BERGER-POULAT Henri (alias Berger)

Par Frédéric Stévenot

Né le 28 août 1897 à Lyon (IIe arr., Rhône), mort en déportation le 15 mars 1945 ; apprêteur, plâtrier, peintre en bâtiment ; marié ; résistant déporté.

Marie Chabert, domestique âgée de vingt-trois ans, née à Lamure-sur-Azergues (Rhône), demeurant au 42 Montée des Carmélites, accoucha d’un garçon au 1 rue de la Charité, qu’Antoine Ardaillon et Léon Fayard, employés à la Charité, déclarèrent à la mairie du 2e arrondissement. Il lui fut donné le prénom d’Henri. L’enfant fut reconnu par sa mère par acte passé dans la même mairie le 11 septembre suivant. Il fut légitimé lors du mariage de Marie Chabert et Henri Berger-Poulat, boulanger né à Saint-André-le-Gaz (Isère) le vingt-six décembre 1871, enregistré à Lyon (1er arrondissement) le 22 mars 1898. Le père adoptif demeurait alors à Lyon, au 31 rue de Saint-Cyr, et précédemment au 42 Montée des Carmélites. Marie Chabert déclara alors être ménagère demeurant à cette dernière adresse.

Henri Berger-Poulat fils était apprêteur au moment de son recensement militaire. Il vivait à Lyon, au 9 place Lieutenant-Morel (1er arr.). Il s’engagea volontaire pour quatre ans le 10 novembre 1915 à la mairie du premier arrondissement de Lyon, au titre du 4e régiment de chasseurs d’Afrique. Il arriva au corps le 25 novembre suivant. Il passa au 8e régiment de chasseurs d’Afrique le 8 octobre 1916, puis au 6e le 3 septembre 1917, et au 2e le 6 novembre 1917, au 4e le 19 mai 119. Il fut réaffecté au 2e chasseurs d’Afrique à Tarascon le 30 juillet suivant. Il fut enfin envoyé en congé de mobilisation le 27 septembre 1919 par le 8e chasseurs stationné à Orléans.
Les campagnes d’Henri Berger-Poulat comprirent la Tunisie « en guerre », du 25 mars 1915 au 1er mai 1916, l’Orient, du 2 mai 1916 au 2 septembre 1917, l’Allemagne, du 3 septembre 1917 au 12 novembre 1918 (« aux armées »), puis du 13 novembre 1918 au 27 septembre 1919 (« intérieur »), avant d’être démobilisé.
Le 23 août 1920, il résidait à Orléans, au 288 rue du Général-Baumier. Le 30 janvier 1921, il était au 25 rue des Tuileries à Périgueux, avant de s’établir à Moreuil (Somme), le 11 juin suivant, dans la Vallée-Campion.
Il se maria à Montargis le 22 février 1919, avec Marie Eugénie Catherine Gorlier, née à Moreuil en 1898.

Le 1er juin 1921, Henri Berger-Poulat arrive au 13e régiment de chasseurs à cheval. Le 10 août 1923, il rejoint le 10e régiment du génie. Il est réformé temporaire par la commission de réforme de Lyon, statuant le 22 février 1927, pour accès légers de paludisme, ce qu’elle confirme le 13 décembre suivant. Il fut affecté au centre de mobilisation du génie n° 10, le 12 mai 1928. Il rejoint ensuite le centre de mobilisation d’artillerie n° 15 le 1er mai 1929. La commission de réforme de Lyon le maintient au service armé, lui reconnaissant toujours un « reliquat de paludisme ».
Entre temps, Henri Berger-Poulat résida à Lyon (1er arr.), au 36 cours des Chartreux (22 juin 1925) puis au 9 place Lieutenant-Morel (5 juin 1928). Le 29 août 1932, il déclara résider chez un dénommé Champagneux à Chambéry (Savoie). Enfin, il s’établit définitivement à Lyon, au 46 quai Pierre-Seize, le 2 juin 1934.

