FOIN Marcel, René, Jean

Par Michel Thébault

Né le 20 décembre 1894 à Civray (Vienne), massacré le 28 août 1944 à Civray (Vienne) ; industriel ; victime civile.

Marcel Foin (René semble avoir été son prénom usuel) était le fils de Jean, Auguste Foin âgé de 23 ans à sa naissance, peintre et de Marie Louise, Léontine Demond âgée de 19 ans. En 1914, à l’âge de 20 ans, il était commis architecte à Limoges (Haute-Vienne), domicilié 8, cours Vergniaud. Il s’engagea volontairement pour la durée de la guerre le 7 septembre 1914 à la mairie de Poitiers (Vienne). Il fit toute la guerre dans des régiments d’artillerie, promu brigadier en janvier 1915 puis maréchal des logis en mars 1916. Ayant combattu à Bois-le-Prêtre en avril 1915 puis en Artois en septembre 1915, il participa à la bataille de Verdun d’avril à juin 1916. Blessé, il reçut la Croix de guerre avec étoile d’argent accompagnée de la citation suivante : « Modèle de courage et de dévouement. En permanence sur les lignes téléphoniques pour assurer les communications. N’a jamais hésité au cours de deux mois et demi passés devant Verdun à exécuter sous les bombardements les plus violents les réparations nécessaires de jour et de nuit ». Il fut détaché en avril 1917 à l’École militaire de Fontainebleau dont il sortit aspirant d’active le 20 juillet 1917. Il fut ensuite lieutenant au 49ème régiment d’Artillerie. Il fut à nouveau blessé le 6 avril 1918 à Thézy (Somme) et cité à l’ordre de la Division : « D’une énergie remarquable a secondé avec la plus grande compétence son commandant de batterie pendant les attaques allemandes du 31 mars au 6 avril 1918. Déjà blessé à Verdun, a eu le pouce et 3 doigts de la main droite arrachés par un éclat d’obus au moment où il donnait l’ordre à ses hommes de s’abriter au cours d’un harcèlement des abords de sa batterie par des obus de gros calibre ». Pour ces actions il fut fait chevalier de la Légion d’honneur le 16 juin 1920. Il fut démobilisé le 13 septembre 1919. Revenu à Civray, il y épousa le 7 décembre 1921 Hélène, Andrée Gendre (née à Civray en 1900). Installés 2, boulevard Carnot ils eurent deux fils Claude né en 1922 et Jean en 1926. René Foin exerçait la profession d’industriel, administrateur des Établissements Portejoie, un établissement spécialisé dans les pièces de rechange pour matériel agricole. Il fut rappelé à l’armée fin août 1939, président d’une commission de réquisition de chevaux puis affecté en janvier 1940 au dépôt d’infanterie 92. En 1944, il résidait toujours boulevard Carnot. A la fin du mois d’août 1944, les unités allemandes de la colonne Elster parties du sud-ouest firent retraite à travers le seuil du Poitou. Les 26 et 28 août 1944, les maquis tentèrent d’intercepter les unités allemandes dont les trains avaient été bloqués en gare de Saint-Saviol (Vienne) suite au sabotage de la ligne de chemin de fer et qui tentaient de remonter par la route vers Poitiers. Le 28 août 1944, un convoi allemand de plus de 600 hommes en provenance de Ruffec se dirigea vers Civray et fut attaqué par plusieurs maquis locaux, en particulier par les maquis D2-Bayard et Jalladeau au carrefour de Combeauseize sur la commune de Saint-Pierre-d’Exideuil (Vienne). Débordés par la puissance de feu allemande, les maquisards durent se replier. La colonne allemande entra alors dans Civray y perpétrant des exactions contre les civils, tirant dans toutes les directions en pénétrant dans la ville. René Foin, fut abattu boulevard Carnot, à 17 heures.
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Civray ainsi que sur la stèle commémorative des morts du 28 août 1944 de Civray.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219101, notice FOIN Marcel, René, Jean par Michel Thébault, version mise en ligne le 22 septembre 2019, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Vienne (état civil, registre matricule, recensement 1936) — Notes Loïc Richard VRID — Site internet VRID (Vienne, Résistance, Internement, Déportation), articles de Jacques Rigaud et Christian Richard — Brochure ONAC Les chemins de la Liberté autour de Civray 2012 — Mémorial genweb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément