industries du bois et bâtiment par sa chambre syndicale, Hainsselin fut devancé lors du scrutin en mai par plusieurs candidats et se retira. Le 12 juin 1900, il fut suspendu de ses fonctions de secrétaire de la chambre syndicale, décision confirmée par l’assemblée générale extraordinaire du 30 juin qui le remplaça par Alexandre Pinson.

Les conseils de prud’hommes, instances discrètes jusqu’au début de la troisième République, étaient devenues en 1882 un enjeu électoral au sein du mouvement ouvrier. Le parti possibiliste de la Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF) voulut les investir pour appliquer les principes socialistes sur la rémunération du travail manuel. Il avait pour concurrent des blanquistes et la Fédération des chambres syndicales indépendantes. En décembre 1890, sur 69 prud’hommes ouvriers parisiens, il y avait 47 possibilistes, 21 socialistes indépendants et un blanquiste-boulangiste. Le développement du syndicalisme allait changer la donne. En 1896, en tant que responsable syndical, Hainsselin fit campagne pour Tavernier, candidat dans la quatrième catégorie du bâtiment. En novembre 1899, il se porta lui-même candidat, en compagnie de Chariot, charpentier. Il fut élu pour trois ans le 3 décembre par 425 voix sur 657 suffrages exprimés pour 1 241 inscrits.
Lorsqu’il se représenta en 1902, Hainsselin était en butte à des accusations de Morice, ouvrier charpentier, qui obtint, le 8 novembre, le soutien des chambres syndicales des scieurs à la mécanique et des charpentiers. Mais, dans des réunions à Paris, au Pré-Saint-Gervais et à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis), Hainsselin réussit à retourner les scieurs en sa faveur. Arrivé en tête au premier tour, avec 228 voix sur 541 votants pour 1 130 inscrits, Hainsselin devançait Morice (209 voix) et Gardery (Solidarité des ouvriers charpentiers, 102 voix). Il l’emporta au second tour en décembre grâce à 255 votes sur 532 et fut élu pour six ans. La chambre syndicale des charpentiers précisa que, si elle combattait la candidature Hainsselin, « c’était l’homme qui était visé et non le syndicat. »
Les relations d’Hainsselin avec ses mandants se détériorèrent de nouveau. Le 10 juillet 1904, sur rapport d’une commission d’enquête au sujet de la Société coopérative des scieurs découpeurs du département de la Seine, l’assemblée générale décida « de radier de la chambre syndicale le nommé Hainsselin » et « lui retire la confiance de la corporation ». Devant ce qu’elle considérait comme des « faits scandaleux », elle « le somme de donner sa démission de conseiller prud’homme. »

En décembre 1905, Hainsselin soutint victorieusement la candidature de son ancien concurrent Gardery face à celle de Chariot, appuyée officiellement pas les deux syndicats de charpentiers et de scieurs. Tirant avantage de son expérience, Hainsselin présida régulièrement le conseil de prud’hommes en alternance avec la partie patronale. En mai 1907, un Comité de vigilance unique du bâtiment fut constitué, pour dénoncer le « clan spécial » qui avait participé à l’élection d’Hainsselin, comprenant, outre Gardery, cinq autres conseillers Riom, Tréfaut, Bazetoux, Dartois et Dubief ainsi que d’autres militants, Durr, Pichon, Mathieu, Guellob et Carrière.
En décembre 1908, se déclarant représentant, Hainsselin sollicita le renouvellement de son poste aux élections prud’homales, mais cette fois chez les employés de commerce et non plus dans le bâtiment. Avec 99 voix pour 345 votants et 663 inscrits, Hainsselin fut cependant distancé, arrivant en 4e position pour deux sièges à pourvoir et se retira avant le second tour. Il se plaignit d’une « campagne de mensonges et de calomnies », à cause de sa décoration (il était officier de l’instruction publique). Selon lui, « tout citoyen décoré est pour les sectaires du syndicalisme un traître et un vendu. »
Les travaux d’extension de la gare Montparnasse avaient provoqué l’expropriation du logement loué par Hainsselin, 47, rue du Château à Paris XIVe arr.) en juin 1899. Il s’installa alors à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) où il renoua avec une action politique publique. En février 1906, il participa dans la commune voisine de Champigny à une réunion de soutien au candidat du parti socialiste SFIO pour l’élection législative, Pédron. Hainsselin, qui s’affichait comme conseiller prud’homme, était chargé de développer le programme du parti, créé l’année précédente.
Mais Hainsselin s’écarta rapidement de la SFIO, dirigée localement par Émile Lebègue, reprochant à ses membres « de banqueter à la table de M. Maujan », le député radical de la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux. Il constitua, fin 1907 avec Théophile Leteuil, un comité socialiste indépendant. Il obtint un certain succès, puisque qu’il réunit 400 participants le 21 novembre, suscitant l’étonnement devant l’attelage des « deux fondateurs, l’un radical, l’autre révolutionnaire » dans l’hebdomadaire Voix des communes. La présidence fut confiée à un entrepreneur de mécanique, Félix Valbonnet.

