VALADE Henri

Par Rémy Gaudillier

Né le 9 février 1916 à Damparis (Jura), mort le 22 juin 1973 ; électricien Solvay ; militant CGT, trésorier puis secrétaire du syndicat CGT Solvay à Tavaux (Jura), administrateur de la caisse d’allocations familiales, membre de la commission éxecutive et du bureau de l’UD ; membre du comité directeur de l’ANACR ; résistant ; militant PC, membre du comité directeur du PCF du Jura ; conseiller municipal, maire de Damparis.

Henri Valade naquit dans une famille de quatre enfants de Marie née Putelat, pratiquante occasionnelle et d’un père, Eugène, de sensibilité de gauche, tailleur de pierre à la carrière Solvay à Tavaux (Jura). Après son certificat d’études primaires, il entra tout naturellement comme ouvrier chez Solvay. En 1935, il se maria à Tavaux avec Marcelle Augé, qui lui donna tois enfants et le soutint constamment dans son activité militante.
Dès cette époque membre des jeunesses socialistes, il adhéra au mouvement "Amsterdam Pleyel" et mena l’action contre les deux ans de service militaire. Membre de l’équipe d’affichage, il dut quitter l’usine Solvay lors de la grève générale de novembre 1938 et vécut alors difficilement, travaillant par exemple dans un bar à Dijon. Rappelé de 1939 à 1940, il participa à la Seconde Guerre mondiale. Démobilisé, il s’occupa dès 1941 du syndicat clandestin de l’usine Solvay dont il devint trésorier en 1943. Membre du PCF clandestin dès février 1943, résistant, Henri Valade s’engagea dans les FTP aux côtés du dolois Maurice Pagnon qui, arrêté le 24 février 1944, devait mourir sous la torture le 10 mars.
Avec un groupe de militants ouvriers en contact avec le SOE, il constitua le 10 août 1944 dans la forêt de la Bauche près d’Abergement -la-Ronce le groupe Gabriel-Péri.
Après un accrochage avec des troupes allemandes le 22 août 1944 près de la ferme de la Borde à proximité de Tavaux, le groupe rejoignit le maquis de Sergeneaux et prit part à la libération du secteur de Mouchard. Henri Valade devint de ce fait dès sa création membre du comité directeur de l’ANACR du Jura.
Courant septembre 1944, il négocia avec Camille Marciat et Maurice Didier, en position de force, avec la direction Solvay : les ouvriers licenciés (une trentaine) suite à la grève générale de novembre 1938 étaient tous réintégrés, ceux qui ne le désiraient pas percevaient une indemnité. L’entreprise Solvay cédait à l’organisation syndicale un hectare de terrain pour le franc symbolique en vue de la construction d’un local.
Réintégré, Henri Valade, d’abord trésorier du syndicat CGT, en devint secrétaire dès 1947. Servi par de réelles qualités d’orateur, par une excellente mémoire, il accepta de multiples responsabilités : délégué du personnel, délégué de sécurité, délégué du comité central d’entreprise ; malgré une santé fragile qui le contraignit à de longues périodes de repos en 1956 ou en 1964 par exemple.
Il encouragea la parution de la presse syndicale Le Chimiste Tavellois et la réorganisation syndicale. Trois sections fonctionnaient dès 1954. Déjà administrateur de la mutuelle Solvay, Henri Valade devint membre de la CAF dont il fut vice-président. Secrétaire de l’UL CGT, il intervint à ce titre auprès du préfet le 20 décembre 1949 : la police avait laissé molester deux ouvriers nord africains considérés sans preuve comme responsables d’agressions dont des femmes de Tavaux avaient été victimes. Dès 1950, Henri Valade devint membre de la commission éxecutive et du bureau départemental de la CGT (en tant que secrétaire-adjoint). Cette activité débordante ne lui permit pas de consacrer beaucoup de temps à sa famille. Ses filles pourtant devaient lui présenter leur cahier mensuel.
Communiste, Henri Valade défendit à plusieurs reprises les couleurs du parti lors d’élections : cantonales de 1961 à Chemin, législatives de 1962 (où il fut suppléant d’André Barthélémy). Candidat aux municipales de 1953 à Damparis, il est élu en 1959 et 1965. Tête de liste en 1971, Henri Valade devint maire de Damparis.
Mort à sa tâche le 22 juin 1973, il fut accompagné à sa tombe par près de 2000 personnes, parmi lesquelles le sous-préfet de Dole et le sénateur Gravier. C’était rendre un hommage mérité à un militant ouvrier authentique unanimement estimé et respecté pour son dévouement, sa rectitude, sons sens de l’intérêt général.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article220011, notice VALADE Henri par Rémy Gaudillier, version mise en ligne le 31 octobre 2019, dernière modification le 31 octobre 2019.

Par Rémy Gaudillier

SOURCES : Des moments d’histoire, Fédération nationale des industries chimiques CGT ; Edit VO 1995. — Cahiers Dolois. — LHumanité Dimanche, 4 novembre 1962, élections législatives Jura. — Les Dépêches, 25 juin 1973. — Le Chimiste Tavellois, novembre 1956 et octobre 1964. — Entretiens avec Mme Renée Gaudillier (fille de M. Valade), M. Berthenet (militant CGT Solvay), M. Maurice Faivre-Picon (1er adjoint de M. Valade)

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