LAFOND Joseph

Né le 15 mars 1813 à Albi (Tarn) ; ouvrier tailleur ; opposant au coup d’État de 1851, déporté ; garde national sous la Commune de Paris.

Il était célibataire ; Lafond vint à Paris à vingt ans et, tout en exerçant son métier, se mêla à la vie politique.
Il fit le coup de feu en décembre 1851, défendant la barricade de la rue Montorgueil, dans le quartier des Halles. D’abord condamné à la déportation en Algérie, la commission de révision de Paris le condamna à la déportation à Cayenne pour laquelle il embarqua le 22 mars 1853 jusqu’en 1859. Une tentative d’évasion lui valut quinze jours de cachot.

Depuis 1865, il habitait 4, rue Saint-Médard, Ve arr. Malgré son âge, en 1870, il s’engagea et persévéra sous la Commune. Il était simple garde au 202e bataillon de la Garde nationale et prit part aux combats de Châtillon (3 avril 1871) et de Montrouge. Pendant la Semaine sanglante, il se battit au Panthéon et à Belleville. Pris par l’armée de Versailles, le 28 mai, il espérait, dit-il, être fusillé.
Mais il fut envoyé à Satory, de là, transféré sur les pontons de Rochefort et traduit devant le 3e conseil de guerre qui l’accusa d’avoir porté les armes et d’en avoir fait usage. Les témoins manquaient et il avait été surtout employé au bureau des passeports de la préfecture de police. Il fut condamné néanmoins, le 6 mai 1872, à vingt ans de détention et envoyé à Belle-Île. La commission des grâces examina son cas et commua la peine en bannissement. À Bruxelles, un journaliste l’entendit interpréter ainsi la nouvelle sentence : « J’ai été jeté à la frontière avec un papier qui me tient lieu d’état civil, de passeport, de jugement. » Il avait demandé à rester en prison — que pouvait-il faire à l’étranger à son âge ? — et s’était vu refuser cette faveur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221875, notice LAFOND Joseph, version mise en ligne le 8 janvier 2020, dernière modification le 5 février 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/824. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil, dossier 436. — Article d’Édmond Lepelletier, La Marseillaise, 1er octobre 1879. — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Les Communards en exil. État de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs, Bruxelles, 1971. — Louis Bretonnière, Roger Pérennès, L’Internement des prévenus de la Commune à Rochefort, Nantes, 1995. — Notes de M. Cordillot. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Joseph Lafond — Notes de Valentine Dumas.

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