MONIER Jean, Étienne, Robert [pseudonymes dans la résistance : Robert, Lefèvre, Saint-Quentin, Lesure]

Par Patrick Bec

Né le 3 juillet 1902 à Riom-ès-Montagnes (Cantal), exécuté sommairement le 9 juillet 1944 à à Riom-ès-Montagnes, mort surlendemain) ; architecte ; chef de la Résistance de Riom-ès-Montagnes au sein des forces françaises de l’intérieur (FFI).

Robert Monier était le fils de Jacques Monier, marchand voyageur, colporteur, né le 18 février 1860 à Riom-ès-Montagnes, marié à Riom le 14 août 1888 avec Marguerite Delmas, marchande voyageuse née à Apchon (Cantal) le 20 mars 1869. Il avait au moins un frère, marié. Ingénieur de travaux publics, architecte à Riom-ès-Montagnes, il s’était marié à Trizac (Cantal) le 29 octobre 1932 avec Jeanne, Eugénie, Alice Decombre, née le 27 avril 1910 à Tulle (Corrèze).

Officier de réserve, il avait rejoint la Résistance FFI dans le Corps Franc "Greco" depuis avril 1944. Il était le chef de la Résistance locale et participait le 9 juillet à l’hôtel Dexpert à Riom-ès-Montagnes, à une réunion importante des chefs de la Résistance à laquelle assistaient également le commandant René Grégoire "Urbain", chef de l’AS du Cantal, le commandant Chastang, chef responsable de l’arrondissement de Mauriac, le commandant Oswald "Olivier", en mission et Arthur Athènes "Greco". Ils devaient préparer l’entrevue du 13 juillet à La Forestie de Chalvignac destinée à fixer le remaniement de la Région Auvergne. Dans la matinée, la ville est traversée par une colonne allemande qui, venant de la vallée de Brezons (Cantal), se rendait à Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) où un accrochage important avait opposé occupants et résistants.

Eugènes Martres précise qu’il s’agissait du détachement désigné par les Allemands "groupe Coqui" et qui comprenait le 2è bataillon du 1000è régiment de sécurité (3 ou 4 compagnies), le détachement de reconnaissance 1000 (2 ou 3 compagnies) et 3 compagnies de Volga-Tatars, environ 1200 hommes, mais il n’est pas certain que toutes ces unités aient bien participé à l’action.

La Vaissière détaille le drame qui s’est déroulé ce dimanche 9 juillet 1944 : « Leurs voitures étaient alignées devant la porte. L’alerte n’avait pas pu être donnée à temps. Quelques jeunes essayèrent pourtant de fuir avec leurs voitures ; mais les mitrailleuses allemandes entrèrent en action et les voitures durent être abandonnées, tandis que leurs occupants cherchaient à se cacher derrière les maisons ou les talus. Deux d’entre eux, se postant près du transformateur situé au Couderc, eurent le courage de tirer sur les Allemands. L’un, René Laurent, de Lempdes, âgé de 25 ans, fut tué. L’autre, un jeune de la région de Clermont, seulement blessé, put s’enfuir. Quelques minutes plus tard, les voitures qui n’avaient pu échapper sautaient à la dynamite. Cependant la situation des chefs surpris à l’hôtel comportait les plus grands dangers. le commandant René Grégoire (dit Urbain), ingénieur au barrage de Saint-Étienne-Cantalès (Cantal), dont la femme a été depuis déportée en Allemagne, et M. Monier, architecte, chef de la Résistance de Riom, tombèrent sous les balles quelques minutes après être sortis de l’hôtel, sur la pente au sud de Riom. Le premier fut tué sur le coup ; le second ne mourut que le lendemain. En essayant de fuir, ils voulaient surtout mettre à l’abri des papiers qui concernaient la Résistance. »

Robert Monier fut abattu le 9 juillet et mourut de ses blessures le 10 juillet 1944 à son domicile rue des 4 frères à Riom-ès-Montagnes. Il avait 42 ans. Son décès a été considéré comme un crime de guerre.
Son nom est gravé sur le monument aux Morts de Riom-ès-Montagnes ainsi que sur la stèle du Sard près du château d’eau où il fut abattu. Il a été promu commandant à titre posthume et décoré de la légion d’honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219674, notice MONIER Jean, Étienne, Robert [pseudonymes dans la résistance : Robert, Lefèvre, Saint-Quentin, Lesure] par Patrick Bec, version mise en ligne le 21 octobre 2019, dernière modification le 26 avril 2021.

Par Patrick Bec

SOURCES : SHD Vincennes, dossier de résistant de Jean Étienne Rober Monier : GR 16 P 426172 (nc) .— AVCC, dossier Jean Étienne Rober Monier : AC 21 P 90760 (nc) .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 193 et 908 W 508. Crimes de guerre à Riom-ès-Montagne .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007 .— Mgr de La Vaissière, Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour, Imprimerie Clavel, Saint-Flour 1944 . — Archives Départementales 15 (État civil, recensement). — MémorialGenWeb

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