DELORME Claude [DELORME Augustin, Claude, Marius]

Par Gilles Morin

Né le 9 mai 1912 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 27 janvier 1983 à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) ; avocat, puis président de l’Office des HLM de Marseille ; président de l’UNEF (1935-1938) ; président de la Confédération internationale des étudiants (1938) ; résistant ; syndicaliste et militant socialiste à Marseille, puis dans les Basses-Alpes [Alpes-de-Haute-Provence] ; secrétaire de la fédération SFIO des Basses-Alpes (1945-1959) ; maire d’Oraison puis de Forcalquier (1965-1983) ; conseiller général de Forcalquier (1949-1983) ; président du conseil général (1959-1982) ; député des Alpes-de-Haute-Provence (1962-1978).

Claude Delorme était issu d’une famille installée dans les Alpes depuis des siècles. Fils de Louis Delorme, fonctionnaire des PTT, et de son épouse, née Modeste Troch, il fit ses études au lycée Thiers à Marseille puis passa sa licence en droit à la Faculté d’Aix (1932-1935). Il s’inscrivit comme avocat au barreau de Marseille en 1935.
Claude Delorme milita tout d’abord dans le syndicalisme étudiant. Il fut secrétaire de l’Association générale des étudiants marseillais (AGEM), membre du Stade marseillais université club (SMUC), car il était très sportif, et sur le plan national, il fut président de l’UNEF de 1935 à 1938 ainsi que de la Confédération internationale des étudiants (1938). Il avait été également le fondateur de l’Office du sport universitaire et scolaire.
Claude Delorme avait adhéré au Parti socialiste SFIO en 1932 mais milita surtout avant la guerre, au sein de la Ligue d’action universelle, républicaine et sociale (LAURS) dont le principal animateur, dans le cercle d’étudiants travaillant en accord avec la Ligue des droits de l’Homme, était alors Pierre Mendès France. La ligue existait depuis 1923 et, au début des années 1930, menait un combat antifasciste « en dehors des partis », comme l’écrivait Delorme lui-même dans un appel adressé aux étudiants de gauche, publié par Le Petit Provençal, le 13 février 1935. Depuis 1933, il était secrétaire général de la section départementale de la LAURS des Bouches-du-Rhône qui regroupait au plan national des étudiants de tendances diverses comme Pierre Mendès France*, Georges Pompidou et Weil-Curiel* mais « il est évident, écrivait-il en 1981, que nous étions à l’époque une majorité de socialistes » à Marseille. Lui-même « prit de hautes responsabilités » au sein des Jeunesses socialistes où il avait adhéré « très tôt » (Le Provençal, 29 janvier 1983).
Le 12 février 1934, Delorme lança un appel à tous les étudiants de gauche à Marseille. Il animait aussi de nombreuses conférences, sur Proudhon, par exemple, en 1934, et sur le socialisme en général. Mobilisé en 1939 en qualité d’officier, il fut chargé de mission auprès de l’ambassadeur de France à Rome en 1940 puis entra dans la Résistance. Il fut adjoint au chef de réseau Dominique Kléber jusqu’en 1944.
Après la guerre, il mena de pair activités professionnelles et politiques à Marseille, où il conserva son cabinet d’avocat (il fut notamment avocat de la partie civile au procès Dominici), et surtout dans les Basses-Alpes. Secrétaire de la fédération SFIO de décembre 1945 à juillet 1959, il démissionna alors en raison de son éloignement du département et de ses charges professionnelles (en 1956, il avait été nommé président de l’Office public des HLM de la ville de Marseille, fonction qu’il occupait encore en 1981), mais resta membre du bureau fédéral.
Élu adjoint au maire d’Oraison en 1945-1947, après avoir été sans succès candidat aux cantonales de 1945 dans le canton des Mées (il fut battu par 1 247 voix contre 1 046 par le communiste René Richaud*), Claude Delorme succéda à Jaubert*, décédé, au siège de conseiller général du canton de Forcalquier en 1949. Il était alors le plus jeune conseiller général de l’Assemblée. Secrétaire du conseil général à la fin des années 1940, président du groupe socialiste au conseil général en 1953, vice-président de l’Assemblée départementale en 1958, Claude Delorme présida le conseil général des Basses-Alpes à partir de 1958. Il succédait à ce poste à Borrely*, décédé. Il fut rapporteur pour le barrage de Serre-Ponçon au conseil général.
Après avoir été candidat sans succès aux élections législatives de 1945 (2e derrière Camille Reymond*), novembre 1946 (de nouveau 2e), puis 1958, Claude Delorme fut élu député socialiste de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence (Forcalquier-Manosque), le 25 novembre 1962 dans le cadre d’une alliance départementale avec les radicaux et le MRP, appelée Rassemblement républicain et démocratique. Il fut réélu constamment jusqu’en 1978, année où il perdit son siège. Pendant son séjour à l’Assemblée nationale, il avait été représentant de la France au Conseil de l’Europe à partir de 1973, membre du Haut-Comité national des sports, vice-président du groupe du Mouvement européen de l’Assemblée (en 1975) et vice-président du groupe français de l’Union interparlementaire en 1976. Il avait été membre de la commission des affaires étrangères de 1969 à 1972 puis membre de la commission de la défense nationale de 1973 à 1977. Il ne se représenta pas en 1981.
Claude Delorme conserva ses mandats de conseiller général du canton de Forcalquier et de maire de cette ville, où il fut élu à partir de 1965. En 1971, il s’était fait réélire sur une liste d’alliance avec les modérés, contre les communistes. Il était par ailleurs, vice-président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) de 1974 à 1977 au moins, administrateur du CROUS en 1959, président du Comité d’Expansion économique des Alpes depuis 1961, président du SMUC, secrétaire général d’Aix-Oxford. Vice-président de l’Assemblée des présidents de conseils généraux au niveau natioal à partir de 1970, il fut vice-président (de 1968 à 1977) puis président (encore en 1981) de l’Association des présidents des conseils généraux de la région PACA
Au sein de la SFIO, Claude Delorme ne joua pas de rôle national réel. Il appartint à la commission de vérification des mandats des 1er et 2 mars 1952 et au conseil national des 20-21 février 1954. Il fut encore membre du comité de soutien initial du courant animé par André Chandernagor en décembre 1969 qui publiait Démocratie socialiste. Il fut enfin délégué départemental de François Mitterrand pour les élections présidentielles de 1974.
À sa mort, la presse régionale le présentait comme très estimé pour « son dynamisme et sa générosité, très travailleur, il accumulait les dossiers, luttant constamment pour le développement de sa région. C’est ainsi qu’il négocia longuement avec EDF pour l’équipement hydroélectrique... à Serre-Ponçon et au lac de Sainte-Croix ». Le Provençal du 29 janvier 1983 ajoutait que Claude Delorme se savait très malade, mais « a tenu à mourir seul en famille ». Selon ses dernières volontés, après son décès brusquement survenu le 27 janvier 1983 à Forcalquier, il fut inhumé provisoirement à Marseille, après des obsèques religieuses, dans la plus stricte intimité, le lendemain. La nouvelle de sa mort fut seulement annoncée le lendemain
Claude Delorme, décoré de la Croix de guerre 1939-1945 et de la médaille de la Résistance, était chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire pour services exceptionnels de guerre, officier des Palmes académiques et commandeur du Mérite sportif.
Il s’était marié le 3 avril 1945 avec Suzanne, Marie Josèphe Gauthier-Clerc, née le 17 octobre 1913 à Montbrison (Loire), licenciée ès lettres et fonctionnaire à la FAO, et était père de Gilles Delorme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22111, notice DELORME Claude [DELORME Augustin, Claude, Marius] par Gilles Morin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 2 mai 2022.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/111/A, 142, 201, 305, 705 ; F/1cIV/151. — Arch. OURS, dossiers Basses-Alpes. — Arch. FJJ/6EF73/1. — Arch. Assemblée nationale, dossier personnel. — Arch. D. Mayer, 3 MA 28. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1967. — Démocratie socialiste, décembre 1969. — Profession de foi aux élections législatives de 1962. — Le Petit Provençal, 14 février, 18 (photo), 24 février 1934, 13 février 1934, 13 février 1935 (articles). — Nouveau dictionnaire national des contemporains, ed. Robin, 3e édition, 1964. — Who’s Who in France, 1971-1972, p. 548 et 1981, p. 441 et 442. — Lettre du militant à A. Olivesi en date du 23 juillet 1981. — Le Provençal, 29 janvier 1983, avis de décès, nécrologie et photo. — Notice DBMOF, par A. Olivesi.

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