TUCHOLSKI Alexandre, Olek [pseudonyme dans la résistance : Raymond]

Par Eric Panthou

Né le 28 janvier 1920 à Pinsk (Biélorussie, ex Pologne), exécuté sommairement le 22 juin 1944 à Saint-Just, devenu Val-d’Arcomie (Cantal) ; résistant, membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Fils d’Henri et de Joséphine, née Wickowika, Alexandre Tucholski est né à Pinsk qui après avoir appartenu à la République socialiste soviétique de Biélorussie en 1919 fut récupérée par les Polonais en 1920. Certains documents indiquent qu’il serait né à Czerwinski en Pologne, commune non identifiée.

Démobilisé de l’armée polonaise, il rejoignit la France au moment de la Seconde guerre mondiale. Il vint travailler à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et avait une fiche de travailleur étranger.
Il était marié à Kasimiera Ciogla et habitait 10 rue de la Poste à Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme). Il était employé dans une librairie.

Il rejoignit les FFI le 10 janvier 1944 et eut le grade de caporal-chef. Il appartenait à la 2ème Compagnie du Corps franc Eloy en tant qu’agent de liaison.
Le 21 juin 1944, au cours des combats de Chaudes-Aigues, il a assuré seul la liaison avec les avants-postes. C’est là qu’il a été blessé par des éclats sous un tir de barrage d’artillerie.
Il a alors refusé d’être évacué et a continué à avancer avec son corps Franc pour repousser les Allemands. C’est à ce moment qu’il fut de nouveau gravement blessé.
Il a été capturé le 22 juin 1944 vers 15 heures au lieu-dit Lacoste, village d’Estremiac, commune de Saint-Just, devenue Val-d’Arcomie (Cantal) alors qu’il faisait partie d’un convoi de 9 blessés évacués des secteurs de Chaudes-Aigues et Anterrieux (Cantal) vers la Lozère par chars à boeufs et brancards. Il a été achevé à coup de crosses et de tirs dans le visage par les Allemands avec huit autres camarades selon le témoignage de Guichard, adjoint du commandant Menut. La patrouille allemande, forte de 100 à 150 hommes, venait de Saint-Chély-d’Apcher (Lozère).
Les blessés avaient été répartis dans des fermes avant leur évacuation. Le commandant Alfred Fournier, chef de la zone 9 et du maquis de La Truyère, groupe Revanche, se dit persuadé que l’arrestation du convoi fut le résultat d’une dénonciation. Le témoignage d’un paysan fit état d’une rumeur publique confirmant une dénonciation des blessés puis l’exécution du délateur par les FFI à Saint-Chély-d’Apcher.
Le commandant Fournier estima que 70 à 80 blessés au cours des combats de Chaudes-Aigues furent achevés par les Allemands.

Les victimes de Saint-Just furent : Paul Reiss, Noël Rougier, Émile Marsal, Jean Espagnol, Raymond Apcher, Gilbert Lafaye, Louis Thiebaut, Alexandre Tucholski, et un inconnu.

Alexandre Tucholski a été reconnu “Mort pour la France”, homologué FFI.

Son épouse quitta Châtel-Guyon au lendemain de la guerre pour s’installer à Aulnay-sous-Bois.

Son nom apparaît sur le monument commémoratif 1939-1945 à Saint-Just, devenu Val-d’Arcomie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221203, notice TUCHOLSKI Alexandre, Olek [pseudonyme dans la résistance : Raymond] par Eric Panthou, version mise en ligne le 15 décembre 2019, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Eric Panthou

Sources : Arch. Dép. Puy-de-Dôme, 908 W 496 : liste des fusillés, des massacrés dans la région du Puy-de-Dôme, 1er mars 1945 .— SHD AVCC Caen, AC 21 P 160419. Dossier Alexandre Tucholski .— Arch. Dép. Puy-de-Dôme, 908 W 149. Enquêtes pour crime de guerre à Saint-Just .— Mémorial genweb.

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