BUTTAY Joseph

Par Michel Germain, Dominique Tantin

Né le 7 juillet 1895 à Bernex (Haute-Savoie), exécuté sommairement le 20 mai 1944 à Saint-Paul-en-Chablais (Haute-Savoie) ; hôtelier ; résistant.

Joseph Buttay avait épousé Marguerite Chevallay et il était père de trois enfants. Il était propriétaire de l’hôtel du Midi. Son établissement servait de lieu de rencontre et d’hébergement des responsables maquisards F.T.P. Il échappa de peu à la mort le lors de la première incursion allemande dans le village le 17 décembre 1943.
Les 19, 20 et 21 mai 1944, la Gestapo aidée de la Wehrmacht et bien guidée par la Milice française mèna une opération de ratissage dans la Chablais. Cette opération fit de nombreuses victimes, soit fusillées sur-le-champ, soit mortes en déportation.
Samedi 20 mai, les Allemands étaient à Bernex. Ils avaient entre les mains une liste de 15 noms de personnes à arrêter, liste fournie par la Milice. Certains soldats fouillèrent les maisons des hameaux de Charmet, Trossy, des Faverges et même du chef-lieu et Benand. D’autres investirent l’Hôtel du Midi de Joseph Buttay, enfoncèrent les portes, pillent de la cave au grenier - (le P.V. de la Gendarmerie [Archives départementales] donna un rapport de deux pages sur le butin emmené par l’occupant). Même l’automobile fut emmenée.
Sur les quinze hommes recherchés, ils ne trouvèrent que Joseph Buttay, Paul Seydoux du hameau des Faverges et Ferdinand Roch du hameau de Creusaz. L’épouse de Joseph fut arrêtée avec d’autres villageois. Relâchée, elle demanda à l’officier ce qu’on reprochait à son mari. Le gestapiste répond « Votre mari a commis une faute impardonnable. Il a caché 18 maquis le 17 décembre… Vous, vous pouvez partir emportez vos affaires ». La pauvre n’avait plus rien et le dit à l’Allemand qui rétorqua « Vous n’avez pas voulu travailler avec nous, le maquis vous hébergera et vous nourrira… » (in Trait d’Union). Certains témoins affirmeront après la guerre que certains Allemands étaient en réalité des Roumains.
Vers 14 heures, les Allemands quittèrent le village après avoir jeté des bombes incendiaires dans l’Hôtel du Midi. Joseph fut embarqué à Annemasse avec Paul Seydoux* et Ferdinand Roch*, mais le camion s’arrêta, juste après le calvaire de la Beunaz. Les trois hommes furent exécutés dans le Bois-Fayet. Le curé Coffy de la paroisse a écrit : « Un trou dans la terre, de grosses pierres dessus ; on retrouvera les cadavres le lendemain dimanche. Ce fut la dernière incursion des Allemands à Bernex ».
Joseph Buttay figure sur le monument aux morts de son village natal et il a été reconnu « Mort pour la France » (dossier n° 512 416). Il fut homologué FFI et Interné résistant.D’autre part, une stèle a été dressée sur l’emplacement de cette exécution. (Consulter les dossiers 3808 W 1404 et 1505 du fonds du Mémorial de l’oppression).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article220495, notice BUTTAY Joseph par Michel Germain, Dominique Tantin , version mise en ligne le 16 novembre 2019, dernière modification le 12 janvier 2022.

Par Michel Germain, Dominique Tantin

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 98748 et Caen SHD/ AC 21 P 720114 (nc).

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