BONDI Odino [dit « Fernand » et parfois Dino]

Par Antonio Bechelloni

Né le 9 septembre 1914 à Molinella (Bologna), Italie, mort le 20 février 1945 des suites de ses blessures à Saint-Laurent (Lot-et-Garonne) ; résistant FTP-MOI.

Fils de Pacifico Bondi, il était de nationalité italienne. Son dossier personnel au SHD de Vincennes est parsemé d’attestations qui se succèdent au fil du temps jusqu’en 1962, depuis celle datée du 1er mars 1945, et signée par le Colonel Blucher commandant du 2è Régiment d’Infanterie de la Haute Garonne, dans laquelle sont dénombrés les titres du sous-lieutenant Bondi Odino, dit « Fernand » à la reconnaissance de la France : « […]officier d’un grand courage et d’une valeur certaine, a constamment donné le meilleur de lui-même en toutes circonstances, avec le plus grand mépris du danger. Le 17.07.1944, attaqué par un détachement allemand, met deux ennemis hors de combat et récupère deux mitraillettes [sic]. Participe avec un esprit d’initiative et de courage, le 19 août 1944 à la libération de Toulouse et inflige avec son détachement, des pertes sensibles à l’ennemi. Sa belle conduite au feu, lui vaut une Citation à l’ordre du Régiment, avec droit au port de la Croix de guerre [...] » Encore, dans la même année 1945, au lendemain de son décès, « le commandant du Régiment, les officiers, sous-officiers et soldats, viennent apporter leur dernier adieu au camarade sous-lieutenant Bondi : Bondi Dino [sic] était entré dans la résistance contre le boche à la première heure. Les missions sont nombreuses. Il avait fait le sacrifice de sa vie pour qu’une ère meilleure nous soit réservée. Il a été à la peine pendant longtemps –attentat contre les troupes allemands d’occupation – déraillements de trains, d’approvisionnements et de troupes – sabotage de l’industrie de guerre travaillant pour les Allemands – et enfin la libération de Toulouse et de toute notre région. Il savait que la tâche n’était pas terminée. Nous comptions sur lui. Hélas, la mort est venue nous l’enlever à l’heure très prochaine où, nous l’espérons tous, nous verrons la libération de la France et de l’Europe [...] Sous-lieutenant Bondi ton œuvre et tes sacrifices survivront. Au nom de tous les anciens du maquis nous te disons « adieu ». Repose en paix sur cette terre de France que tu as si vaillamment défendu […] » Le père de Odino Bondi ayant sollicité des reconnaissances d’homologation de grade de son fils en 1956, on trouve des lettres qui confirment les attestations en question parmi lesquelles une lettre, avec en tête de l’E.P.H.E., émanant de Jean Pierre Vernant « ancien chef Régional des F.F.I. de R4 sous le pseudonyme de Colonel Berthier » qui « certifie sur l’honneur que M. Odino Bondi né […] a fait partie de la Résistance militaire française . Déporté en Allemagne au titre du STO en 1943, Bondi profite d’une permission pour rejoindre les maquis [un groupe F.T.P. M.O.I] qui devaient constituer les premiers éléments du 2è Régiment de la Haute Garonne. Le 17 juillet 1944 Bondi participe avec son groupe à l’attaque d’un convoi allemand sur la route de Fonsorbes (Haute Garonne), attaque qui coûta deux tués à l’ennemi. Le 19 août Bondi prend part aux combats de la libération de Toulouse, menant l’attaque contre les convois qui quittent ou traversent la ville et contre les éléments ennemis qui poursuivent la lutte […] Bondi avait, dans les F.F.I., le grade de Sergent-chef. Il était affecté à la 1ère Compagnie du 2ème Bataillon du 2ème Régiment de la Haute Garonne […] Fait à Paris le 22 Mars 1959 ». Apparemment, donc, la promotion d’Odino Bondi au grade de sous-lieutenant, grade dont le père demandait la confirmation de l’homologation encore en mars 1958, datait de quelques semaines successives aux combats pour la Libération de Toulouse. Avait-il ensuite obtenu la mention « Mort pour la France » ? On n’en trouve pas la trace dans les attestations diverses ni dans la correspondance mentionnée. Il mourut le 20 février 1945 des suites de ses blessures à Saint-Laurent (Lot-et-Garonne) après un séjour à l’hôpital militaire de Montauban (Tarn-et-Garonne).
Son nom figure sur le Monument aux Morts du village de Saint-Laurent (Lot-et-Garonne) où Odino Bondi a terminé ses jours.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219105, notice BONDI Odino [dit « Fernand » et parfois Dino] par Antonio Bechelloni, version mise en ligne le 22 septembre 2019, dernière modification le 22 septembre 2019.

Par Antonio Bechelloni

SOURCES : Pia Carena Leonetti, Les Italiens du maquis, Paris, Les Éditions mondiales, 1968 — — SHD GR P 16 414694 — Mémorial GenWeb (site visité le 23.08.2019).

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