CHAVEROT Jean-Baptiste

Par Jean-Luc Pinol et Pierre Vincent

Né le 12 juin 1890 à Saint-Albain (Saône-et-Loire), mort le 12 juin 1970 à Toulon (Var) ; tourneur au PLM ; syndicaliste CGT puis FO.

Fils d’un employé au chemin de fer et d’une couturière, Jean-Baptiste Chaverot fut mobilisé dans son emploi de cheminot pendant la guerre 1914-1918. Tourneur dans les ateliers du PLM, 3 rue du Charolais, de 1918 à février 1920, il fut secrétaire adjoint du syndicat des cheminots Paris-PLM. Adhérent à la 12e section de la Fédération socialiste de la Seine et au groupe des Amis du Populaire du XIIe arrondissement, il était membre de la Fédération des locataires de la section.

Secrétaire du syndicat des travailleurs des chemins de fer de Paris-PLM (le secrétaire adjoint était Mioux) à partir de février 1920 et de l’Union des syndicats de cheminots de la région parisienne, Jean-Baptiste Chaverot prit une part active aux mouvements de grève de l’année 1920. Dès le 9 janvier 1920, il écrivit dans la Vie ouvrière sous le titre « Les cheminots attendent une solution » : « Il n’y a du reste pas que la question corporative qui doit nous inciter à l’action, il y a toute la question sociale : nationalisation, impôt sur les salaires, intervention en Russie, amnistie, relèvement des tarifs des transports. »

En mars 1920, il fit partie avec Jacques Sigrand, Henri Sirolle, Paul Loubradou, Lévêque, Louis Vadecart et Antoine Rambaud, d’une délégation qui tenta d’imposer le déclenchement d’une grève au bureau fédéral encore dominé par Marcel Bidegaray. Il fut révoqué en mars 1920 pour faits de grève. Arrêté le 1er mars 1920 pour incitation de militaires à la désobéissance, il fut remis en liberté le 4 mars.
Pendant le mois de mai 1920, il essaya de susciter la grève sur le réseau Nord et organisa des réunions à Amiens (Somme) et Boulogne (Pas-de-Calais). Considéré comme un « comploteur », il fut arrêté le 11 mai 1920. En prison, il continua à écrire des articles dans divers journaux syndicaux sous le pseudonyme de J.-P. Alabri. En novembre 1920, il fut désigné par son syndicat comme délégué à l’Union des syndicats de la Seine réélu en novembre 1921 et en février 1922, mais il démissionna en juillet 1922.

Selon le témoignage de Maurice Sauvé : « Il était "garde de nuit" de l’immeuble de la Fédération, 19 rue Baudin, le 11 juin 1921, occupé par la Fédération Semard, lorsque des militants de la Fédération Montagne s’introduisirent dans l’immeuble pour récupérer le matériel administratif dont ils avaient besoin pour le fonctionnement de la Fédération Montagne. Il y avait Adolphe Montagne, Georges Toulouse, Gaston Renaudel, Drège, etc. Ils ficelèrent Jean-Baptiste comme un saucisson malgré ses protestations. »
En 1923, Jean-Baptiste Chaverot était secrétaire adjoint de la Fédération unitaire des travailleurs des chemins de fer et membre du Comité d’action contre l’impérialisme et la guerre.

Tourneur aux ateliers de Villeneuve-Saint-Georges en 1943, Jean-Baptiste Chaverot représenta la Fédération CGT au sein de la Commission provisoire d’organisation prévue par la loi du 24 février 1943 instituant la Charte des cheminots. À la demande de la Résistance, il fit partie de la Fédération légale, tout en restant en liaison avec les dirigeants illégaux ; il entra au bureau exécutif au courant du deuxième semestre 1940 et y resta jusqu’à la fin de la guerre.
En août 1944, il fut désigné secrétaire fédéral, à la Fédération CGT, au titre de l’ex-tendance dite réformiste, en attente du congrès de 1945. Au congrès de l’Union Sud-Est (2-3 août 1945), son syndicat demanda son exclusion totale de l’organisation. Raymond Tournemaine prit sa défense : « Je condamne devant le congrès la politique sectaire du syndicat de Villeneuve-Saint-Georges. » La commission des conflits rejeta à l’unanimité cette proposition. Le syndicat de Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) seul maintint un avis contraire. Chaverot conclut son intervention comme suit : « Je considère que je ne peux plus militer comme j’ai fait jusqu’à maintenant et par conséquent je rentrerai dans le rang. » Au congrès fédéral qui suivit (5-7 août 1945), il présida une séance et fut réélu au bureau fédéral.

Avant le congrès fédéral des cheminots (2 au 5 juillet 1947), sa signature comme secrétaire fédéral figura dans les textes de la minorité appelant à voter contre le rapport moral de la direction fédérale. À la réunion constitutive de la Fédération FO des cheminots, le 28 décembre 1947, il apparut comme membre du bureau fédéral. Son nom ne figura plus à cette responsabilité après le congrès constitutif de la Fédération FO qui eut lieu du 1er au 3 mars 1948. Il est vrai qu’il approchait, à ce moment-là, les cinquante-huit ans.
Jean-Baptiste Chaverot s’était marié en novembre 1913 à Saint-Albain avec Marie Pauget.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article2203, notice CHAVEROT Jean-Baptiste par Jean-Luc Pinol et Pierre Vincent, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 14 décembre 2021.

Par Jean-Luc Pinol et Pierre Vincent

SOURCES : Arch. Nat. F7/13668, rapport du 5 août 1923, F7/13684, rapports du 13 mars et du 21 novembre 1920, F7/13972-13973. — Arch. Fédération CGT des cheminots. — Arch. Fédération CGT-FO des cheminots. — Annie Kriegel, Aux origines du communisme français 1914-1920, Paris, La Haye, Mouton & Co., 1964. — Maurice Choury, Les Cheminots dans la Bataille du Rail, Paris, Librairie académique Perrin, 1970, p. 104-105. — DBMOF, tome 22, p. 218. — Louis Botella, Force ouvrière chez les cheminots. De la Libération à 1954, Saint-Jean-des-Mauvrets, Éditions du Petit Pavé, 2002. — Lettre de Maurice Sauvé à Jean Maitron, 4 novembre 1984. — Notes de Jean-Pierre Bonnet et de Louis Botella. — État civil.

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