ANDRÈS Richard, Pierre

Par Michel Germain, Dominique Tantin

Né le 23 février 1913 à Paris (XVIIe arr.), mort en action le 18 janvier 1944 à Annecy (Haute-Savoie) ; résistant du réseau ACTION R1 des Forces françaises combattantes (FFC).

Richard Andrès était le fils d’Augustin, luthier, alors âgé de 42 ans, et de son épouse Augustine Diaz, sans profession, âgée de 41 ans, domiciliés 7 rue de Puteaux. Le 23 mai 1940, à Annecy, il se maria avec Germaine Augustine Bosson.
Il fut l’un des membres fondateurs, avec Albert Bel notamment, du mouvement « Coq enchaîné » en Haute-Savoie. Ce mouvement de résistance créé dans ce département en 1942 comptait dans ses rangs des hommes comme Jean Marie Saulnier, Léon Bouvard ou René Noyer notamment, ainsi que Flora Saulnier. La plupart de ces résistants entrèrent par la suite dans le mouvement « Combat ».
Lors de la chute du bombardier Halifax à Cran le 15 août 1943, il fit prendre des photographies des obsèques, de la foule et des cercueils des pilotes britanniques inhumés à Meythet. Ces photos furent distribuées sous le manteau, parfois vendues au bénéfice de la Résistance.
Il devint chef départemental du S.A.P. (Service Atterrissages et Parachutages) et assura, d’autre part la liaison avec les groupes de républicains espagnols. Laissons la parole à Romans-Petit : « Andrès a servi dans les Forces françaises de l’Intérieur avec un dévouement et un désintéressement remarquables. Chargé de la réception des armes provenant des opérations aériennes, il a assuré son service pendant toute la durée de mon commandement sans aucun reproche. Comme cette tâche n’était pas suffisante à son activité, je lui ai donné le soin de réorganiser les Espagnols résidant en Haute-Savoie, de les grouper en camps, d’assurer leur subsistance. Dans ce domaine encore, je n’ai eu qu’à me louer de son action. D’une témérité folle, il sollicitait toutes les missions dangereuses et a trouvé la mort au cours de l’un d’entre elles, alors qu’il tentait de franchir un barrage ennemi. Afin d’anéantir les rumeurs, j’ajoute que la mission précise dont il était chargé au moment de sa mort était la récupération et le transport d’un poste émetteur utilisé par la mission interalliée dont le chef était le colonel Heslop de l’armée britannique… » (Attestation rédigée à Paris le 15 novembre 1946).
Le matin du 18 janvier 1944, Alfred Léon Bouvard conduisait Richard Andrès à Thônes, à bord d’une 202 Peugeot afin de récupérer un poste émetteur. Puis les deux résistants se rendirent à Nâves chez Pierre Sadaoui, où ils rencontrèrent Rodrigue Perez, qui avec eux s’occupait des Espagnols passés à la Résistance. Après quoi, ils redescendirent sur Annecy. Mais entre-temps, la Milice établit un barrage à Alex et un autre au hameau de l’ancienne gare du tramway de Sur-les-Bois, à Annecy-le-Vieux. Les soldats allemands du régiment « Todt » relevèrent les miliciens dans la journée. Vers 17 heures 30, la 202 déboucha face au barrage allemand. Les soldats ouvrirent le feu avec au moins deux mitrailleuses. Les deux hommes furent tués sur le coup.
Richard Andrès, reconnu « Mort pour la France » le 13 mars 1945, repose dans le carré militaire du cimetière de Loverchy (Annecy), tombe n°69, (transcription de l’acte de décès Annecy 214/1945).
Une stèle est érigée au hameau de Sur-les-Bois, (Annecy-le-Vieux), où se déroule chaque année dans le froid de janvier une commémoration chargée d’émotion. Richard Andrès figure sur les plaques récapitulatives des « Morts pour la France » apposées dans le hall de l’Hôtel de ville d’Annecy, car il habitait au dernier étage d’une maison bâtie rue Jules Ferry.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219352, notice ANDRÈS Richard, Pierre par Michel Germain, Dominique Tantin , version mise en ligne le 7 octobre 2019, dernière modification le 26 septembre 2021.

Par Michel Germain, Dominique Tantin

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — Fonds du Mémorial de l’oppression 3808 W 1366. — Service historique de la Défense, AVCC Caen, AC 21 P 7837 et Vincennes, GR 16 P 13003 (à consulter). — Mémoire des Hommes. — Acte de naissance en ligne (Archives de Paris).

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