DELPECH Henri, Guillaume

Par Jean Maitron

Né le 3 mai 1900 à Sète (Hérault), mort le 19 octobre 1990 à Tarbes (Hautes-Pyrénées) ; instituteur ; syndicaliste SNI et militant socialiste.

Aîné d’une famille de trois enfants, fils d’un père employé des Contributions indirectes et d’une mère sans profession, Henri Delpech connut une jeunesse difficile, son père étant tombé malade en 1915-1916 (sans traitement après six mois de congé). En 1916, il poursuivit ses études en travaillant au pair à la distillerie Sénégas de Toulouse et fut admis l’année suivante à l’École normale d’Auch (Gers), promotion 1917-1920.

La lecture d’articles de Jaurès parus principalement dans la Dépêche de Toulouse, influença fortement sa formation politique et, à son retour du service militaire, en 1922, il adhéra au SNI. L’année suivante, il épousa une institutrice et, en 1924, instituteur à Villemur (Hautes-Pyrénées), il créa, avec son ami Arthur Bize instituteur à Mouléon-Magnoac tout proche, une section SFIO de sept membres qui en comptera une vingtaine dix ans plus tard. En 1937-1939, Henri Delpech sera secrétaire adjoint de la section de Lannemezan.

Sur le plan syndical, Henri Delpech menait également l’action et, en 1924, six instituteurs et institutrices sur les 41 du canton étaient syndiqués (il y en eut 35 en 1928). Membre de la CE à partir de 1934, membre du SPIE en 1935, il fut secrétaire de la sous-section de janvier 1937 au 2 septembre 1939 et secrétaire de l’Union locale de Lannemezan de 1936 à 1939, il fit campagne pour le programme du Front populaire et participa à l’élaboration de plusieurs conventions collectives en 1936.

À partir de juillet 1936, Henri Delpech déploya avec ses amis une intense activité en faveur des républicains espagnols et ce n’est qu’avec « mauvaise conscience » et par discipline de Parti, qu’il défendit la non-intervention. La section départementale du Syndicat national des instituteurs, dont il était le secrétaire, fit le maximum pour aider les républicains et, à plusieurs reprises, avec quelques amis, il passa la frontière pour les ravitailler. Puis, lorsque le front d’Aragon céda en 1938, il participa à l’évacuation des blessés, des femmes et des enfants. Selon son témoignage ; « pas un Parti politique, pas un autre syndicat des Hautes-Pyrénées n’a fait œuvre d’action efficace en ce domaine autant que le syndicat des instituteurs ».

La grève du 30 novembre 1938, à laquelle il ne put personnellement participer, le mercredi étant son jour de congé hebdomadaire, fut un échec (130 à 140 grévistes soit 22 % sur 620 syndiqués, pourcentage majoré à 25 ou 26 %).

De 1931 à 1936, Henri Delpech avait été secrétaire de la Ligue des droits de l’Homme de Castelnau-Magnoac.

Mobilisé en 1939, fait prisonnier, il s’évada en 1940. Fin octobre, il fut déplacé d’office de son Cours complémentaire de Lannemezan dans un Cours élémentaire à Saint-Nazaire-d’Aude (Aude) à dater du 1er novembre. Par la suite, il organisa un maquis avec Élie Sermet ancien secrétaire de l’UD.

Après la Libération, Henri Delpech continua son action militante au syndicat et au Parti socialiste. En 1975, il était le maire de Sarriac-Magnoac (Hautes-Pyrénées) — n’existe que Sarriac-Bigorre (Dict. des Communes).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22125, notice DELPECH Henri, Guillaume par Jean Maitron, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 10 août 2021.

Par Jean Maitron

ŒUVRE : Collaboration à la Bigorre socialiste, hebdomadaire, et au Syndicaliste des Hautes-Pyrénées, mensuel paru en 1937.

SOURCES : La Bigorre socialiste, 1938-1939. — Bulletin des Hautes-Pyrénées du SNI, octobre 1969. — Lettre d’Henri Delpech, 8 janvier 1980. — Note de Jacques Girault.

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