COCU Arthur, Marceau

Par Didier Bigorgne

Né et mort à Nouzonville (Ardennes) : 4 août 1884-14 septembre 1967 ; ouvrier métallurgiste ; syndicaliste coopérateur, militant socialiste, puis communiste ; délégué du personnel à l’usine Renault de Billancourt (Seine) pendant l’entre deux-guerres ; conseiller municipal de Nouzonville en 1945.

Fils de Xavier Jules Cocu, ouvrier ajusteur, et de Angélique Alphonsine Poncelet, couturière, Arthur Cocu était le frère cadet d’Auguste Cocu né le 30 septembre 1880 à Nouzonville. Tourneur sur métaux de profession, puis contremaître, Auguste Cocu était secrétaire du syndicat des Métaux CGTU de Nouzonville et trésorier de la 2ème Union régionale unitaire en 1930 ; il était aussi membre du Parti communiste dont il fut le candidat à deux reprises, en 1925 et 1929 aux élections municipales à Nouzonville.

Arthur Cocu exerçait la profession d’ajusteur quand il épousa Alice Schwartz, une jeune nouzonnaise née le 26 décembre 1885 et sans profession, le 5 mai 1906 à Nouzon. Divorcé le 20 juin 1923, il épousa en seconde noces, Marie, Hortense Podvin, sans profession, le 24 novembre suivant à Nouzonville
.

Militant du cercle d’études sociales La Revendication de Nouzon, Arthur Cocu fonda la société coopérative de consommation L’Union ouvrière nouzonnaise en 1907 et en devint le secrétaire jusqu’à la Première Guerre mondiale ; celle-ci regroupait alors trois cents adhérents. En juin 1913, il entra en contact avec Gustave Cauvin qui avait créé un cinéma social à Paris et organisé une tournée de propagande dans les principaux centres ouvriers de la vallée de la Meuse. Enthousiasmé par le succès des représentations, en particulier celle du 15 juin à Nouzon, Cocu eut l’idée d’installer dans la localité un cinéma social aux buts clairement définis : « Non pas un cinéma Pathé à bénéfices ou un Gaumont à spéculation, mais un cinéma ouvrier dont les bénéfices sont versés dans la caisse de secours contre la maladie et le chômage, ce qui est mieux que de revenir augmenter les revenus des capitalistes ». L’expérience dura quelques mois, de février à août 1914.

De 1914 à 1919, Arthur Cocu travailla à la manufacture d’armes de Châtellerault (Vienne). De retour à Nouzon en 1921, il devint ouvrier, puis contremaître à l’usine de l’Ile-du-Diable de Levrézy (Ardennes). Dans le même temps, il adhéra au Parti communiste et au syndicat CGTU des Métaux. Son double engagement militant l’obligea à quitter son emploi en décembre 1925. Il partit alors travailler à Boulogne-sur-Seine. En 1926, il fut embauché chez Renault à Billancourt. Pendant douze années, il y exerça la profession de modeleur sur métaux. Il fut délégué du personnel, puis délégué de la sécurité. Il militait à la cellule communiste Thaelmann en 1936, et fut licencié après la grève du 30 novembre 1938.

Arthur Cocu fut arrêté par les Allemands en avril 1940 pour son activité politique. Il fut détenu pendant onze semaines à la prison de la Santé avant d’être transféré au camp de Sépois (Loiret). A l’arrivé des Allemands, il s’évada et se réfugia à Nouzonville. Le 4 mars 1945, une section du Front national se constitua dans la localité ; Cocu en devint le secrétaire. Le 29 avril suivant, il fut élu conseiller municipal de Nouzonville sur la liste du Parti communiste conduite par Pierre Lareppe qui remporta la totalité des sièges au premier tour. Il fut réintégré chez Renault la même année. Il milita de nouveau à la cellule communiste Henri Barbusse et fut membre de la commission technique du comité de l’établissement.

Retiré dans sa ville natale en 1956, Arthur Cocu habitait au 5 de la rue des Agaces. Il était responsable de la section locale des Vieux de France. Au début de l’année 1967, la section communiste de Nouzonville organisa une cérémonie en l’honneur de son plus vieil et ancien adhérent : Arthur Cocu reçu une médaille souvenir des mains de René Visse, secrétaire fédéral du Parti communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221342, notice COCU Arthur, Marceau par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 18 décembre 2019, dernière modification le 18 décembre 2019.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Arch. Dép. Ardennes 1M15 ; 3M 8 et 9. — Le Socialiste Ardennais, 12 février 1914. — L’Ardenne nouvelle, 17 mars 1945. — DBMOF, notice d’Henri Manceau — Etat civil de Nouzonville.

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