VOULHOUX Lucien, Antoine [pseudonyme dans la résistance : Léon]

Par Eric Panthou

Né le 9 mai 1899 à Saint-Georges-ès-Allier (Puy-de-Dôme), le 6 janvier 1970 à Biozat (Allier) ; membre du Parti communiste (PCF), résistant au sein du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France (FN) ; déporté.

Fils de Gibert, cultivateur, et de Marie, née Germain, Lucien Voulhoux s’est marié le 16 janvier 1917 (ou 1927) avec Jeanne Marquet, à Clermont-Ferrand. Ils s’est remarié le 4 avril 1941 à Clermont-Ferrand avec Raymonde Becouze dont il divorça bientôt. Il eut un enfant.
Électricien, il était détenteur du certificat d’étude.

Il est avant-guerre responsable de la cellule de Durtol (Puy-de-Dôme), dans la banlieue clermontoise.

Dès la dissolution du PCF fin septembre 1939 son nom figure sur les premières listes manuscrites de militants où perquisitionner pour saisir matériel des organisations dissoutes.
Après août 1939, il respecta la promesse faite à Henri Diot de se mettre à la disposition du PCF tant qu’il serait dans l’illégalité. Il aida alors Guy Périlhou à cacher ses archives et servit d’intermédiaire avec d’autres cadres
Il a fait partie des premiers noyaux de militants à se regrouper dès août 1940 à Clermont, une trentaine selon Alphonse Rozier. Selon Attestation de Louis Porte pour t Alphonse Rozier, il est dit qu’il a dès 1940 milité pour rétablir les contacts et liaisons entre militants à Clermont-Ferrand, diffusant les appels à la Résistance sous la responsabilité de Néron (dit Poirier) et Voulhoux.
Alphonse Rozier l’avait souvent croisé dans le bureau de Périlhou et l’avait retrouvé début août 1940 à Clermont-Ferrand. Lucien Voulhoux se retrouve dans un triangle formé avec Alphonse Rozier et un jeune menuisier de l’entreprise Brillot, dénommé Vouzat

C’est Voulhoux qui obtint un emploi au Consortium Électrique du Centre à Rozier qui lui permettait d’avoir une couverture et de se déplacer facilement. Alphonse Rozier est persuadé, dès ces premiers actes de novembre-décembre 1940, qu’il est plus sûr d’agir le jour que la nuit. Ils distribuent alors des tracts et inscrivent des slogans sur les murs. Ses amis Lucien Voulhoux et Vouzat ne sont pas d’accord et veulent continuer à agir la nuit. Alphonse Rozier accepta donc de continuer de les accompagner.
Dès fin janvier 1941, Vouilhoux a déjà été perquisitionné une fois et un rapport transmis à Vichy le suspecte d’être le responsable du groupe Centre-Ville de Clermont-Ferrand du PCF suite à l’enquête consécutive à l’arrestation d’Etienne Néron, le responsable départemental clandestin fin 1940. ;

Selon les archives d’Alphonse Rozier, Voulhoux devint l’un des principaux responsables FTP, et travaillait souvent comme électricien à la caserne des GMR.
Sous l’Occupation, il habitait 27 rue Ballainvilliers à Clermont-Ferrand.

Il fut embauché le 29 avril 1943 au chantier de construction du barrage de l’Aigle, à cheval sur deux communes de Corrèze et du Cantal. Ce chantier qui occupa plus d’un millier d’ouvriers venus de nombreux pays, fut un bastion de la Résistance dans la région.
Il rejoignit les FTP du Cantal à partir du 2 septembre 1943, intégrant la 1ère compagnie du 1er Bataillon, relevant de l’Inter A zone Sud. Sa compagnie était appelée Compagnie du Barrage de l’Aigle. Sa mission était de recruter des résistants parmi les ouvriers du Barrage. Il avait prit comme nom de guerre Léon et eut le grade d’adjudant. Son chef était Henri Joussen alias commandant Gaston Rigal, responsable départemental, commandant du 1er Bataillon FTP .
Ce sont les Renseignements généraux qui l’ont arrêté suite à dénonciation au barrage de l’Aigle le 13 septembre 1943 alors qu’il était en mission.
Il fut condamné par la Section Spéciale de la Cour d’Appel de Riom à deux ans de prison pour activité communiste.
Il fut d’abord interné à la prison d’Aurillac (Cantal) puis à partir du 11 décembre 1943 à la Maison d’arrêt de Riom (Puy-de-Dôme) avant d’être envoyé le 10 février 1944 à la Centrale d’Eysses, commune de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), où étaient internés une majorité de militants communistes. Il retrouva notamment ici ses camarades Germain Voisset, alias Théo et André Voisse qu’il avait connu à Clermont-Ferrand au Parti.
Suite à une révolte, les hommes furent déportés. Voulhoux fut envoyé au camp de Dachau (Allemagne) le 18 juin 1944. Il y resta jusqu’en août avant de rejoindre le kommando de Kempten d’août à mars 1945 avant d’être renvoyé à Dachau d’où il fut libéré le 29 avril 1945. Il revint en France le 28 mai 1945.

De la trentaine de personnes engagées dès l’automne 1940 dans la Résistance à l’initiative du PCF et qui s’étaient rassemblées dans un café du quartier de la rue du Pérou, moins de cinq selon Lucien Voulhoux, étaient encore vivantes à la Libération.

A son retour de déportation, il séjourna un moment au château de Chateldon (Puy-de-Dôme, l’ancienne demeure de Pierre Laval qui avait été réquisitionné à la Libération en 1944 pour accueillir des rescapés des camps de concentration et d’anciens prisonniers de guerre. L’année suivante, il habitait Puy-Guillaume (Puy-de-Dôme).
Il a reçu cette année là le titre de déporté-résistant (DIR). Il a été homologué FFI du Cantal pour la période du 2 au 13 septembre 1943.
On ignore son parcours ultérieur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221679, notice VOULHOUX Lucien, Antoine [pseudonyme dans la résistance : Léon] par Eric Panthou, version mise en ligne le 3 janvier 2020, dernière modification le 3 janvier 2020.

Par Eric Panthou

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296 W 75 : enquête sur Parti communiste durant la guerre .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 499 .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 296 W 89 : note manuscrite attribuée au commissaire Buffet, chef de la Brigade mobile .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296 W 92 : liste dactylographiée intitulée « dossier 3057 » avec 31 noms du Puy-de-Dôme .— SHD Vincennes, GR 16 P 599296. Dossier Lucien Voulhoux (nc) .— Archives privées Alphonse Rozier .— AVCC Caen, AC 21 P 690180. Dossier Lucien Voulhoux.

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