Rappelé à l’activité le 3 septembre 1939 au centre mobilisateur d’artillerie n° 15, il est affecté le même jour à la 153e section de 65 porté du 151e régiment régional. Il est démobilisé le 9 juillet 1940, et dégagé des obligations militaires le 10 novembre suivant.
Henri Berger-Poulat a servi dans les forces françaises de l’intérieur, au titre du GF de l’Armée secrète de Lyon, du 6 mai au 6 décembre 1943 (certificat d’appartenance n° 02 603, daté du 3 juillet 1948). Il est ensuite reconnu comme déporté résistant’=(carte de déporté n° 10150777 ; certificat de validation n° 1248 du 19 février 1953) du 6 décembre 1943 au 15 mars 1945, date de sa mort.

Quand il fut arrêté puis déporté, Henri Berger-Poulat était marié à Charlotte Berger-Poulat. Malgré certaines sources, il n’a aucun lien avec les résistants arrêtés à Hirson (Aisne) dans la nuit du 4 au 5 juin 1944 ; la confusion est faite avec Henri Poulat. Il fut en effet du convoi parti de Compiègne le 27 janvier 1944 (I.173) vers le KL Buchenwald. 1 583 hommes furent déportés, dont 1 415 Français. Trois évasions eurent lieu à Vitry-le-François (Marne), réussies. Arrivés le 29 janvier, les hommes furent répartis en différents endroits, dont Dora, Bergen-Belsen, etc.

Henri Berger-Poulat reçut le matricule 43964. Il fut affecté à Dora, puis au Kommando de Sangerhausen, installé à une quarantaine de kilomètres à l’est de Nordhausen et dépendant du camp de Dora. Il fut ensuite déplacé au Kommando d’Ellrich, dépendant également du camp de Dora. Il était constitué de bâtiments abandonnés d’une fabrique, avec un vaste terrain en friche, au sud de la ligne de chemin de fer de Herzberg à Nordhausen, à hauteur de la gare de la petite ville d’Ellrich. Entre mai et septembre 1944, on évacue vers Ellrich des milliers de détenus pour travailler sur des chantiers dépendants du Sonderstab Kammler, qu’il s’agisse du creusement de galeries souterraines ou de tous les travaux de génie civil en surface. C’est là qu’Henri Berger-Poulat mourut, le 15 mars 1945.

L’un des documents le concernant indique que différents produits furent appliqués sur sa deuxième incisive supérieure, droite, en juillet 1944 : du chrome et chloroforme (4 juillet) ; un deuxième traitement illisible (6 juillet) ; du chlore de combat (les 12 et 17) ; et un dernier traitement illisible (le 21). Rien n’indique que cela ait été fait dans un but curatif ou à titre d’expérience.

« Mort en déportation », Henri Berger-Poulat fut reconnu « mort pour la France » (AC 21 P 20345) à titre militaire. Il fut homologué comme déporté et interné de la Résistance, et membre des FFI (Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 49834). La médaille de la Résistance lui fut attribuée par décret du 31 mars 197 (JO du 26 juillet 1947). Le décret du 9 juin 1987 autorise l’utilisation de la mention « mort en déportation » sur les actes concernant Henri Berger-Poulat (JO du 6 août 1987, p. 8 883).
Le nom d’Henri Berger-Poulat ne semble figurer sur aucun monument.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219722, notice BERGER-POULAT Henri (alias Berger) par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 18 février 2020, dernière modification le 18 février 2020.

Par Frédéric Stévenot

SOURCES. SHD Caen, et Vincennes. Arch. dép. Rhône, 1 RP 1841 (feuillet 276 et suiv.). Arch. mun. Lyon, registre des naissances du 2e arr., 1897 ; reg. des mariages, 1898, 2E1766. — Sites internet : Fonds pour la mémoire de la déportation ; Mémorial de Compiègne ; collections Arolsen ; Les morts dans les camps ; Geneanet.

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