Vienne (Isère) février, août, septembre 1944

Par Jean-Luc Marquer

À la limite des départements Ardèche, Rhône, Drôme, Loire, Vienne, sous-préfecture de l’Isère fut un point stratégique pour la Résistance comme pour l’occupant.
Si une seule exécution, le 10 février 1944, eut lieu sur le territoire de la commune jusqu’en août 1944, de nombreux viennois furent victimes des Allemands et des collaborateurs.
Les jours précédant la Libération et le jour même furent marqués par plusieurs massacres de civils et exécutions de résistants.

Le 10 février 1944, Ampelio Saccomani, qui avait blessé un soldat allemand fut sommairement exécuté.

Pour mémoire :
Le 25 mai 1944, des membres allemands et français de la Gestapo lyonnaise, parmi lesquels se trouvaient Francis André et un milicien viennois, Paul Contamin, procédèrent à une vaste rafle parmi les membres de la Résistance viennoise. Avec les arrestations de : Eugène Arnaud, Georges Arnaud, Jules Dedieu, Louis Maige, Joseph Muray, Raoul Nivaggioli, celle-ci fut décapitée.
Simples résistants, voire passants, Jean Berbatian, Séraphin Bey, Adrien Bruyère, Francis Duchêne, Jean Guiamier, Roger Ollagnier, Georges Paya, Joanny Vacher, Louis Sève furent également arrêtés.
Tous furent conduits à Lyon (Rhône), dans les locaux de la Gestapo, puis internés à la prison de Montluc à Lyon.
Tous furent sommairement exécutés dans des lieux alentour de Lyon.
Le 30 mai 1944, Jean Tardy, qui avait échappé à la rafle du 25, fut à son tour arrêté et exécuté le soir même en compagnie de Joseph Muray.

À partir du 15 août 1944 et du débarquement des troupes alliées en Provence, les troupes allemandes et les collaborateurs français devinrent plus nerveux et plus agressifs.

Le 16 août 1944, Henri Jullien, résistant qui avait été arrêté par des miliciens fut abattu par une sentinelle allemande alors qu’il avait réussi à s’échapper.
Le 19 août 1944, André Laporte fut retrouvé criblé de balles sur un quai du Rhône. C’est la police allemande qui signala qu’elle l’avait exécuté, sans en donner les raisons.
Le 21 août 1944, Antonin Béraudiat, garde-voie, fut massacré sans que l’on en sache la raison.
Le 24 août 1944, des soldats allemands parcoururent les rues de Vienne, mitraillant les façades et les passants. Jeanne Albert, Jean Gauthier, Daniel Goddard, Jean Védrenne furent mortellement atteints par leurs tirs.
Le 28 août 1944, un résistant inconnu, ayant des papiers d’identité au nom d’Henri Genin-Ramet, fut blessé au cours d’un engagement avec les Allemands.
Fait prisonnier, il mourut à la caserne Rambaud.
Le 30 août 1944, Louis Buisson, un résistant du maquis de Leveau, fut arrêté. Blessé alors qu’il était parvenu à s’échapper, il fut rattrapé, roué de coups de crosse de fusil et achevé par balles.
Le même jour, René Giroud, un chauffeur de bus, fut arrêté et emmené par des Feldgendarmen. Son corps fut retrouvé le 5 septembre 1944 dans le Rhône.
Le 1er septembre 1944, Moderno Sciacqua, qui avait été arrêté par les allemands, mourut carbonisé après qu’un obus américain eut détruit le véhicule dans lequel il avait été emmené.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221394, notice Vienne (Isère) février, août, septembre 1944 par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 19 décembre 2019, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 659 à 663 — Jean-Daniel Berger, Comme un essaim de guêpes... Résistance et guérilla en R1, secteur VI Rhône-Isère, tome 1, Juin 1940-juin 1944, tome 2, Juin-septembre 1944, Impressions Modernes (Guilherand-Granges) ; 2001

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