BLANCARD Emile

Par Laurent Rauzier

Né le 5 mars 1916 à Montmerle-sur-Saône (Ain), exécuté sommairement le 29 avril 1944 à Vichy (Allier) ; militaire de carrière dans l’Armée de l’Air ; résistant au sein des Ardents.

Émile Blancard habitait Villefranche-sur-Saône (Ain) avant 1940. A une date qu’on ignore, il est parti en Auvergne pour des raisons professionnelles, sergent-chef au sein de l’Armée de l’Air. C’est là qu’il rejoignit la Résistance en intégrant le mouvement des Ardents.

Au cours du mois de mars 1944, une machine à écrire du service du personnel de l’Armée de l’Air disparut pour être mise au service de la Résistance. Cet acte fut accompli par les sergents-chefs Emile BLANCARD et Marcel GUITTET alias Mimile. La disparition de l’objet fut remarquée par leur adjudant-chef, chef de service du fichier. L’adjudant-chef V. devait déclarer : « qu’il ne passerait pas sur ces histoires de résistance et demanderait des sanctions ». Il portait immédiatement l’information à sa hiérarchie jusqu’au colonel D., commandant le personnel de l’Armée de l’Air. Les protagonistes furent convoqués et sommés de restituer la machine à écrire. Niant les faits, une perquisition fut alors ordonnée dans les locaux. Il résulta de la fouille des bureaux, la découverte d’un paquet de tracts clandestins et de journaux « Libération », dans le casier appartenant à Emile BLANCARD. Devant l’évidence des faits, il annonça, sans hésitation, qu’ils lui appartenaient. La décision qui fut prise à l’encontre de ces deux Ardents fut leur mise en congé immédiate ainsi que celle du sergent Caron. Émile BLANCARD était sous les ordres du chef départemental attaché au service de renseignements et fut même chargé de missions spéciales. N’étant plus couverts par leur qualité de militaires en activité, ils furent arrêtés par les Allemands.

Émile Blancard tomba sous les balles allemandes à Vichy, le 29 avril 1944 dans des conditions qui n’ont pas été élucidées. Marcel GUITTET fut déporté et mourut le 5 novembre 1944.

Pour son action, le sergent-chef Blancard fut décoré de la Médaille Militaire (à titre posthume) et cité à l’ordre de l’Armée pour l’attribution de la Croix de Guerre avec palme : « appartenant à la magnifique phalange des Aviateurs de la Résistance, a dès le début de son action payé un tribut à la cause. Fidèle à son idéal, a animé par son ardent patriotisme et son esprit de sacrifice un groupe d’action dans une ville où la police ennemie était particulièrement agressive. A exécuté les missions les plus périlleuses et les sabotages les plus osés. En toutes circonstances durant la clandestinité a donné à ses camarades l’exemple du courage le plus beau et du plus entier dévouement. Est tombé en pleine action sous les balles ennemies la veille de la bataille de France ».

Selon la base Mémoire des Hommes, il appartenait à la Résistance intérieure française (RIF) en tant qu’isolé.

Son nom figure sur le monument commémoratif 1939-1945 à Villefranche-sur-Saône.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221344, notice BLANCARD Emile par Laurent Rauzier, version mise en ligne le 18 décembre 2019, dernière modification le 21 décembre 2019.

Par Laurent Rauzier

SOURCES : SHD Vincennes, AI 1Mi 28 et GR 16 P 63080. Dossier Blancard (non consultés) .— Archives Mouvement des Ardents .— MémorialGenweb.

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