CHAPPUIS André, Adolphe

Par Michel Germain, Dominique Tantin

Né le 20 mai 1895 à Excenevex (Haute-Savoie), exécuté sommairement le 7 décembre 1943 à Annemasse (Haute-Savoie) ; cultivateur ; résistant dans les FTPF.

André Chappuis était le fils de Marc, cultivateur, alors âgé de 47 ans, et de son épouse Marie- Léontine Vernat, ménagère, âgée de 30 ans, domiciliés au hameau de Chevilly, commune d’Excenevex.
Il fut mobilisé de décembre 1914 à août 1919. Il servit d’abord en France dans un bataillon de chasseurs et fut blessé à deux reprises, intoxiqué par les gaz le 23 juin 1916 à Verdun, puis blessé à la main gauche le 13 mars 1917. Il fut cité à l’ordre de l’ordre du corps d’armée le 25 juillet 1916 au motif suivant : « D’une bravoure sans borne, est allé chercher sous un feu des plus violents le trépied d’une pièce dont les servants avaient été tués. Le 11 juin 1916, a ramené le corps de son lieutenant tombé devant les lignes ennemis. » Versé ensuite dans l’infanterie coloniale, il fut envoyé à Madagascar de 1917 à 1919. Il était titulaire de la Croix de Guerre Etoile de Vermeil et des médailles de la Grande Guerre et de la Victoire.
Le 6 mars 1920, à Machilly (Haute-Savoie), il épousa Marcelle Joséphine Artique. Il exerça successivement les professions de cocher (avant 1914, alors qu’il était domicilié à Genève), de conducteur d’automobile puis de cultivateur à la fin des années 30. Il fut l’objet d’un arrêté d’internement administratif signé par le préfet de Haute-Savoie le 28 mai 1940 et aboutit dans l’été au camp de Chibron (commune de Signes, Var). On ne sait où il fut transféré par la suite. Il n’était plus à Chibron lors de la dissolution du camp le 16 février 1941.
En mars 1943 André Chappuis rejoignit la Résistance dans la compagnie F.T.P. 93-03. Il fut arrêté le 16 novembre 1943 par la Gestapo d’Annemasse et incarcéré sous le numéro 269 à l’hôtel Pax d’Annemasse transformé en prison.
Jean Deffaugt, maire d’Annemasse, a témoigné : « Les Allemands, je puis l’affirmer, ont fabriqué de toutes pièces un projet d’évasion afin d’avoir le prétexte de tirer sur les prisonniers ». Que s’est-il passé ?
Le 7 décembre 1943, vers 1 heure 30 du matin une grenade explosa contre la grande porte de la cour intérieure de l’annexe du Pax, en face de l’hôtel. Les SS, Herberg en tête, réagirent aussitôt en mitraillant les détenus qu’ils avaient entassés la veille dans la cellule n°6. Ont ainsi été assassinés : Adrien Couffi, Gustave Pellet, Fernand et Louise Jenatton et André Chappuis. Une polémique s’ouvrit le lendemain ; la presse suisse informée s’en mêla. Quoi qu’il en soit, le maire Jean Deffaugt réussit à obtenir du SS Lottmann et du chef gestapiste Kämpf, venu spécialement d’Annecy, que les cinq cadavres soient inhumés dignement, avec des cercueils, dans le cimetière de la ville, ce qui fut fait le 8 décembre.
C’est le jeune commissaire de police Alfred Jean Forestier qui fut chargé des déclarations de décès auprès du maire. Jean Deffaugt sera reconduit dans ses fonctions de maire d’Annemasse par le comité de Libération, dont il faisait d’ailleurs partie. (Fonds du Mémorial de l’oppression 3808 W 1383).
André Chappuis, « Mort pour la France », homologué FFI et Interné résistant, figure sur le monument aux morts de son village natal.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221008, notice CHAPPUIS André, Adolphe par Michel Germain, Dominique Tantin , version mise en ligne le 10 décembre 2019, dernière modification le 9 septembre 2021.

Par Michel Germain, Dominique Tantin

SOURCES : Arch. dép. Var 4 M 291. — Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — MémorialGenWeb. — Acte de naissance en ligne et Registre matricule militaire en ligne (Arch. Dép. Haute-Savoie). — SHD Vincennes, GR 16 P 119905. — Mémoire des Hommes. — notes Jean-Marie Guillon.

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