Hainsselin provoqua aussi la création d’un éphémère comité d’action sociale en mars 1908 tandis que Leteuil montait un « comité ouvrier », en réalité animé par les cadres de l’usine Pathé-Cinéma, principal employeur de la ville. Le responsable nationaliste Nectoux proposa au comité d’action sociale 12 places sur les 23 de la liste qu’il voulait constituer pour les élections municipales de mai, ce qui provoqua une crise au comité socialiste indépendant et une tension entre Hainsselin et Leteuil. Ils constituèrent finalement une liste « socialiste évolutionniste », conduite par François Provin, serrurier, et comprenant notamment René Martin, Leteuil, Valbonnet et Hainsselin.
Dans le cadre de la campagne, Hainsselin s’illustra, selon ses adversaires radicaux : « Il possède la science infuse, il excelle dans tous les genres, c’est un artiste complet » Il fut présenté comme « Un don Quichotte haineux avec pour rossinante un vélo ». Il avait lancé en 1907 un journal, L’Indépendant, dont il était à la fois le rédacteur, le gérant et même le dessinateur sous le pseudonyme de Croque-Bille. Diffusé à environ 200 exemplaires, centré sur Joinville, le journal s’ouvrit ensuite aux communes voisines de Saint-Maur, Nogent, Champigny et Créteil. Il cessa de paraître en mars 1909.
Avec 604 voix en moyenne (65%) au premier tour des élections municipales de mai 1908, les radicaux-socialistes obtinrent 6 élus au premier tour et 15 au second ; les évolutionnistes, qui n’avaient que 17 candidats, recueillirent 500 voix en moyenne (28%) et eurent un élu au second tour, Provin ; les 5 socialistes SFIO candidats reçurent 252 voix en moyenne (15%). Un isolé était également élu. Hainsselin obtint 441 voix au premier tour et 432 au second ; il n’était pas élu.

Le comité socialiste évolutionniste présenta un candidat lors de l’élection au conseil d’arrondissement pour le canton de Saint-Maur en juin 1908, René Martin, fabricant de spiritueux, qui était battu par Henri Vel-Durand, radical-socialiste. Hainsselin démissionna en juillet 1908 du comité évolutionniste, suite à l’entrée de l’ancien président du comité d’action sociale, Vernière, cadre de la maison Pathé, avec lequel il se réconcilia cependant quelques jours après. En octobre, sur le pont de Joinville, Hainsselin accusa Georges Briolay, adjoint au maire, de « vivre des fonds communaux » et reçut une gifle de sa part. Début 1909, Hainsselin, de concert avec les socialistes SFIO, les évolutionnistes et les libéraux, utilisa le mécontentement des riverains du chemin de Brétigny, qui desservait le port de Joinville, pour mener une opération de déstabilisation de la municipalité radicale-socialiste.
En prévision de la fin de son mandat de conseiller prud’homme, Hainsselin, qui avait abandonné son métier d’ouvrier scieur, entreprit des démarches pour se trouver une activité rémunérée. En 1904, il sollicita un emploi d’inspecteur du travail auprès du conseil général. En 1908, il espérait devenir secrétaire du conseil de prud’hommes. Dans l’attente, et comme l’édition du journal L’Indépendant ne lui rapportait certainement presque rien, Hainsselin devint l’architecte de la société des Prévoyants de Polangis, coopérative de construction d’habitations à bon marché sur le boulevard de Polangis, sur un terrain acheté par Pathé-Cinéma, projet qui semble ne pas avoir abouti.

