PENACHE René, Prosper, Emile

Par Michel Thébault

Né le 2 décembre 1925 à Saint-Quentin-La-Chabanne (Creuse), exécuté sommairement le 27 juillet 1944 à Chard (Creuse) ; lycéen ; résistant maquis AS de la Creuse, bataillon Jack.

René Penache était le fils d’Édouard, Joseph Penache (né le 20 janvier 1902 à Saint-Quentin-La-Chabanne), serrurier et de Marie, Eugénie Ratier (née le 5 décembre 1902 à Poussanges, Creuse), employée des Postes et Télégraphes. Ses parents s’étaient mariés à Poussanges le 1er juin 1925 et René fut leur fils aîné. Après sa scolarité primaire et l’obtention du certificat d’études, il devint élève pour ses études secondaires du lycée de garçons de Guéret (Creuse). Il obtint son baccalauréat en juin 1944. Selon l’historien Marc Parrotin (Mémorial de la Résistance creusoise, op. cit. page 94), il avait adhéré au lycée au printemps 1944 aux FUJP (Forces Unies de la Jeunesse Patriotique). A l’été 1944 il revint, pour les vacances, dans sa famille, à Saint-Quentin-La-Chabanne, où son père tenait au bourg un garage et exerçait la profession de mécanicien et de maréchal-ferrant.

Début juillet, René Penache, célibataire âgé de 18 ans, répondit à la réquisition proclamée par le commandant Jack de l’AS de sa propre autorité dans tout le secteur, pour les classes 39 à 45, parfois sous la contrainte et les menaces. Le 6 juillet 1944 le tambour municipal annonça dans le village la mobilisation générale des classes 1939 à 1945. René Penache s’engagea alors avec plusieurs camarades du même village, dans la Résistance, rejoignant dans l’est de la Creuse un maquis de l’AS appartenant au bataillon Jack cantonné d’abord à Busserolles puis après la mi-juillet dans plusieurs hameaux de la commune de Chard (près de la limite du Puy-de-Dôme). A ce moment-là, des éléments de la brigade Jesser, entrèrent en Creuse en provenance des départements voisins du sud et de l’est pour organiser la répression contre les forces de la Résistance. Le 15 juillet lors d’une opération au nord d’Aubusson, les troupes allemandes incendièrent les villages d’Alleyrat et de La Rochette. Les jours suivants une série d’attaques contre les maquis d’Alleyrat et de Blessac contraignit les unités désorganisées à se replier et à se regrouper à Chard avec d’autres unités du bataillon Jack autour du poste de commandement. L’action des services de renseignements allemands aidés de reconnaissances aériennes permit à l’État-major allemand de localiser précisément les maquis et de préparer une opération d’encerclement et d’anéantissement qui se produisit le 27 juillet 1944. Le ratissage des forces allemandes leur permit la capture de plus d’une vingtaine de résistants.
René Penache appartenait au groupe franc chargé de la protection du PC du commandant Jack. Lors de l’attaque, ce dernier prit rapidement la fuite avec l’ensemble de son état-major. René Penache se retrouva dans un groupe de 11 jeunes maquisards du groupe de protection, isolés, peut-être égarés, et de toute façon laissés sans commandement. Le groupe fut incapable de trouver la solution du repli et fut encerclé dans un champ de blé où les 11 jeunes durent se rendre. Regroupés, ils furent transportés en camion et exécutés sommairement. René Penache et ses 10 camarades furent fusillés, sur le sentier de la Goursole près du massif forestier du même nom. Son corps fut ramené le 26 octobre 1944 à Saint-Quentin-la-Chabanne (Creuse) pour des obsèques officielles en même temps que celui de trois de ses camarades tués le même jour, Emmanuel Evangelisti, Jean-Baptiste Ferrand et Maurice Molès. Il repose depuis lors au cimetière municipal de Saint-Quentin-la-Chabanne
Il obtint la mention mort pour la France et fut homologué FFI. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Quentin-la-Chabanne. Il figure également sur le monument commémoratif de Chard et sur le mémorial de la Résistance creusoise à Guéret.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219947, notice PENACHE René, Prosper, Emile par Michel Thébault, version mise en ligne le 28 octobre 2019, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Creuse (Etat civil, dossier Jack 107 W 11) — SHD Vincennes GR 16 P 464729 et SHD Caen AVCC Cote AC 21 P 97377 (à consulter) — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Actes du colloque La vie quotidienne dans les maquis Ed. CREDI 2017. Communication de Christophe Moreigne Printemps – été 1944 dans le sud-est creusois : des « volontaires » requis sous la contrainte ? — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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