CORNIER Pierre, Joseph, François

Par Michel Germain, Dominique Tantin

Né le 2 janvier 1880 à Bellevaux (Haute-Savoie), massacré le 28 janvier 1944 à Saint-Jeoire-en-Faucigny (Haute-Savoie) ; cultivateur ; victime civile.

Pierre Cornier était le fils de Louis Pierre Cornier et de son épouse Marie Anne Hiély. En 1901-1902, il effectua son service militaire à Annecy dans le 30e Régiment d’infanterie. Mobilisé en août 1914 dans le 36e Régiment d’infanterie coloniale, il fut grièvement blessé à l’épaule droite le 1er septembre 1914 et rendu à la vie civile en 1915. Le 8 décembre 1916, il fut décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre, et fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 1932.
Si ses parents étaient morts au moment des faits relatés ci-dessous, il était également veuf de Céline Presset. Il habitait le hameau de Pouilly (Saint-Jeoire), où il était cultivateur.
Le vendredi 28 janvier 1944, une voiture de l’A.S. avec à son bord Marcel Clavel, Robert Desbiolles et Alphonse Pasquier força un barrage allemand situé à l’entrée du village de Pouilly, installé là à la suite de l’enlèvement d’un douanier allemand. Un soldat fut tué. Blessés, les trois occupants maquisards tentèrent de s’échapper. Les Allemands, vers 23 heures 30, investirent le village de Pouilly. Les femmes et les enfants furent poussés vers le bas du hameau. Pierre Cornier fut tué à son domicile. Son gendre, Léon Parchet* (il avait éposésa filel Marie-Louise)fut frappé à mort par des S.S. Jean Carrier*, grimpé sur le toit de sa maison tira sur les soldats allemands avant de succomber à son tour. Découvrant Robert Desbiolles*, blessé, les Allemands l’achevèrent. Émile Salomon* trouva la mort devant sa maison. Clément Pasquier*, dont le fils Alphonse* était en train d’agonir dans le bois du Turchon fut abattu à son tour. Jean Girod* fut tué devant sa maison. Alfred Mischler fut exécuté chez lui. Eustache Benedente* fut tué devant chez lui. Ferdinand Chamot* fut le dernier exécuté. (Mémorial de l’oppression 3808 W 1500).
Le drame de Pouilly fit 11 victimes tandis que les nazis incendiaient 9 maisons à la grenade incendiaire. Une stèle érigée sur le côté de la route qui de Saint-Jeoire monte au hameau rappelle le drame de ce village martyr.
Pierre Cornier fut reconnu « Mort pour la France » le 9 octobre 1945 (dossier n°74 103). Il figure sur le monument aux morts de Saint-Jeoire-en-Faucigny, ainsi que sur celui de Bellevaux.


Voir Saint-Jeoire-en-Faucigny (Haute-Savoie), hameau de Pouilly, 28 janvier 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221390, notice CORNIER Pierre, Joseph, François par Michel Germain, Dominique Tantin , version mise en ligne le 19 décembre 2019, dernière modification le 1er mai 2020.

Par Michel Germain, Dominique Tantin

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — MémorialGenWeb. — Registre matricule militaire en ligne (Arch. Dép. Haute-Savoie). — Note de François Perrin.

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