MAMET Louis [pseudonyme dans la résistance : Marseille]

Par Patrick Bec

Né le 6 janvier 1908 à Paris (Ve arr.), tué au combat le 14 août 1944 au Lioran, commune de Laveissière (Cantal) ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Louis Mamet était le fils de Ferdinand Mamet, né en 1881, employé de chemin de fer, et de Maria Teulet, née en 1883, demeurant à Paris au 55 rue des Archives. En 1944 il s’était engagé dans la Résistance FFI. Il faisait partie du bataillon Didier de l’ORA, groupe Aymé qui occupait depuis 1943 les burons de Néronne et du Puy Violent (Cantal).
Après avoir évacué Aurillac le 10 août 1944, les Allemands (3 compagnies du 95è régiment de sécurité, l’état-major de liaison, 400 à 450 hommes de la Feldgendarmerie et une vingtaine de miliciens avec leurs familles sous le commandement de Borgmann) se dirigent vers Vic-sur-Cère et Le Lioran. Le chef d’état-major départemental FFI Erulin ordonne les déplacements du groupement Renaud de Fontanges au sud-ouest du Lioran, et du groupe Eynard de Riom-ès-Montagnes vers le versant nord-est, de part et d’autre du tunnel. Par contre les autres compagnies stationnées à proximité du Lioran furent dirigées vers Curebourse, Pailherols et Pierrefort. Eugène Martres décrit le déroulement des opérations : « Les troupes allemandes, après avoir passé la nuit du 10 au 11 août à Vic-sur-Cère, ébranlèrent leurs avant-gardes et leurs éclaireurs dès l’aube du 11 août. A 7 heures les premiers cyclistes allemands traversent Thiézac, suivis de voitures. Borgmann et les miliciens stationnent à Thiézac de 8 heures à 12 heures, tandis que des patrouilles latérales fouillent les flancs de la vallée. C’est alors que s’échangent les premiers coups de feu, sur le flanc sud avec les FTP probablement (compagnie Alex). Le nettoyage occupe les Allemands toute la matinée ; ils incendient 5 ou 6 granges et une maison aux Granières et à Nièrevèze. En début d’après-midi le convoi franchit le Pas de Compaing et doit s’arrêter à nouveau à Saint-Jacques-des-Blats car les avant-gardes sont aux prises avec le groupe Renaud sur le flanc sud-ouest du tunnel, quelques heures seulement après que les FFI aient pris position. Les FFI "retardent la colonne par un combat en retraite, puis se retirent, démasquant le groupe Eynard" écrit Fayard. Un homme de la compagnie Bertrand rapporte : "le 11 août au soir, le groupe Renaud, menacé d’être débordé par des forces supérieures, décroche et dans la nuit du 11 au 12 août la 2è section de la compagnie Bertrand (groupe Eynard) se trouve en première ligne au pont de Pierre-Taillade". Cette dernière réagit vigoureusement au fusil-mitrailleur et à la grenade au passage du peloton cycliste allemand qui doit refluer précipitamment vers le Lioran. Les FFI font alors sauter le pont de la Pierre-Taillade par lequel la route franchit un torrent. Dans la journée du 12 août, Borgmann radiotélégraphie un appel à Clermont-Ferrand : "depuis deux jours durs combats, pertes importantes, subsistances insuffisantes. Sommes investis dans le tunnel du Lioran. L’emploi de forces blindées légères est nécessaire". Le sort du combat reste donc incertain. En fait les deux commandants se sont trompés : les FFI croyant être débordés se retirent ; les Allemands pensant se heurter à des troupes nombreuses et résolues ne tentent ce jour aucune poussée. Au Lioran, Borgmann n’avait pas lieu d’être mécontent le 12 août au soir. La pression FFI était faible. Il savait qu’il aurait le lendemain le soutien de l’aviation et que la colonne de secours était en marche. Pour lui la journée du 13 août s’annonçait décisive. Comme les jours précédents, l’aube du 13 août laissa présager une journée chaude et ensoleillée. Du côté FFI cette journée fut encore plus confuse, plus pénible que la veille. Le manque de liaison et de coordination eut d’ailleurs des conséquences tragiques. Car ce jour-là deux FFI furent tués sur le versant de la Cère (Marcel Savary et Antonin Louis Laroussinie). Or ils ne furent pas victimes de balles allemandes mais très probablement de balles françaises. Un groupe de la compagnie Garçon et un groupe de la compagnie Fred, se prenant mutuellement pour l’ennemi, se mitraillèrent faisant un mort dans chaque groupe.
Le 13 août à 9 heures la compagnie Bertrand reprit position à Fraisse-Haut et à la Remise, sur le versant de l’Alagnon, avec mission d’attaquer autour du pont de Pierre-Taillade pour s’opposer à l’avance ennemie. Immédiatement repérée par l’aviation, violemment bombardée, soumise au tir des troupes allemandes, la compagnie subit des pertes. Dans l’après-midi, menacée de débordement sur la rive gauche de l’Alagnon et aussi sur la rive droite, le long de la voie ferrée, la compagnie décrocha vers Laveissière puis La Chevade. Un blessé allemand resta aux mains des FFI qui abandonnaient 6 morts (quelques-uns achevés) et 2 prisonniers à l’ennemi (dont le lieutenant Soulas dit Bertrand). » Jules Escalon, Maurice Lelong, Roger Gouny, Robert Morvan, René Valade et Hugues Bona sont morts le 13 août 1944 au pont de Pierre-Taillade.
Deux avions allemands reparaissent encore le 14 août et déchargent pour la forme leurs cargaisons de bombes assez loin des lieux de combat (Anterroches et Plomb du Cantal). A 18 heures l’ensemble des troupes ennemies évacue Murat. D’après Eugène Martres les pertes parmi les FFI sont de 9 tués, une vingtaine de blessés et 2 prisonniers qui furent déportés.
Dans la base du SHD de Caen, Louis Mamet est déclaré mort pour la France, tué au combat le 14 août 1944 au Lioran. Il avait 36 ans.
Son nom est inscrit sur le monument du Col de Néronne à Saint-Paul de Salers (Cantal) et sur la stèle commémorative de Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219245, notice MAMET Louis [pseudonyme dans la résistance : Marseille] par Patrick Bec, version mise en ligne le 2 octobre 2019, dernière modification le 25 avril 2021.

Par Patrick Bec

SOURCES : SHD Vincennes, dossier de résistant de Louis Mamet : GR 16 P 388328 (non consulté) .— AVCC, dossier Louis Mamet : AC 21 P 83929 (non consulté) .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007 .— Manuel Rispal, Les chemins de la victoire, Auvergne 1945, hors-série La Montagne, p. 80 .— État civil (AD 15, Archives Paris) .— MémorialGenWeb

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