BASINET-DELFOUR Charles, Yves [Pseudonyme dans la Résistance : Bordeaux]

Par Jean-Luc Marquer

Né le 1er décembre 1919 à Bordeaux (Gironde), mort au combat le 4 février 1944 au Percy (Isère) ; sans profession connue ; résistant de l’Armée secrète, homologué Forces françaises de l’Intérieur

Charles, Yves Basinet-Delfour était le fils d’Édouard Basinet-Delfour et de Catherine Courbin. Il habitait avec sa mère, veuve, 15 rue Mathieu à Bordeaux (Gironde).
Il s’engagea dans la Résistance et rejoignit le camp 11 de l’Armée Secrète du Vercors, installé dans l’ermitage d’Esparron, sur la commune du Percy (Isère).
Le 3 février 1944, à l’aube, sept cents Allemands, armés de deux automitrailleuses et de mortiers, attaquèrent le camp 11 de l’AS-Vercors/Trièves.
Le dispositif d’alerte n’ayant pas fonctionné, les maquisards furent surpris.
Les Français assiégés (30 jeunes gens dont 10 armés menés par le chef Grange) se replièrent, Charles Yves Basinet-Delfour couvrant leur repli. Au cours de la retraite, Marius Desserre fut tué sans que l’on en sache exactement les circonstances.
Maîtres du terrain, les soldats allemands investirent les bâtiments et les incendièrent.
Le lendemain, deux gendarmes accompagnés du maire, du garde-champêtre et du propriétaire des lieux se rendirent à l’ermitage.
Ils constatèrent que celui-ci avait été partiellement brûlé et découvrirent le cadavre d’un jeune homme.
Le procès-verbal le décrit comme suit : « Âgé de 22 à 26 ans, taille 1m75 environ, cheveux bruns coupés en brosse, visage allongé, corpulence, mince, mains fines très longues. À la suite de nombreuses blessures qu’il porte à la face, aucun autre renseignement précis n’a pu être recueilli.
Il est vêtu d’un pantalon en drap gris bleu, d’un tricot en laine marron avec rayures vertes et blanches, d’un caleçon en toile blanche.
Il ne portait ni coiffure, ni veste, ni chaussures. Les poches des vêtements sont retournées et vides. Aucun objet ou papier ne se trouve autour de lui.
Il porte les blessures suivantes :
1° - À l’abdomen, côté gauche des blessures de plusieurs centimètres de large paraissant provenir d’un sabre baïonnette.
2° - Aux deux poignets,une blessure paraissant provenir d’une balle (Les deux poignets sont traversés de part en part
3° - À la nuque, plusieurs blessures par balles. Celles-ci sont ressorties par la face autour des yeux et du nez.
 »
Le cadavre était entouré de nombreux étuis vides provenant de pistolets de calibre 9mm.
Les gendarmes ne firent pas d’hypothèses sur les circonstances de la mort de Charles Basinet-Delfour mais il n’y a guère de doute, au vu de la description des blessures, qu’il fut fait prisonnier et sommairement exécuté.
Le corps fut placé sur un traineau et transporté jusqu’à l’église du Percy.
Après avoir été photographié, il fut inhumé dans le cimetière de la commune.
Le corps fut rapidement identifié par ses camarades des FFI.
Charles Basinet-Delfour obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué résistant membre des Forces françaises de l’Intérieur.
Son nom figure sur une plaque apposée sur le mur de l’ermitage d’Esparron au Percy et sur le Mémorial départemental de la Résistance à Saulce-sur-Rhône (Drôme).


Notice provisoire

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221723, notice BASINET-DELFOUR Charles, Yves [Pseudonyme dans la Résistance : Bordeaux] par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 3 janvier 2020, dernière modification le 1er mai 2021.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression 3808 W 412 et 571 — SHD Vincennes, GR 19 P 38/8 GR 16 P 36620 (à consulter) — AVCC Caen AC 21 P 15006 (à consulter) — Mémoire des hommes — Mémorial GenWeb — Geneanet — http://www.memospace.fr/fr/sites/27821-memorial-de-la-resistance-d-esparron

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