MICHAUD Robert, Aimé, Léon

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 2 mai 1913 à Martigna (Jura), exécuté sommairement le 30 juin 1944 à Poids-de-Fiole (Jura) ; cheminot ; résistant des Francs-tireurs et partisans français (FTPF).

Robert Michaud était le fils de Louis Marius et de Lucia Marie Vincent.
Il entra à la compagnie de chemins de fer du PLM le 9 février 1937 comme aide-ouvrier à Lons-le-Saunier (Jura). Pendant l’occupation, il fut sans doute réquisitionné pour aller travailler en Allemagne mais il ne serait pas parti. C’est peut-être à ce moment-là qu’il entra dans la Résistance comme adjoint de Jean Gautheron alias "Nino", responsable FTP du secteur de Lons-le-Saunier (Jura). Il participa à la destruction de la plaque tournante SNCF de Lons le Saunier dans la nuit du 6 au 7 juin 1944 puis avec ses camarades, il gagna le maquis FTP-SOE installé aux Rippes de Blye dont il fut l’un des responsables.
Le 30 juin 1944, avec trois autres résistants dont Robert Couturier, chef du groupe SOE, il se rendit en voiture à Doucier, canton de Clairvaux-les-Lacs, afin d’arrêter un instituteur collaborateur dans le but de le ramener dans leur maquis FTP/SOE pour le juger. Au retour de la mission, au lieu dit "la Bifur", à trois kilomètres du camp d’observation allemand de Publy, ils furent arrêtés en pleine nuit par une patrouille allemande. Les deux responsables Robert Michaud et Robert Couturier furent abattus sur place d’une rafale de mitraillette et leurs corps furent découverts le lendemain, à six heures du matin. Les deux autres résistants, les FTP Armand Meyer, employé aux établissements Bel de Lons-le-Saunier et le cheminot René Guichard, seront internés à la préfecture de Lons avant d’être fusillés à Cuiseaux (Saône-et-Loire) le 13 juillet 1944.
L’acte de décès dressé le 1er juillet fut établi au nom d’un inconnu dont le signalement était le suivant : « âge approximatif trente ans ; taille : un mètre soixante dix : cheveux bruns, visage large rasé ; de forte corpulence ; portant un pantalon noir à rayures, une ceinture noire tressée, une chemise kaki avec brassard vert et rouge marqué des lettres C.F. ; une veste marron dont la poche contenait une montre marquée : G. Poncet Lyon, un peigne noir, deux mouchoirs blancs à rayures violettes portant les initiales B.R. ; le corps portait des chaussures grises et pas de souliers ». Il y a peut-être un lapsus sur l’acte et il faudrait sans doute lire chaussettes et non chaussures.
Son identité fut précisée par un jugement rectificatif de décès du Tribunal civil de Lons-le-Saunier en date du 10 octobre 1944 et transcrit le 6 novembre 1944 à Poids-de-Fiole.
Il obtint la mention « Mort pour la France » transcrite sur l’acte décès.
Le dossier au SHD Vincennes GR 16 P 416589 ne porte pas de mention d’homologation.
Son nom figure sur le monument aux morts, à Martigna, sur la stèle commémorative et le monument commémoratif 1939-1945, à Poids-de-Fiole et sur la plaque commémorative de la SNCF apposée sur la façade de la gare, à Lons-le-Saunier (Jura).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article220025, notice MICHAUD Robert, Aimé, Léon par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 1er novembre 2019, dernière modification le 27 mars 2021.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Cheminots victimes de la répression 1940-1945 Mémorial sous la direction de Thomas Fontaine, éd. Perrin/SNCF, Paris 2017 notice sans nom d’auteur.— François Marcot, La Résistance dans le Jura, éditions Cêtre, Besançon, 1985.— Musée de la Résistance 1940-1945 en ligne, Stèle de la "Bifur", Poids-de-Fiole (Jura) et biographie.— État civil (acte de décès).

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