DELMON Louis

Par Jacques Girault

Né le 14 février 1933 à Sarlat (Dordogne) ; professeur ; syndicaliste du SNETP-CGT ; militant communiste, maire de Sarlat (1977-1989), conseiller général de la Dordogne (1973-1992, 1998-2004).

Louis Delmon était le fils d’un ancien conseiller municipal socialiste de Sarlat. Ses parents, petits cultivateurs, catholiques non pratiquants, firent donner une instruction catholique au catéchisme à leur six enfants.

Boursier au collège La Boétie de Sarlat, Louis Demon obtint le baccalauréat (philosophie) en 1952. Tout en étant maître d’internat, il obtint trois certificats de licence d’histoire à la faculté des lettres de Bordeaux. Stagiaire à l’École normale nationale d’apprentissage de Nantes (1957-1958), il devint professeur d’enseignement général (lettres-histoire) au collège d’enseignement technique de Chardeuil (Dordogne), puis au CET annexé au lycée Albert Claveille de Périgueux, enfin au lycée professionnel Pré-de-Cordy à Sarlat, de 1977 à sa retraite, en 1993.

Il commença son service militaire à Constance (Allemagne). En octobre 1959, affecté comme sergent dans l’Infanterie de Marine en Grande Kabylie jusqu’à la fin novembre 1960, il fut chargé du service d’action psychologique dans son bataillon. Il participa à la naissance, au début des années 1960, dans le département, de la Fédération nationale des anciens d’Algérie dont il fut le trésorier départemental à partir de 1964. Il se maria en décembre 1961 à Périgueux avec une employée à la Mutualité sociale agricole. Le couple eut un garçon.

Louis Delmon assura le secrétariat départemental du Syndicat national de l’enseignement technique CGT et fut membre de sa commission exécutive départementale.

Membre du Parti communiste français depuis 1952, Louis Delmon, à son retour d’Algérie, milita dans le canton de Savignac-les-Églises où il travaillait. Membre du bureau de la section de Périgueux, il entra au comité de la fédération en 1961 et suivit les cours de l’école centrale d’un mois (été 1961). Il quitta le comité fédéral à la fin des années 1970. À partir de 1970, il était le responsable dans le comité fédéral de la diffusion de la littérature puis des écoles. En 1965, il devint le secrétaire de la nouvelle section Périgueux-Est-Trélissac. Redevenu membre du comité de la section communiste de Périgueux en 1967, il retrouva le secrétariat de la section trois ans plus tard. À partir de 1973, il participa à la direction de la section de Sarlat et conserva cette responsabilité jusqu’à la fin des années 1980.

En 1971, Louis Delmon fut élu conseiller municipal de Trélissac. En 1977, à la tête d’une liste d’union de la gauche, battant au deuxième tour la liste de droite (2 766 voix contre 2 553), il devint maire de Sarlat. La liste, réélue en 1983 au premier tour (2 798 voix), fut battue en 1989, en 1995, puis à nouveau en 2002. Son action fut marquée par une attention particulière aux questions culturelles (bibliothèque, école de musique, salle de spectacles, centre culturel), sociales (crèche, halte-garderie, troisième âge, logements) et à la valorisation du patrimoine (restauration de l’ancien hôpital).

Aux élections législatives de 1962, 1967, 1968, Delmon fut le suppléant du candidat communiste dans la quatrième circonscription (Sarlat). Il devait l’être à nouveau en 1973 et 1978, le candidat communiste Dutard* ayant été élu. En 1993, il fut le candidat titulaire du PCF dans la circonscription.

Louis Delmon fut candidat au conseil général dans le canton de Sarlat-La Caneda en 1973. Au premier tour, il obtenait 1 481 voix et l’emportait au deuxième tour avec 3 389 voix, rassemblant toutes les voix de gauche. En 1979, après avoir recueilli 3 148 voix au premier tour, il conservait son siège avec 4 347 voix. La même situation se reproduisit en 1985 (2 566 voix, puis 4 282 voix). Battu en 1992, il reconquit en 1998 le siège avec près de 52 % des suffrages exprimés au deuxième tour. En 2004, il ne se représenta pas et, malgré le soutien qu’il apporta à la candidate communiste, le candidat socialiste l’emporta. Au conseil général, membre de la commission de l’éducation et de la culture, plusieurs fois vice-président de l’assemblée départementale, il proposa notamment l’aménagement d’une déviation de Sarlat, projet qui souleva de nombreuses polémiques. Il fut aussi un des partisans les plus actifs de travaux de restauration d’éléments patrimoniaux à Sarlat et dans le département.

En 2002, Louis Delmon figurait parmi les 500 signataires soutenant la candidature du communiste Robert Hue à la présidence de la République.

En 2007, il habitait Valojoulx (Dordogne) et participait aux activités de la section communiste de Montignac.

En mai 2017, dans une tribune libre publiée dans Sud-Ouest, baptisée "Un vote utile", il appela à faire barrage à Marine Le Pen, en votant pour le candidat d’En Marche, Lionel Macron.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22089, notice DELMON Louis par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 9 novembre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Note d’Alain Dalançon

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