L’objectif principal d’Hainsselin était cependant de devenir juge de paix, possibilité offerte aux personnes ayant présidé pendant trois ans un conseil de prud’hommes. L’attente d’un tel poste justifia la cessation de la publication de son journal L’Indépendant, pour ne pas risquer de déplaire aux autorités. Le commissaire de police de Joinville donna un avis favorable au ministre de la justice, Aristide Briand, sollicité par Hainsselin, qui avait partagé au moins une estrade de meeting avec lui. En juillet 1909, il fut nommé juge de paix à Pondichéry (Inde). Il s’y installa le 10 août et sa femme ainsi que ses quatre enfants le rejoignirent en septembre. Les établissements français dans l’Inde comptaient alors 283 000 habitants.
Le séjour colonial ne semble guère avoir enchanté la famille. Les deux aînés rentrèrent en juillet 1910, les autres accompagnèrent Hainsselin qui revint en mars 1911, après qu’il se soit vu accorder « un congé de convalescence de six mois à passer en France ». Revenu seul fin octobre à Pondichéry, Hainsselin, se vit à nouveau octroyer en février 1912, un nouveau congé de convalescence de trois mois. _ Il n’y retourna pas et fut remplacé en juin 1912.
Son état de santé, pas plus que son statut judiciaire, ne dissuadèrent Hainsselin de prendre part à la campagne des élections municipales de mai 1912 à Joinville, où il était revenu s’installer avenue Pauline, dans le quartier de Polangis. Il rejoignit la liste de radicaux dissidents conduite par Achille Ernest Mermet. Au second tour, cette liste fusionna avec celle des libéraux et des socialistes unifiés, pour s’opposer aux radicaux-socialistes qui, après le retrait du maire sortant Eugène Voisin, étaient conduits par Georges Briolay. Hainsselin siégea très peu au conseil municipal, car il quitta la commune et fut considéré comme démissionnaire en 1915.
Moins de deux semaines après le scrutin, Hainsselin était nommé juge de paix à Chambon (Creuse). Cependant, son prédécesseur refusant de rejoindre sa nouvelle affectation à Saint-Girons (Ariège), Hainsselin demanda et obtint ce nouveau poste. Au moment de son départ en mars 1918, le journal local L’Express du Midi, salua « la fermeté et la justice avec lesquelles il accomplit, toujours, ses délicates fonctions. »

À la fin de la Première Guerre mondiale, il bénéficia d’une promotion et fut nommé à Saint-Omer (Pas-de-Calais), près de la zone occupée par l’Allemagne et de la ligne de front. En mars 1920, il passa à Creil (Oise). Enfin, en octobre 1924, il fut enfin affecté à une commune de la région parisienne, comme il le souhaitait, à Montreuil (Seine, Seine-Saint-Denis), où il s’installa avenue du président Wilson.
Eugène Hainsselin était titulaire de plusieurs médailles : officier d’académie en 1901 pour avoir pris part à l’exposition des machines-outils lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900 ; officier de l’instruction publique en 1907 en tant que conseiller prud’homme ; Mérite agricole en 1913 pour avoir obtenu plusieurs récompenses dans les concours pour appareils agricoles ; enfin, chevalier de la Légion d’honneur en juin 1931.
Quatre enfants étaient nés de son mariage avec Anne Archambaudière. L’aîné, Paul travailla dans l’industrie du cinéma et a été élu en 1929 puis en 1935 au conseil municipal de Joinville. Le second, Marcel, fut employé au ministère des finances. Le troisième, Georges, a été tué à l’ennemi le 17 mai 1915 à Steenstraete (Flandre occidentale, Belgique). Germaine, la cadette, vécut à Montreuil quand ses parents vinrent s’y installer.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218799, notice HAINSSELIN Louis, Gentil dit Eugène par Benoit Willot, version mise en ligne le 1er septembre 2019, dernière modification le 23 novembre 2022.

Par Benoit Willot

SOURCES : Arch. Dép. Paris (état civil, listes électorales). — Arch. Dép. Yvelines (état civil, recensements). — Arch. mun. Montreuil-sous-Bois (état civil, recensements). — Ministère de la culture, base Léonore. — Journal officiel, quotidien, 1899-1933. — Bulletin officiel des colonies, 1909-1912. — Journal officiel des établissements français dans l’Inde, 1909-1912. — Bulletin municipal officiel Paris, quotidien, 1899-1912. — L’Intransigeant, quotidien, 1893-1931. — La Petite République, quotidien, 1895-1920. — L’Aurore, quotidien, 1897-1912. — l’Humanité, quotidien, 1905-1908. — XIXe siècle, quotidien, 1899-1903. — Le Radical, quotidien, 1891-1907. — La Lanterne, quotidien, 1898-1906. — Le Rappel, quotidien, 1899-1903. — Le Matin, quotidien, 1900-1913. — Le Petit Parisien, quotidien, 1902-1908. — Le Journal, quotidien, 1907-1931. — Le Petit journal, quotidien, 1898-1931. — Le Temps, quotidien, 1899-1931. — Paris-Soir, quotidien, 5 octobre 1924. — Le Gaulois, quotidien, 5 octobre 1924. — Le Figaro, quotidien, 31 juillet 1931. — L’Homme libre, quotidien, 20 juillet 1931. — Journal des débats, quotidien, 30 juillet 1931. — L’Express du Midi, quotidien, 21 mars 1918. — Voix socialiste, hebdomadaire, 1906-1909. — Le Salut Public, 29 juillet 1931. — Bulletin de la Chambre de commerce de Paris, 18 novembre 1899. — Bulletin de la libre-pensée, 1896-1899. — Annuaire de la magistrature, 1910-1913. — Les Annales coloniales, 1912. — Le Mouvement socialiste, 15 juin 1899.

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