INCONNU La Buisse (22 avril 1944)

Par Jean-Luc Marquer

Probablement arrêté par des membres de la Milice de Voiron (Isère) ; sommairement exécuté le 22 avril 1944 à La Buisse (Isère).

Dans la nuit du 20 au 21 avril 1944, Ernest Jourdan, chef de la Milice de Voiron (Isère), et sa famille furent exécutés par des membres de la Résistance.
Très probablement en représailles, dans la nuit du 21 au 22 avril 1944, deux hommes, furent sommairement exécutés par des rafales de mitraillette sur le chemin de grande communication n°120, au lieu-dit "Le Gay" situé sur la commune de La Buisse (Isère).

Le procès-verbal établi par la brigade de gendarmerie de Voreppe (Isère) rapporte les éléments suivants : Des coups de feu furent entendus vers minuit trente.
Vers 2h15 du matin, Victor Thomas, requis comme garde-voie, qui allait prendre son poste à la gare de Moirans (Isère), chuta de sa bicyclette en butant sur un cadavre.
En se relevant, il remarqua la présence d’un second cadavre.
Il fit le nécessaire pour que les gendarmes soient prévenus.
Ceux-ci, arrivés sur les lieux, constatèrent que l’une des victimes avait été exécutée d’une rafale d’arme automatique tirée verticalement dans le dos des fesses à la tête.
Le second cadavre était lui aussi criblé de balles dont l’une, tirée par derrière, avait traversé la tête.
Des douilles de calibre 7,65 furent trouvées sur les lieux.
La description soigneuse des victimes fut complétée par l’examen d’un médecin légiste qui se rendit à La Buisse avec des représentants du Parquet de Grenoble.
La première victime fut décrite ainsi :
« Taille 1m65, cheveux châtain, visage rond, menton rond, vêtu d’une veste grise à rayures marron, pantalon bleu à rayures blanches, chaussé de souliers de fatigue en bon état, porteur de chaussettes grises en rayonne et d’une chemise de couleur gris-clair.
Signes particuliers : Calvitie frontale très prononcée, légèrement chauve. Porte sur l’avant-bras droit un tatouage fait de deux triangles juxtaposés et l’inscription 1904 ; sur l’avant-bras gauche un cœur percé d’un sabre. Âge présumé : 40 ans. »
À l’exception d’un peu de monnaie, rien ne fut trouvé dans ses vêtements.
Son identité reste à ce jour inconnue.
La seconde victime fut identifiée par la suite comme étant Eugène
Hernandez
.

Le rapport de gendarmerie indiquait aussi que le médecin légiste affirma que les deux victimes étaient de " race Israëlite ", sans préciser sur quoi il basait cette assertion.

La première victime, restée inconnue fut enterrée dans le cimetière communal de La Buisse.

La mention "Un inconnu" figure sur le monument aux morts de La Buisse pour la période 1939-1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article220146, notice INCONNU La Buisse (22 avril 1944) par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 6 novembre 2019, dernière modification le 3 mai 2021.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression : 3808W 441 — Mémorial GenWeb

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