LABROUSSE Maurice, François

Par Michel Thébault

Né le 5 mars 1923 à Longchamp-sur-Aujon (Aube), exécuté sommairement le 15 juillet 1944 à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne) ; militaire, élève-garde ; résistant AS de la Creuse et en Haute-Vienne.

Maurice Labrousse était le fils de Joseph Labrousse (né le 29 septembre 1888 à Saint-Bonnet-de-Bellac), cultivateur et d’Angèle, Germaine Thouraud ‘née le 11 décembre 1894 à Saint-Sornin-La-Marche (Haute-Vienne), couturière. Son père après son service militaire de 1909 à 1911 au 49ème régiment d’Artillerie de Poitiers, devint domestique dans l’Aube à Longchamp-sur-Aujon. Mobilisé le 1er août 1914, il fit toute la première guerre mondiale dans l’artillerie. Il épousa avant la fin de la guerre à Saint-Sornin-La-Marche, le 21 septembre 1918 Angèle Thouraud. A sa démobilisation le 28 juillet 1919, le couple s’installa à Longchamp-sur-Aujon, où naquirent leurs trois premiers enfants, Hubert en 1920, Maurice en 1923 et Roland en 1927. La famille revint alors s’installer à Saint-Bonnet-de-Bellac où naquit Marie-France en 1928. Au recensement de 1936, la famille résidait au lieu-dit Les Loges de Saint-Bonnet où Joseph Labrousse exerçait avec ses fils les plus âgés la profession de cultivateur. Maurice Labrousse après sa scolarité primaire et l’obtention du certificat d’études travailla au début des années 40 avec son père.
Le 6 juin 1944, à l’annonce du débarquement allié en Normandie, Maurice Labrousse se rendit à la ville voisine de Bellac (Haute-Vienne), à la caserne du 2ème escadron du 5ème régiment de la garde et demanda à s’engager. Il fut accepté comme élève-garde. Dès le lendemain 7 juin, il rejoignit l’École de la Garde de Guéret. Le 7 juin 1944 les maquisards attaquèrent la ville de Guéret : les élèves de l’École de la Garde ainsi que la plupart de leurs cadres se rallièrent à la Résistance et participèrent aux combats pour libérer la ville. Le 9 juin, la ville retomba à nouveau aux mains de l’ennemi après de violents combats et les résistants qui parvinrent à s’échapper repassèrent alors au maquis dans les collines et forêts de la Creuse. Au début de juillet 1944, l’escadron 2/5 auquel appartenait Maurice Labrousse était cantonné clandestinement à une quinzaine de kilomètres au nord de Bourganeuf.
A partir du 15 juillet 1944, les troupes allemandes de la brigade Jesser ratissèrent méthodiquement le secteur afin de localiser et détruire les poches de résistance : de sanglants combats opposèrent l’armée allemande aux éléments du 2/5, notamment les 17 juillet 1944 à Boissieux et 19 à Villatte. Maurice Labrousse parti en mission au volant d’un véhicule le 15 juillet 1944 fut intercepté à La Croix-du-Breuil, au nord du village de Bessines-sur-Gartempe, carrefour entre la nationale 20 et une route départementale venant de la Creuse voisine et se dirigeant vers Châteauponsac et Bellac. Il fut (selon le site Mémoire des Hommes) fusillé par les Allemands. Sa camionnette fut retrouvée incendiée. D’abord inhumé à Saint-Dizier-Leyrenne (Creuse) avec ses camarades de la Garde morts les jours suivants, son corps fut transféré après la guerre au cimetière municipal de Saint-Bonnet-de-Bellac.
Il obtint la mention mort pour la France le 11 octobre 1945 et fut homologué FFI. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Bonnet-de-Bellac. Il est également inscrit à Guéret sur le Mémorial de la Résistance creusoise ainsi que sur la plaque commémorative des Anciens de l’École de la Garde, caserne Bongeot. Il figure enfin (prénommé François, son second prénom) sur le monument commémoratif de la résistance dans le jardin d’Orsay à Limoges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219588, notice LABROUSSE Maurice, François par Michel Thébault, version mise en ligne le 17 octobre 2019, dernière modification le 26 avril 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Vienne (état civil, registre matricule, recensements) — SHD Vincennes GR 16 P 326158 et SHD Caen AVCC Cote AC 21 P 65919 (à consulter) — Site internet de l’École de la Garde, hommage à Maurice Labrousse, le 7 juin 2018 au mémorial de la résistance creusoise — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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