DESSAY Fernand [DESSAY Dominique, Fernand]

Par Julien Chuzeville, Jean-Jacques Doré

Né le 29 janvier 1888 à Villefrancoeur (Loir-et-Cher), mort à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) le 18 mai 1975 ; maçon puis cimentier au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) puis à Paris ; syndicaliste CGT puis CGTU ; communiste oppositionnel.

Fils de Marie Bignon, domestique, légitimé par son mariage avec Alexandre Dessay en 1895, Fernand Dessay travaillait à Tours (Indre-et-Loire) lorsqu’il fut mobilisé en août 1914 puis détaché à l’usine Schneider du Havre le 9 septembre 1915. Dès 1916, il participa à la renaissance du syndicat CGT du Bâtiment du Havre et prit en charge la section maçonnerie. Le 9 septembre 1917, il succéda à Rougier au secrétariat du syndicat général, il était assisté d’Émile Depoix (secrétaire adjoint), de Raoul Rigault (trésorier) et de Jules Leroux (trésorier adjoint).

Réélu secrétaire général en juin 1918, considéré comme l’un des leaders de la tendance minoritaire, il fut délégué le 8 décembre 1918 au 5e congrès de l’Union départementale tenu au Havre avec mandat « d’exiger la réunion dans les délais les plus brefs d’un congrès national... et de protester contre la mauvaise volonté de la majorité des dirigeants cégétistes ». Tant et si bien, qu’à la suite d’un rapport du sous-lieutenant d’artillerie, contrôleur local de la main d’oeuvre militaire, il fut déplacé à Angers (Maine-et-Loire) puis au Mans (Sarthe) au début de l’année 1919.

Démobilisé le 11 juillet 1919, il trouva du travail à Paris et vint habiter 30 rue Labat (XVIIIe arr.). En 1920, il était membre du Syndicat CGT du Bâtiment de Paris ainsi que du comité intersyndical du XVIIIe arr. En mai 1921, il était secrétaire de ce comité intersyndical. En 1923, il était membre du conseil du Syndicat unitaire du Bâtiment (SUB), et il participa à la minorité de la fédération CGTU du Bâtiment.

Dessay fut adhérent du PC dès le début de l’année 1921, à la section du XVIIIe arr.
Opposant à la bolchevisation, il signa en février 1925 la Lettre des 80 de l’opposition communiste, menée par Fernand Loriot. Il était alors membre de la commission exécutive de la fédération du Bâtiment. En octobre, il signa la Lettre des 250 en tant que « Dessay, secrétaire adjoint du syndicat des Cimentiers, Paris ».
En janvier 1926, il était membre du comité de rédaction du Bulletin communiste, de Boris Souvarine. Le 20 janvier 1926, il figura parmi les signataires d’un texte des communistes oppositionnels : « Tous solidaires des exclus ».

En avril 1926, il était membre du conseil du Syndicat des cimentiers, maçons d’art et aides. En 1927, il participait à la commission de la bibliothèque de ce syndicat.

En février 1931, il quitta Paris pour s’installer à Fournaudin près d’Auxerre (Yonne) ; il s’était marié le 13 septembre 1912 avec Germaine Berçon à la mairie de Montreuil-Le-Chétif (Sarthe).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218880, notice DESSAY Fernand [DESSAY Dominique, Fernand] par Julien Chuzeville, Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 21 novembre 2020, dernière modification le 21 novembre 2020.

Par Julien Chuzeville, Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Dép. Loir-et-Cher État civil, Registre matricule militaire. — Arch. Dép. Seine-Maritime, 4 MP 1810, Réunions syndicales au Havre 1919-1925, Série R Autorisations militaires des réunions syndicales. — L’Humanité, 18 mai et 14 décembre 1920, 16 février et 17 mai 1921, 9 mai et 7 septembre 1923, 21 novembre 1924, 7 avril 1926 et 22 juin 1927. — Bulletin communiste, 18 décembre 1925, 22 et 29 janvier 1926. — J. Chuzeville, Fernand Loriot, le fondateur oublié du Parti communiste, L’Harmattan, 2012, p. 225.

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