LAVOGADE Charles, Marie, Raphaël

Par Benoit Willot

Né le 14 mai 1857 à Paris (XIIe arr.), mort le 7 mars 1931 à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) ; bijoutier ; militant socialiste et coopérateur à Paris.

Charles Lavogade était le fils de Marie, Clémentine Charpy, lingère, et de son époux Raphaël, Simon Lavogade, garçon de magasin. La famille comptait huit enfants.
Devenu bijoutier, spécialisé dans le montage de boîtes de montres, Charles Lavogade avait pour symbole de son poinçon un marteau. Il se maria en février 1883 à Paris (XIe arr.) avec Eugénie Larue. Ils eurent onze enfants et vivaient dans les XXe, XIXe, IVe puis IIIe arrondissements de la capitale.

En décembre 1895, Lavogade répondit à l’appel du quotidien La Petite République et organisa une souscription en faveur des verriers de Carmaux en grève, qui fonderont avec le produit des sommes récoltées la Verrerie ouvrière d’Albi.
Il participa à la société coopérative de consommation Le Marais, accueillant en octobre 1896 la visite de délégués anglais, belges, hollandais et russes qui participaient au deuxième congrès de l’Alliance coopérative internationale. Au début du même mois, il avait pris part, avec sa coopérative, à la fondation de l’Association générale de production alimentaire, société coopérative d’agriculteurs, de pêcheurs et d’ouvriers ferblantiers constituée à Pontoise.

En 1904, Lavogade était membre d’un groupement affilié au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR). Fonctionnant déjà en 1890, le Groupe d’études sociales et de fraternité s’était transformé en 1896 en comité central électoral pour tout l’arrondissement. Le POSR, qui rejoignit le Parti socialiste français prit part à ce titre à la fondation de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) en 1905.
Tout en conservant sa bijouterie dans le quartier du Marais, rue des Francs-Bourgeois, la famille Lavogade s’installa à Joinville-le-Pont vers 1900, d’abord avenue de Palissy, dans le quartier du même nom puis dans le quartier de Polangis, toujours sur la rive gauche de la Marne, avenue Galliéni.

Les quatre fils de Charles Lavogade (Charles dit Charlot, Alexandre dit Bébé, Maurice et Simon) seront, comme lui-même, bijoutiers et auront des responsabilités associatives. Trois d’entre eux seront des sportifs de haut niveau, principalement en natation (Bébé, Maurice et Simon) et deux auront un engagement politique socialiste (Charlot) et communiste (Bébé). Parmi ses petits-enfants, Simon Lavogade s’engagera dans les Brigades internationales en 1938 pendant la guerre civile espagnole ; Denis Lavogade sera fusillé pour faits de résistance en 1943 ; Charlotte épousera Maurice, Henri Cadot, maire socialiste d’Aulnay-sous-Bois (Seine-et-Oise Seine-Saint-Denis) en 1964. Son arrière-arrière-petite-fille, Delphine, militante communiste, fut élue conseillère municipale d’Arcueil (Val-de-Marne) en 2014.

Charles Lavogade était âgé de 73 ans à son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218806, notice LAVOGADE Charles, Marie, Raphaël par Benoit Willot, version mise en ligne le 1er septembre 2019, dernière modification le 27 septembre 2021.

Par Benoit Willot

SOURCES : Arch. Dép. Paris (état civil). — Arch. Dép. Val-de-Marne (état civil, recensements, listes électorales). — Ministère de la culture, base Mistral. — La Petite République, quotidien, 27 décembre 1895. — l’Humanité, quotidien, 14 août 1904. — Kompass, annuaire, 1925. — Agenda de l’horloger-bijoutier : 1911. — Alliance coopérative internationale, compte-rendu officiel du 2e congrès, Paris 28-30 octobre 1896, Impr. Nouvelle, Paris, 1897. — Revue de la prévoyance et de la mutualité, 1897.

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