GUIGARD Henri, Léon

Par Jean-Luc Marquer

Né le 17 août 1909 à Saint-Bonnet de-Chavagne (Isère), sommairement exécuté le 30 juillet 1944 à Charnècles ; facteur des Postes ; homologué Forces françaises combattantes, membre des réseaux EMPTT et MATHILDA

Henri, Léon Guigard état domicilié à Voreppe (Isère).
Il était facteur des Postes à Pommiers-La-Placette (Isère).
Marié, il avait deux filles.

Il s’engagea dans la Résistance, faisant partie du réseau "EM-PTT" et du réseau de renseignement "Mathilda" dépendant de l’OSS .

Le 30 juillet 1944, un groupe d’environ 150 soldats allemands de différentes unités quitta Grenoble (Isère) en empruntant la route nationale 75 en direction de Lyon. Ils convoyaient un groupe de quinze prisonniers extraits de la prison allemande installée dans la caserne de Bonne.
Le convoi fut attaqué par des résistants au niveau de Voreppe (Isère).
Par mesure de représailles, les Allemands pendirent alors quatre de leurs prisonniers et un habitant de Voreppe. Ils exécutèrent également par balles deux cyclistes.

Henri Guigard fut arrêté près de son domicile par des soldats allemands.
Dans un rapport du Mémorial de l’oppression, Joseph Bouffard, habitant de Voreppe, rapporte les faits horribles dont il fut témoin :
« J’ai vu le facteur Guigard Henri, encadré par deux Allemands et conduits devant le portail de la maison Lardière. Ils lui demandèrent à plusieurs reprises où était le maquis. Celui-ci déclarant qu’il l’ignorait, il fut l’objet des pires sévices.
J’ai vu d’abord l’un d’eux le frapper violemment au visage avec une lanière en cuir.
L’infortuné facteur qui cependant était au courant des faits et gestes des maquis de la région fit preuve d’un grand courage et a déclaré à ces brutes qu’il n’avait aucun renseignement.
Ce que voyant, ils le crucifièrent à l’aide de cordes au portail de la maison Lardière, puis le rouèrent de coups, allant jusqu’à le frapper à coups de tisonnier.
Le malheureux qui hurlait de douleur avait le visage ensanglanté et le nez cassé.
Par la suite il l’abandonnèrent à son sort et il perdit connaissance.
J’ai su par la suite qu’il avait été emmené à Charnècles et fusillé avec d’autres otages.
 »

Henri Guigard, ainsi que Victor Perron, arrêté lui aussi à Voreppe, et dix prisonniers amenés de Grenoble furent sommairement exécutés d’une balle de fusil dans la nuque à Charnècles (Isère).

Le dernier prisonnier extrait le matin de la prison de la caserne de Bonne, Georges Coquand, fut exécuté à Beaucroissant (Isère).

Henri Guigard obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué Forces françaises combattantes.

Il fut décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent et de la médaille de la Résistance à titre posthume.

Son nom figure sur le monument érigé sur le lieu du massacre à Charnècles, sur le monument aux morts de Saint-Bonnet-de-Chavagne (Isère) et sur celui de Voreppe.


Voir : Charnècles


Notice provisoire

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article220032, notice GUIGARD Henri, Léon par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 5 novembre 2019, dernière modification le 6 novembre 2019.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression : 3808W 415, 450, 678 et 679 — SHD Vincennes : GR 16 P 276992 (à consulter) — Mémorial GenWeb — notes de Mme Andrée Budillon

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