DUBOIS Jean-Marie

Par André Balent

Né le 23 décembre 1898 à Saint-Michel (Haute-Garonne), mort exécuté sommaire le 10 juin 1944 à Saint-Michel (Haute-Garonne) ; agriculteur ; victime civile de la division Das Reich

Jean-Marie Dubois était né à Saint-Michel, au hameau du Pas du Fauga, à la limite avec le département de l’Ariège. Ses parents, François Dubois, cultivateur, et Baptistine, Amélie Rey, mariés, étaient alors âgés respectivement de vingt-cinq et vingt-quatre ans. Il se maria le 17 mars 1928 avec Catherine Raymond à Tourtouse (Ariège), commune proche de Saint-Michel.

Jean-Marie Dubois périt tragiquement le 10 juin 1944 à la ferme du Riou, proche du Pas du Fauga.

Le 10 juin 1944, les éléments de la division SS Das Reich basés dans les villages de la basse vallée de l’Ariège (Haute-Garonne) — Vernet, Vénerque, Miremont, Lagardelle-sur-Lèze — avaient été désignés pour assurer une action répressive contre les maquis du piémont pyrénéen (Haute-Garonne, Ariège, partie orientale des Hautes-Pyrénées) et les populations civiles soupçonnées de les soutenir.

La 11e compagnie, après d’être séparée de la colonne, traversa d’abord Cazères aux alentours de 6 heures 30 alors que le marché venait de s’installer et attirait déjà du monde. Mais les jeunes n’y étaient pas et se trouvaient au maquis. Elle atteignit rapidement Saint-Michel vers 7 heures du matin. Ils mirent une mitrailleuse en batterie à l’entrée du village qu’ils perquisitionnèrent en vain, arrêtant néanmoins deux personnes. Clément Montispan, l’adjoint de Garaut, chf du maquis (AS) de Cazères faisait partie d’une patrouille qui circulait sur la RD 7 en direction de Saint-Michel et Couladère fut grièvement blessé alors qu’un Allemand trouva la mort. Montispan fut transporté à la ferme amie du Ruisseau (ou du Riou), propriété de la famille Menet qui collaborait avec le maquis de Cazères. Marie-Jeanne Darbas épouse Menet le ravitaillait. Ce fut elle qui prit soin de Montispan. Un autre maquisard, René Fontan partit chercher à vélo à Cazères le docteur Laurent Broca pour le soigner. À une centaine de mètres de la ferme il fut capturé par des Allemands qui l’y ramenèrent. Ils s’emparèrent aussi de de trois paysans du hameau voisin du Pas du Fauga : Éloi Camasses, Jean-Marie Dubois et Philippe Médous. La ferme des Menet fut encerclée, par le chemin du hameau du Pas du Fauga, par les champs de la ferme du Castéran, depuis les abords du bois de la Quère. Marie-Jeanne Menet fut abattue sous un érable, à l’est de sa ferme. René Fontan, conduit dans le bâtiment d’habitation, fut exécuté dans la chambre du premier étage où gisait Clément Montispan à qui ils donnèrent le coup de grâce ; Éloi Camasses, Jean-Marie Dubois et Philippe Médous furent abattus dans la grange de la ferme. Ils pillèrent la ferme qu’ils dynamitèrent et incendièrent. Les Allemands poursuivirent leur équipée en direction de Fabas (Ariège).

Le nom de Jean-Marie Dubois figure sur le monument aux morts de Saint-Michel et, également, sur la stèle qui rappelle la tuerie de Saint-Michel érigée à proximité sur le bord de la RD 7, en direction de ce village, juste avant la limite avec l’Ariège. Elle porte l’inscription suivante : « Ici sont tombés victimes de la barbarie hitlérienne [suit la liste des noms] Français souviens-toi ». Bien que n’ayant sans doute pas été un résistant, ainsi que le suggèrent les divers auteurs qui évoqué le massacre de Saint-Michel, Jean-Marie Dubois a un dossier au SHD de Caen (AC 21 P 637438, non consulté) en qualité de résistant interné. Son nom ne figure pas sur le site Mémoire des Hommes.

Voir : Saint-Michel (Haute-Garonne), ferme du Ruisseau, 10 juin 1944

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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218945, notice DUBOIS Jean-Marie par André Balent, version mise en ligne le 9 septembre 2019, dernière modification le 10 septembre 2019.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Haute-Garonne, 1 E 22, état civil de Saint-Michel, acte de naissance de Jean-Marie Dubois et mention marginale. — Michel Goubet, « Le maquis de Cazères » ; « L’organisation du maquis de Cazères » ; « La répression allemande et milicienne dans la vallée du Salat et aux alentours. 10 et 11 juin 1944 » in La résistance en Haute-Garonne, CDROM, Paris, AERI (Association pour des études sur la résistance intérieure), 2009. — Guy Penaud, La « Das Reich » 2e SS Panzer Division, préface d’Yves Guéna, introduction de Roger Ranoux, Périgueux, La Lauze, 2e édition, 2005, 558 p. [pp. 376-377, p. 539]. — Roger Prost, « En Comminges sous l’occupation. Événements après le 6 juin », Revue du Comminges, Revue d’histoire, d’archéologie, de géographie et de sciences naturelles du Comminges et des Pyrénées centrales, bulletin de la Société des études du Comminges à Saint-Gaudens et de l’Académie Julien Sacaze à Bagnères-de-Luchon, 109, 1994, pp. 404-443 [p. 408]. — Henri Soum, La mort en vert de gris. Le maquis de Cazères, Toulouse, Imprimerie Signes du Monde, 1994, 280 p. — Site MemorialGenWeb consulté le 6 septembre 2019.

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