MORGENTHALER Justin

Par Benoit Willot

Né le 1er avril 1893 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), mort le 8 mai 1949 à Créteil (Seine, Val-de-Marne), électricien, mécanicien puis appariteur, syndicaliste à Joinville-le-Pont, militant socialiste à Saint-Maurice, responsable mutualiste.

Justin Victor Morgenthaler était le fils d’Eugénie Scheid et de son mari Joseph Antoine Morgenthaler, tailleur de limes.
Alors électricien, Morgenthaler fit son service militaire en 1913, d’abord dans l’infanterie puis, pendant la première guerre mondiale, dans l’aviation, où il était caporal et séjourna sur plusieurs bases en province, comme Lyon Bron ou Salon-de-Provence.
Après le conflit, il vécut comme ses parents, à Saint-Maurice (Seine, Val-de-Marne) et était mécanicien. En août 1919, il épousa à Reims (Marne) Marguerite Andréa Françoise Guéber. Leur fils y naquit en 1920.
La famille était installée à Saint-Maurice en 1921 et Justin Morgenthaler se présenta aux élections municipales de mai 1929 sur la liste socialiste SFIO. Les socialistes furent largement distancés par les candidats radicaux et conservateurs. Morgenthaler recueillit 113 voix sur 1788 suffrages exprimés (6,3%) pour 1820 votants et 2322 inscrits. Il arriva en 93e position des 94 candidats. Le journal conservateur La Petite Banlieue estima que « la leçon est dure pour les cartellistes (…) Les socialistes sont roulés une fois de plus par les radicaux, frères en maçonnerie et en intérêts personnels. »
Resté actif au sein de la SFIO, Morgenthaler était membre en 1931 du comité de presse qui rassemblait des socialistes de Joinville-le-Pont ou Saint-Maurice et dont Julien Cérignan, responsable de la section joinvillaise, était le secrétaire. Le comité était en charge de la diffusion militante du quotidien Le Populaire. En 1932, Morgenthaler participa à une « souscription de défense socialiste et républicaine pour la paix et le désarmement », lancée dans ce journal.
Embauché comme appariteur à la mairie de Joinville-le-Pont, qui était gérée entre 1929 et 1935 par une municipalité de cartel des gauches, Morgenthaler y assuma des responsabilités syndicales et associatives.
Il était secrétaire de section joinvillaise du syndicat du personnel confédéré, affilié à la Confédération générale du travail (Cgt). Il organisa le 20 février 1933 une assemblée générale du personnel communal de « protestation contre les réductions faites sur les salaires, alors qu’il n’y en a pas sur les gros revenus ». Une grève d’une heure était organisée ce même jour. La revendication portait, semble-t-il, sur des décisions gouvernementales plus que sur la gestion locale.
À partir de 1933, Morgenthaler était secrétaire et receveur de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers, la plus ancienne structure mutualiste de Joinville. Il exerçait toujours ces fonctions en 1937. C’était cet engagement qui lui vaut plusieurs décorations : une mention honorable et une médaille de bronze de la mutualité en 1934, le grade de chevalier du mérite social en 1937.
Pendant la deuxième guerre mondiale, en tant qu’employé municipal de Joinville, Morgenthaler fut désigné par arrêté préfectoral d’août 1942, « pour effectuer éventuellement le contrôle à domicile de la sincérité des demandes de coupons d’achat de chaussures. »
Après le conflit, toujours salarié de la mairie de Joinville, Morgenthaler fut candidat en juin 1948 pour l’élection des délégués du personnel au conseil de discipline sur la liste de l’Union syndicale du personnel des communes et services assimilés de la Seine, affiliée à la Cgt : L’organisation était désormais dirigée par les communistes, après la scission l’année précédente de Force ouvrière. Depuis la Libération, Joinville était dirigée par une alliance des communistes avec les radicaux et les socialistes SFIO. La même année 1948, Morgenthaler était décoré de la médaille d’honneur départementale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218828, notice MORGENTHALER Justin par Benoit Willot, version mise en ligne le 2 septembre 2019, dernière modification le 2 septembre 2019.

Par Benoit Willot

SOURCES : Arch. mun. Nancy (état-civil). — Arch. dép. Meurthe-et-Moselle (registre matricule). — Arch. dép. Val-de-Marne (état-civil, recensements). — Journal officiel, quotidien, 1934-1948. — Recueil actes préfecture Seine, mensuel, 1942/08. — Bulletin municipal officiel Paris, quotidien, 1946-1948. — SGA Mémoire des hommes, Base des personnels de l’aéronautique militaire. — Le Populaire, quotidien, 1931-1932. —Est républicain, quotidien, 1893-1922. — Voix des communes, hebdomadaire, 1933-1934. — La Petite Banlieue, hebdomadaire, 17 mai 1929 . — Gazette de l’Est, hebdomadaire, 1934-1937. — Union régionale, hebdomadaire, 1933-1936.

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