BENEST Paul, Henri alias Dubois

Par Michel Germain

Né le 23 décembre 1924 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), abattu le 24 mars 1944 à Arâches-la-Frasse (Haute-Savoie) ; résistant FTPF.

Issus d’une famille protestante, Paul et son frère Pierre, à l’image de leur frère aîné, un jeune saint-cyrien, n’acceptèrent pas l’occupation allemande. Et c’est ainsi qu’on les retrouva dans l’un des maquis en formation aux Glières, à l’image du lieutenant Simon* en juin 1943. Décidés à se battre, les deux frères furent recrutés par le chef F.T.P. local, Marcel Lamouille, qui les mit en contact avec le chef du sous-secteur F.T.P. Cochard. Celui-ci les envoya dans le Chablais, où ils furent réceptionnés à Margencel par le boulanger Marius Bouvet* qui les hébergea plusieurs semaines. Pris ensuite en main par Alexandre Néplaz, ils participèrent à plusieurs actions qui leur valurent, sous le sobriquet de « tandem », la réputation de tueurs très décidés. A la suite d’une action contre la gendarmerie de Douvaine, le 26 novembre 1943, ils durent quitter le Chablais et ils rejoignirent alors la région de Cluses.
Les deux frères se séparèrent. Paul fut nommé chef de la compagnie F.T.P. 93-04 dite Patrouille blanche, installée près du village de Châtillon. Les actions de ce groupe alertèrent les forces du Maintien de l’ordre, qui vont tout faire pour mettre un terme à ces activités.
Le 21 mars, un groupe de cette patrouille, en opération à Taninges, fut surpris par des G.M.R. et quatre jeunes furent arrêtés dont Lauro Tassile*, qui fut condamné à mort par la cour martiale et fusillé. Paul et le reste de son groupe se replièrent sur le village des Carroz-d’Arâches (commune de Arâches-la-Frasse) et s’installèrent dans la gare supérieure du téléphérique, d’où les G.M.R. ne pouvaient les déloger. Mais un officier de G.M.R. avait obtenu par la torture d’un des prisonniers fait le 21 mars, le mot de passe lui permettant de contacter Paul. Le 23 au soir, se faisant passer pour un officier parachuté, qui avec d’autres chercher à prendre contact, il lui téléphona depuis la gare inférieure du téléphérique et les deux hommes prirent rendez-vous pour le lendemain.
Tôt le matin, Paul Benest, René Tassile* et Philippe Vallée* descendirent en skis au rendez-vous. Cachés à l’intérieur d’une maison voisine, les G.M.R. les laissèrent approcher avant de les abattre au FM, sans sommations. Les représentants de l’ordre quittèrent rapidement les lieux laissant deux cadavres et René Tassile, qui agonit pendant 2 heures dans la neige.
Le 25 mars, l’O.F.I., Office français d’information, voix officielle de Vichy, publia un communiqué dans lequel il s’efforçait de salir la mémoire de ces jeunes, présentant Paul Benest comme un bandit, auteur de nombreux crimes. Mais la population des Carroz d’Arâches ne s’y trompa pas en se rassemblant derrière le maire lors des funérailles des trois patriotes. Le premier magistrat fut révoqué par le Préfet sur ordre de Vichy.
Paul Benest, un jeune de 20 ans, est « Mort pour la France », (dossier n° 525 135). La mention « Mort pour la France » figure sur l’acte de décès en mairie d’Arâches. Une stèle à la mémoire de ces trois résistants a été élevée dans la commune, près de l’endroit où ils trouvèrent la mort. Il fut homologué IR.
Le corps de son frère Pierre* sera retrouvé dans le charnier de Saint-François à Annecy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article219980, notice BENEST Paul, Henri alias Dubois par Michel Germain, version mise en ligne le 29 octobre 2019, dernière modification le 25 juin 2021.

Par Michel Germain

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — Mémoire des Hommes. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 46863 et Caen SHD/ AC 21 P 706368 (nc).

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