BERTIN Robert, Léon, Albert

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 4 mars 1925 à Paris (XIIIe arr.), exécuté sommairement le 19 juillet 1944 à Montréal, aujourd’hui Montréal-la-Cluse (Ain) ; ouvrier en soie ; résistant de l’armée secrète (AS) et des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Robert Bertin était le fils de Humbert Auguste et de Marie Louise Blanc qui étaient encore vivants en 1944 mais séparés. Célibataire, il était domicilié à Serrières, hameau de Saint-Rambert (Ain) avec sa mère et exerçait le métier d’ouvrier en soie.
Il entra dans la Résistance à l’armée secrète (AS) de l’Ain dans le groupement Sud commandé par Henri Girousse alias "Chabot".
Il fut blessé dans les combats du col de la Lèbe en juin 1944 et hospitalisé à l’hôpital civil à Nantua où il fut soigné. Lors de l’attaque ennemie dans le cadre de l’opération Treffenfeld le 10 juillet 1944 et de l’arrivée annoncée des soldats allemands vers Nantua, il fut décidé l’évacuation de l’hôpital. Celle-ci eut lieu le 12 juillet en début d’après-midi. Robert Bertin fut évacué mais l’ambulance qui le transportait tomba en panne dans la côte de Sylans. Il fut repris et ramené à l’hôpital avec les autres blessés français intransportables et les quatre blessés allemands prisonniers des F.F.I. Les soldats allemands arrivèrent vers seize heures suivis de la Gestapo et des miliciens et occupèrent l’hôpital. Le 19 juillet 1944, la Gestapo fit son retour et malgré l’intercession des médecins français et du médecin de la Wehrmacht certifiant que les blessés allemands avaient été bien traités et bien soignés, elle ordonna de conduire à la morgue les blessés français pour les fusiller. Ceux-ci furent en fait chargés dans une benne et conduits dans une carrière au lieu-dit La Croix-Châlon, à Montréal-la-Cluse où ils furent criblés de balles à 19 heures. Leurs corps seront retrouvés atrocement mutilés dans la carrière.
Il obtint la mention « Mort pour la France » sur avis officiel du ministère des Anciens combattants et victimes de guerre du 12 avril 1946 et fut homologué comme soldat des Forces françaises de l’intérieur (FFI) le 9 novembre 1946 par le Service de l’état civil militaire.
Son nom figure sur le monument aux morts, à Saint-Rambert-en-Bugey (Ain).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219100, notice BERTIN Robert, Léon, Albert par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 22 septembre 2019, dernière modification le 4 juillet 2021.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Musée de la Résistance 1940-1945 en ligne, Données extraites du CD(DVD)-ROM : La Résistance dans l’Ain et le Haut-Jura (2013).— Colonel Henri Romans-Petit, Les maquis de l’Ain, éditions Hachette, 1974.— Mémorial Genweb.— État civil (acte de décès).

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