DELANOUE Marianne [née MORIET Yvonne, France, Marianne]

Par Jacques Girault

Née le 5 avril 1904 au Plessis-l’Échelle (Loir-et-Cher), morte le 28 avril 1984 à Cugand (Vendée) ; institutrice ; militante syndicaliste en Indre-et-Loire puis dans la Seine ; militante communiste, conseillère municipale de Nogent-sur-Marne (Seine/Val de Marne).

Fille d’instituteurs militants syndicalistes et communistes, Marianne Moriet, élève de l’école primaire supérieure de Blois (Loir-et-Cher), entra l’École normale d’institutrices de Blois en 1920. Elle devint institutrice en 1923 dans diverses communes du département (Villeromain où elle fut secrétaire de maire, Veuves) avant d’épouser en juillet 1930 l’instituteur Paul Delanoue et de partir pour l’Indre-et-Loire. Membre de la section départementale de la Fédération unitaire de l’enseignement, en 1926, elle devint secrétaire du Groupe de Jeunes instituteurs de Loir-et-Cher et en 1928 fut responsable de la Commission féminine de la région orléanaise de la CGTU. Elle militait aussi dans le Groupe féministe de l’enseignement préconisant un plus grand investissement des femmes dans l’activité syndicale et prenant en compte les revendications féministes de la FUE. D’abord proche des anarchistes, elle adhéra au Parti communiste en 1929 et devint trésorière du rayon de Blois (1929-1930).
En Indre-et-Loire, institutrice à Saint-Senoch puis à Dierre, Marianne Delanoue milita dans la section départementale du syndicat unitaire puis du Syndicat national des instituteurs d’Indre-et-Loire. Elle participa aux congrès des deux organisations. Active au moment du Front populaire, elle militait dans le mouvement Amsterdam-Pleyel et participa à la solidarité avec les républicains espagnols. Membre du conseil syndical, de son bureau, de la commission pédagogique et de la commission des fêtes, élue déléguée du personnel au Conseil départemental de l’Enseignement primaire en 1938, elle fut révoquée de cette fonction après la signature du Pacte germano-soviétique. Elle fut, avec son mari, déplacée d’office pendant la guerre dans un autre poste au Louroux (Indre-et-Loire) en décembre 1940, puis en Vendée en août 1941.
Marianne Delanoue, résistante sous le pseudonyme de "Claudine", participa à la reconstitution clandestine du syndicat des instituteurs et à toutes ses activités. Présente à Paris pendant l’insurrection d’août 1944, elle fit partie du collectif qui occupa le ministère de l’Éducation nationale. L’École libératrice en septembre 1944 la présentait comme membre du Comité directeur du syndicat clandestin dans un appel à constituer un Syndicat national des instituteurs.
Après la Libération, Marianne Delanoue devint journaliste à La Vie ouvrière dont son mari était rédacteur en chef. Elle participa à l’organisation des Commissions féminines d’entreprises de la CGT. Lors du congrès national du SNI, le 28 décembre 1945, dans son intervention, elle préconisait de favoriser le militantisme féminin par la création des commissions féminines
Marianne Delanoue, n’obtenant pas son exeat, reprit son métier d’institutrice comme suppléante dans le XIIe arrondissement puis à Joinville. Secrétaire de la sous-section de Joinville en 1948, élue de la tendance Unité et Action au conseil syndical de la Seine du SNI (1948-1952), elle devint la responsable de la Commission des roustaniennes puis de la commission féminine. Adhérente de la FEN-CGT, elle siégeait en 1948 à sa commission administrative nationale. Devenue professeur d’enseignement général (Lettres) en 1952 au cours complémentaire de Nogent-sur-Marne, puis dans le XIIe arr., dans un collège d’enseignement général, elle y enseigna jusqu’à sa retraite en 1964. Élue en 1951 au Conseil départemental de l’enseignement primaire de la Seine au titre de la sixième circonscription (arrondissement de Sceaux), pour protester contre la politique répressive et antilaïque du gouvernement, elle démissionna avec les autres élus du SNI. Elle fut réélue comme candidate, le 25 janvier 1954. Elle siégea jusqu’en 1958. Elle fut aussi déléguée du personnel à la commission paritaire académique départementale.
Parallèlement, Marianne Delanoue, membre du secrétariat de la section communiste de Nogent-sur-Marne, fut élue en 1959 conseillère municipale. Par la suite, habitant Paris, elle devint puis du bureau de la section communiste Place des Fêtes dans le XIXe arrondissement. Elle fut la secrétaire en 1957 du comité de la paix de Nogent-sur-Marne et, en 1960, de celui de la Place des Fêtes de Paris.
De 1964 à 1966, Marianne Delanoue assura le secrétariat de rédaction de la revue Dialogues universitaires, organe de l’Union française universitaire. Par la suite, le couple, qui avait eu deux enfants, habitait, Tours (Indre-et-Loire) et elle participa à diverses activités militantes. Elle entra après le décès de son mari au centre gériatrique de la Mutuelle générale de l’éducation nationale, La Chimotaie, à Cugand (Vendée).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21936, notice DELANOUE Marianne [née MORIET Yvonne, France, Marianne] par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 9 novembre 2016.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F 17/17778. — Presse syndicale. — Notice DBMOF, par J. Maitron. — Notes de Robert Hirsch et de Julien Veyret. — Renseignements fournis par l’intéressée.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément