JAY Marcel, Georges

Par Jean-Luc Marquer

Né le 1er février 1909 à La-Cluze-et-Pâquier, aujourd’hui Saint-Martin-de-la-Cluze (Isère), sommairement exécuté le 20 août 1944 à Saint-Genis-Laval (Rhône) ; instituteur ; résistant, homologué Forces françaises de l’Intérieur et interné résistant.

Marcel, Georges Jay était le fils d’Hugues, Séraphin, Joseph Jay, instituteur, et de Marie, Florentine Garnier.
Il passa le concours d’entrée à l’école normale de Grenoble et devint instituteur.
Il épousa Fernande Riondet, institutrice. Il eurent une fille.
La famille habitait à Primarette (Isère) où le couple enseignait.
Marcel Jay ne cachait pas ses sympathies gaullistes et se confrontait depuis 1940 aux menées réactionnaires de quelques habitants de la commune poussés par le curé et le propriétaire du château du Louvier.
Ceux-ci allèrent même jusqu’à fonder une section du P.P.F..
Marcel Jay fit partie de la Résistance.
Le 24 juillet 1944, un fort groupe de maquisards fit irruption dans Primarette qui était devenu une place forte du P.P.F dans la région, comptant dix-sept membres pour environ 600 habitants.
Les résistants s’attaquèrent aux habitations des membres du P.P.F., les pillant puis les incendiant, puis ils se replièrent.
Après le départ des maquisards, vers 18h30, trois véhicules stoppèrent devant l’école.
Il en descendit plusieurs individus en civil dont deux miliciens originaires de la région et tristement connus, Contamin, de Vienne (Isère) et Crétin, du Péage-de-Roussillon (Isère).
Ils pénétrèrent dans l’école et firent irruption dans la cuisine de l’instituteur qui se trouvait en compagnie de sa femme et de sa fille.
Sans aucune explication, Marcel Jay, menacé par un pistolet, fut contraint de les suivre, sous les huées et les regards narquois des jeunes adhérents du P.P.F..
Le groupe de miliciens se rendit ensuite dans un café où il arrêta un bûcheron d’origine portugaise, Joachim Da Fonseca.
Les deux hommes furent conduits dans un premier temps dans les locaux du P.P.F. à Lyon (Rhône), puis transférés les locaux de la police allemande place Bellecour.
Après deux jours d’interrogatoires et de tortures, ils furent transférés à la prison de Montluc à Lyon. Marcel Jay fut incarcéré dans la cellule 121.
Le 20 août 1944, 120 détenus, dont Marcel Jay et Joachim Da Fonseca, furent extraits de la prison de Montluc. Conduits en bus par la Gestapo et quelques miliciens au fort de Côte-Lorette, à Saint-Genis-Laval (Rhône), ils furent entassés dans la maison du garde et massacrés à la mitraillette. Les corps furent ensuite arrosés d’essence puis incendiés et le bâtiment dynamité. Il y eut un survivant qui témoigna plus tard de ce qui s’était passé. Il fallut deux jours aux services de secours pour déblayer les ruines fumantes et porter en terre les restes des martyrs.
Le corps de Marcel Jay put être identifié.
Il obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué membre des Forces françaises de l’Intérieur et interné résistant.
Il fut décoré de la Médaille de la résistance à titre posthume.
Son nom figure sur le monument aux morts de Primarette et sur le monument érigé sur le lieu du massacre et il y a une plaque à sa mémoire sur la tombe familiale à Claix (Isère)



Voir : Saint-Genis-Laval

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221147, notice JAY Marcel, Georges par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 13 décembre 2019, dernière modification le 2 mai 2021.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 307615 (à consulter) — Jean-Daniel Berger, Comme un essaim de guêpes... Résistance et guérilla en R1, secteur VI Rhône-Isère, tome 1, Juin 1940-juin 1944, tome 2, Juin-septembre 1944, Impressions Modernes (Guilherand-Granges) ; 2001 — Les 15 derniers jours des internés à Montluc 9-24 août 1944, Association des rescapés de Montluc, août 2019— Mémoire des hommes — Mémorial Gen Web

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