DELBOY Georges, Jean

Par Alain Dalançon

Né le 25 octobre 1919 à Paris (VIe arr.) ; professeur de lettres modernes ; militant du SNCM puis du SNES, membre de la CA nationale et de la CA du S3 de Paris.

Congrès du SNES 1952
Congrès du SNES 1952
(coll. IRHSES)

Enfant unique, Georges Delboy fit ses études au « petit lycée » Fénelon, où ses parents étaient agents, puis au « grand lycée » Henri IV. Il obtint le baccalauréat littéraire en 1938 et commença des études de droit afin de préparer le concours des administrateurs civils. Mais il ne persista pas longtemps dans cette voie et se réorienta vers la préparation d’une licence de lettres à la Sorbonne.

Mobilisé en mai 1940 dans le 20e Régiment de dragons, replié avec son unité sur Vienne, Delboy se retrouva à Eymoutiers au moment de l’armistice. Affecté dans un chantier de Jeunesse dans le Jura jusqu’en février 1941, il revint à Paris pour terminer sa licence de lettres. Pour payer ses études, il effectua des remplacement comme répétiteur à Paris, puis demanda à la rentrée 1942 un poste d’instituteur et obtint un poste de professeur adjoint au lycée Charlemagne pour enseigner en fait à Lavoisier. Réfractaire au Service du travail obligatoire en 1943, il obtint des faux papiers par l’entremise de Clara Malraux et, sous le pseudonyme de Jean Daby, se réfugia en province, où il vécut grâce à des leçons particulières.

Titularisé professeur de collège moderne à la Libération, Georges Delboy fut nommé au collège de Mirepoix (Ariège) en 1945-1946. L’année suivante, il fut affecté au collège de Nogent-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne), dont Gustave Pacquez, le secrétaire général du Syndicat national des collèges modernes, était le directeur. À la rentrée 1948, il fut muté au lycée Turgot de Paris, où il termina sa carrière en 1975 en tant que professeur agrégé, ayant bénéficié de la promotion interne. Il se maria à l’église en décembre 1952 à Paris (XIVe arr.) avec un professeur d’enseignement ménager. Le couple eut deux enfants.

Dès sa jeunesse, Georges Delboy fut sensibilisé à la politique : son père, d’opinions socialistes, adhérait au syndicat des agents affilié à la FGE et la CGT ; lui-même s’intéressa à l’activité politique estudiantine dans le Quartier latin et, adolescent, participa aux défilés du Front populaire ; en 1938, au moment de son entrée en faculté, il se sentait proche des idées de Gaston Bergery.

Durant l’Occupation, sympathisant de la Résistance, il ne s’engagea cependant pas dans un réseau ou un mouvement. Après la Libération, sympathisant communiste, il n’adhéra jamais au PCF.

Sans vraiment l’avoir cherché, il fut élu délégué du Syndicat national des collèges modernes pour le département de l’Ariège au premier congrès national du syndicat de 1945 et devint membre de sa commission administrative nationale, à une époque où les clivages de sensibilité politico-syndicale n’étaient pas encore affirmés. Il se rapprocha cependant vite des militants ex-unitaires connus, Pierre Brasseul, Raymond Boval et Marguerite Raberin, qui constituaient une sorte d’opposition à la direction très autoritaire de Pacquez. Avec eux, il mena en 1948 la bataille à l’intérieur du SNCM pour le maintien à la CGT, alors que la majorité des syndiqués consultés se prononçait pour l’adhésion à la CGT-FO, suivant la préférence de Pacquez, le SNCM étant le seul syndicat de la FEN à faire un tel choix.

Après la fusion du SNCM et du SNES en 1948-1949, qui donna le SNES (classique et moderne) au congrès de Pâques 1949, Georges Delboy fut élu, en tant que cégétiste, suppléant à la CA nationale du nouveau syndicat sur la liste commune des collèges modernes puis les années suivantes jusqu’en 1954, titulaire au titre de la catégorie des certifiés sur la liste B. Proche de Louis Guilbert, le leader de la tendance « B » du SNES, il milita activement dans la FEN-CGT dont il fut membre de la CA nationale, mais fut très déçu par l’appel du bureau politique du PCF de janvier 1954 demandant aux instituteurs de quitter la FEN-CGT, ce qui équivalait à ses yeux à un arrêt de mort de la double affiliation.

L’année 1954 fut donc la dernière année où Georges Delboy siégea à la CA nationale du SNES. Il n’en resta pas moins un militant dévoué de la tendance « Unité et Action », quand elle commença à s’organiser à partir du début des années 1960, dans la section académique (S3) de Paris. Membre de sa CA, il représenta pendant longtemps le SNES au Conseil académique, notamment dans la commission des affaires contentieuses, où il eut à défendre l’enseignement public face à l’offensive du privé et à dénoncer les négligences de l’État et de la Ville de Paris qui se rejetaient la propriété du lycée Turgot. Georges Delboy milita surtout dans la section de son établissement (S1) jusqu’à sa retraite et notamment lors des événements de 1968.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21992, notice DELBOY Georges, Jean par Alain Dalançon, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 30 décembre 2018.

Par Alain Dalançon

Congrès du SNES 1952
Congrès du SNES 1952
(coll. IRHSES)
Lycée Turgot 1955
Lycée Turgot 1955

SOURCES : Arch. IRHSES (Fonds SNCM, SNES, S3 de Paris, CA). — Bulletin du SNCM, L’Université syndicaliste, L’action syndicaliste et universitaire. — Interview de G. Delboy par A. Dalançon et A. Drubay en 2000.

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