DELAÎTRE Michel, Paul, Marius

Par Jacques Girault

Né le 9 mars 1929 à Saint-Germain-Mont (Ardennes), mort le 17 décembre 2012 à Reims (Marne) ; instituteur ; syndicaliste et militant associatif ; militant communiste de la Marne ; premier adjoint au maire de Reims (1977-1983).

 Michel Delaître : photo d’identité.
Michel Delaître : photo d’identité.

Son père Brénus Delaître, forgeron qui travaillait en saison en sucrerie, fut conseiller municipal communiste de son village. Sa mère, journalière, était elle aussi saisonnière en sucrerie. Michel Delaître, évacué en Vendée jusqu’en 1942, poursuivit sa scolarité à Reims et fut élève de l’Ecole normale d’instituteurs de Châlons-sur-Marne (Marne) de 1946 à 1950. Instituteur dans plusieurs écoles de Reims puis directeur d’école, il militait dans les rangs de la section départementale du Syndicat national des instituteurs et était le secrétaire administratif de la FEN-CGT dans le département jusqu’en 1954. Lors des journées des Jeunes du SNI à Limoges, les 5-6 avril 1950, il intervint après le rapport de Denis Forestier*, sur la suppression du pécule des normaliens. A partir de 1954, membre du bureau de la section départementale du SNI, il le demeura jusqu’au début des années 1960. Il intervint dans plusieurs congrès du SNI. Le 22 juillet 1955, après le rapport sur le rôle social de l’école laïque, il estima que l’école laïque ne signifiait pas qu’elle portait en elle-même les "vertus favorables à l’émancipation humaine". Le 19 juillet 1957, lors de la discussion consacrée au thème "Pour un renouveau efficace de l’internationalisme prolétarien", il proposa d’ajouter un paragraphe à la motion, suggérant des distances avec certains aspects de l’Europe. Enfin cinq ans plus tard, le 14 juillet 1962, lors de la discussion du rapport laïque de Clément Durand*, il apporta l’accord de la section de la Marne en approuvant notamment la volonté de vouloir "associer effectivement toutes les organisations laïques à la lutte". Il figurait à nouveau dans le conseil syndical au milieu des années 1960. Membre du bureau de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale, après avoir été membre du secrétariat à la fin des années 1950, il fut le secrétaire départemental de la Fédération des conseils de parents d’élèves jusqu’en 1962.

Delaître, membre du Parti communiste français depuis 1950, membre du bureau de la section communiste de Reims, entra au comité de la fédération communiste en 1953, puis au bureau fédéral en 1954. Il suivit le stage central pour les instituteurs communistes en 1953 et devint par la suite le responsable de l’éducation dans le bureau fédéral. A partir de 1961, il était le secrétaire de la section communiste de Reims, puis du comité de ville de 1965 à 1977. En 1968, il entra au secrétariat de la fédération, responsable de la propagande, le quitta en 1970, restant membre du bureau fédéral. Il redevint membre du secrétariat fédéral en 1973, toujours responsable de la propagande, puis à nouveau fut à la fin des années 1970, seulement membre du bureau fédéral, responsable aux cadres. En juillet 1971, il participa à une école centrale d’un mois en qualité de directeur adjoint. En 1978, membre du comité fédéral, il ne fut pas réélu au bureau fédéral. Il resta membre du comité départemental jusqu’en 2006.

Delaître, candidat communiste aux élections législatives dans la première circonscription en 1962, obtint 9 375 voix sur 63 684 inscrits, le candidat de droite Jean Taittinger étant élu au premier tour. Il fut à nouveau candidat dans la deuxième circonscription (Reims II et IV en 1967 (11 567 puis, après le ballottage, 19 970 voix sur 64 340 inscrits), en 1968 (11 154 voix sur 67 588 inscrits, le candidat de droite étant à nouveau élu au premier tour). En 1973, à nouveau candidat dans la deuxième circonscription, il arrivait en deuxième position avec 12 675 voix sur 70 863 inscrits. Au deuxième tour, il obtenait 23 682 voix, soit un millier de voix en moins que le total des voix de gauche du premier tour, en raison de mauvais reports dans les cantons ruraux selon la presse. En 1978, dans la même circonscription, il obtenait 15 655, puis 29 480 voix sur 80 365 inscrits.

Delaître fut présenté pour le Conseil général en 1953 dans le canton de Sainte-Menehould, puis en 1956 dans celui de Ville-sur-Tourbe, puis en 1961, à nouveau dans celui de Sainte-Menehould. Il fut candidat à Reims dans le deuxième canton en 1964, dans le huitième canton en 1979 (2 392 voix, deuxième position derrière le candidat socialiste élu au deuxième tour), dans le quatrième canton en 1982 (1 677 voix, derrière le candidat socialiste), dans le dixième en 1985 (881 voix, 3eme position).

Delaître figurait en cinquième position sur la liste d’union de la gauche pour les élections municipales de 1971. En 1977, une liste analogue ayant été élue, il devint premier adjoint et représenta le conseil municipal au conseil régional de Champagne-Ardennes. Il s’occupa entre autres des questions scolaires et de l’urbanisme. La liste fut battue en 1983 et il resta conseiller municipal d’opposition jusqu’en 2001.

Par la suite, il fut responsable dans la région du Mouvement national de lutte pour l’environnement.

Retraité en 1984, secrétaire départemental des Délégués départementaux de l’Education nationale de 1987 à mai 2008, Delaître participait aux activités de plusieurs associations culturelles de type historiques, travaillant sur la mémoire régionale de la Révolution française. Il écrivit notamment un article dans les Annales historiques de la Révolution française (janvier 2006), sous le titre "La victoire de Valmy bien vivante dans la mémoire des populations champenoise et argonnaise" et anima avec son épouse et quatre auteurs, la rédaction d’un ouvrage Varennes. Le pouvoir change de main (Langres, D. Guéniot, 2007).

Delaître épousa en août 1951 à Reims Mauricette Adnet, née le 16 août 1929 à Le Chatelier (Marne), fille d’un ouvrier menuisier. Elève de l’Ecole normale d’institutrices de Châlons-sur-Marne de 1946 à 1951, institutrice, membre du PCF depuis 1962, responsable d’un CDH de 1952 à 2007, trésorière de l’Union des femmes françaises, responsable de la diffusion d’Heures claires, elle avait suivi l’école centrale d’un mois en 1971. Elle entra au comité fédéral en 1971 et ne fut pas réélue à la conférence fédérale suivante. Elle fut candidate aux élections municipales du 5 mai 1957 et du 8 mars 1959 sur les listes du PCF et aux élections cantonales de 1995 dans le canton de Givry-en-Argonne. Le couple eut deux garçons..

Ses obsèques se déroulèrent au cimetière de La Neuvillette à Reims, selon l’Humanité du 19 décembre 2012.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21921, notice DELAÎTRE Michel, Paul, Marius par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 26 février 2014.

Par Jacques Girault

 Michel Delaître : photo d'identité.
Michel Delaître : photo d’identité.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse nationale, locale et syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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