SCHWARTZ Hermann

Par Daniel Grason

Né le 17 septembre 1910 à Paris (XIe arr.), mort le 18 septembre 1987 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) ; ajusteur ; communiste ; résistant ; déporté.

Il était le fils de Moïse Schwartz vingt-cinq ans casquettier et de Rachel Ida née Mozestam, vingt-sept ans casquettière. De la classe 1930, il s’engagea cinq ans dans la marine en 1927. Il épousa le 3 juin 1933 en mairie de Bourg-la-Reine Marcelle Henriette Joséphine Quené. Le couple Schwartz vécut 1 rue Marcel-Sembat à l’Hay-les Roses (Seine, Val-de-Marne).
Il adhéra au Parti communiste en 1936, en a été exclu l’année suivante. Militant de la CGT, Hermann Schwartz travaillait à l’usine Le Matériel Téléphonique à Boulogne (Seine, Hauts-de-Seine). Il ne prit pas part aux mouvements de grève de la fin novembre 1938.
En novembre 1940, il devint secrétaire de la section syndicale de la CGT maintenue de l’entreprise. Mais en fait, il militait, remettait des tracts du Parti communiste clandestin à Hippolyte Samson, celui-ci en donnait à Voltaire Gossart qui les diffusait. Furent distribués Le Métallo, La Vie ouvrière, et « le Comité du LMT ». Il remettait des tracts à Hippolyte Samson « Une ou deux fois par mois au maximum. Le nombre de tracts que je remettais à [Hyppolyte] Samson était peu élevé et pouvait atteindre en tout quinze tracts », selon les déclarations qu’il fit ultérieurement à la police.
Un nommé Maurice [Louis Walter] l’accosta en mai ou juin 1940 à l’angle de la rue de Sèvres et de l’avenue de la Reine à Boulogne. Il l’informa qu’un Comité populaire venait d’être créé, il lui demanda s’il voulait distribuer des tracts, il accepta.
Hermann Schwartz a été interpellé le 1er juillet 1941 par quatre inspecteurs de la Brigade spéciale d’intervention (BSi) du commissariat de Boulogne ainsi que Voltaire Gossart et Hippolyte Samson, un quatrième militant Louis Walter échappa à l’arrestation. Il fut interrogé par le commissaire Saint-Royre Après un interrogatoire, tous les trois ont été envoyés au dépôt.
Le 3 septembre 1941 la Section spéciale de la Cour d’appel de Paris le condamna à sept ans de travaux forcés et vingt ans d’interdiction de séjour. Sollicité, le Parquet général estima qu’il n’y avait pas lieu d’intenter contre lui « une action en déchéance de la nationalité française. » Incarcéré dans différentes prisons, il a été transféré le 16 juillet 1942 à la prison de Fontevrault (Maine-et-Loire), puis le 17 septembre 1943 à Blois (Loir-et-Cher). Hermann Schwartz était le 22 mars 1944 au départ de Compiègne dans le convoi de 1218 hommes à destination de Mauthausen (Autriche), le convoi arriva le 25 mars.
Il a été affecté au kommando de travail de Passau à l’est de la Bavière, les détenus montaient des armes, puis au camp de concentration de Flossenburg d’où il fut dirigé au kommando de travail de Zschachwitz où les déportés travaillaient pour la firme Miag, Muehlen/Industrie AG, puis à Leitmeritz qui comptait 5 000 détenus en 1945 travaillant à l’usine Eisabe ou aux constructions Richard. Herman Schwartz a été rapatrié le 1er mai 1945 au départ de Prague en Tchécoslovaquie.
Le Commissaire divisionnaire Saint-Royre comparut du 29 octobre au 31 octobre 1945 devant la Cour de justice de la Seine en compagnie de l’Inspecteur principal adjoint Rouchy son homme de confiance. Il était reproché notamment à Saint-Royre « De s’être montré brutal au cours des interrogatoires, d’avoir toléré les sévices et les privations de nourriture. Enfin d’avoir encouragé la répression en distribuant de nombreuses gratifications au personnel des brigades spéciales d’intervention. »
Les principaux griefs de Saint-Royre s’adressèrent aux communistes. Il s’exclama « C’est une vengeance communiste, parce que j’ai été commissaire à Boulogne et que je suis entré plusieurs fois en contact avec les grévistes. Ils m’en veulent. » Il fut l’un commissaire les plus acharnés dans la répression anticommuniste. Jean-Marc Berlière écrivit : « Saint-Royre a oublié que lutter contre les communistes revenait, à partir de l’été 1941, à servir l’ennemi : un comble pour un ancien combattant au patriotisme ombrageux. » il fut « condamné à vingt ans de travaux forcés, à l’indignité nationale, à la radiation de la Légion d’honneur. »
Hermann Schwartz a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (DIR). Il divorça de son épouse le 29 novembre 1977. Il se remaria avec Hélène Marie Rosalie Morice le 24 juin 1978 en mairie de Brétigny-sur-Orge (Essonne).
Hermann Schwartz mourut le 18 septembre 1987 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article220015, notice SCHWARTZ Hermann par Daniel Grason, version mise en ligne le 2 novembre 2019, dernière modification le 4 novembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/2. – Arch. PPo. CB 83.24 (main-courante du commissariat de Boulogne), BA 1849. – Bureau Résistance GR 16 P 541776. – Les policiers français sous l’occupation, Jean-Marc Berlière avec Laurent Chabrun, Éd. Perrin, 2001, pp. 212-215, 263. – Roger Poitevin, Abbaye-Bagne de Fontevraud 1940-1944, Éd. AFMD 49, 2009. – État civil numérisé de Paris XIe, cote 11N 354, acte n° 3173.

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