LAGARDE Jean-Baptiste

Né le 21 août 1809 à Jou-sous-Monjou (Cantal) ; ouvrier horloger ; militant parisien de 1848 et de la Commune de 1871.

Jean-Baptiste Lagarde était le fils de Jean Lagarde, tailleur, et d’Agnès Toulac.
Ouvrier horloger travaillant à Paris chez lui depuis 1833, Lagarde fut employé par les principaux fabricants de Paris. Chargé de l’entretien de l’horloge du collège Charlemagne, il se forma une clientèle parmi les fonctionnaires de ce collège.
En 1843, il fonda l’Union chronométrique, société de secours mutuels des horlogers pour améliorer la situation des ouvriers horlogers et répandre parmi eux les connaissances théoriques et pratiques. Il se distingua comme l’un des plus studieux et des meilleurs élèves des cours gratuits de grammaire organisés en faveur des ouvriers par l’Association Polytechnique. Marié avec une ouvrière brossière née en 1815 dont il avait deux enfants, il se montrait « mari, père et fils au-dessus de tout éloge ».

En 1848, il fut élu par sa corporation et devint délégué au Luxembourg. Le 17 avril 1848, il fut nommé président du Comité central des délégués des corporations. Il signa à ce titre les différents manifestes et proclamations des délégués. Candidat du Luxembourg pour les élections d’avril, il recueillit 22 176 voix. Le 15 mai, il pénétra à l’Assemblée nationale à la tête des délégués du Luxembourg et monta à la tribune pour inviter la foule à se retirer.
Membre du club de l’Arsenal, il fut dans la rue Saint-Antoine l’âme du mouvement insurrectionnel et, à la tête de soixante hommes, il présida, le 24 juin, à la reconstruction, rue Saint-Antoine, des barricades doubles qui s’étendaient à la hauteur de la rue du Colombier. Puis il rédigea une proclamation qui fut lue et placardée dans le quartier. D’autre part, il s’efforça d’empêcher la troupe et le peuple d’en venir aux mains et prêcha la conciliation.
Arrêté le 19 juillet, condamné le 25 à la transportation, dirigé sur l’Algérie, il y resta jusqu’à ce que sa peine fût commuée en surveillance par décision impériale du 8 juin 1853. On trouve dans son dossier la mention suivante : « Homme d’une probité incontestable, très paisible, instruit, généralement aimé et par cela même très dangereux pour la propagande. »
Lagarde fut gracié en 1854.

Père de trois enfants en 1870, il habitait depuis dix ans, 2, rue des Enfants-Rouges, et entra dans la Garde nationale. Le Siège l’ayant ruiné, il demeura comme simple garde au 144e bataillon où son fils était sous-lieutenant — voir Lagarde Georges.
Le 6 mars 1871, il avait été élu membre du Comité central. Il servit dans Paris, puis au fort d’Ivry jusqu’au 24 mai. Mme Lagarde, plus ardente que son mari, ayant critiqué un concierge, la femme de celui-ci dénonça Lagarde à la justice de Versailles et il fut arrêté le 13 juin 1871.
Le 4e conseil, tout en reconnaissant son honnêteté, le condamna, le 9 septembre 1871, à la déportation simple et à la dégradation civique, jugement confirmé en révision le 28 septembre. La Cour de cassation rejeta son pourvoi. Toutefois, sa grâce lui fut accordée le 30 avril 1872, et il resta passible de la seule perte de ses droits civiques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221876, notice LAGARDE Jean-Baptiste, version mise en ligne le 7 juin 2021, dernière modification le 7 juin 2021.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/737. — Arch. Min. Guerre, A 9890. — R. Gossez, « L’organisation ouvrière sous la Seconde République », Revue des Révolutions contemporaines, t. XLII, n° 185, février 1950. — État civil (Filae). — Notes de Renaud Poulain-Argiolas.

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